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Pietraszewski : un DRH de combat pour gérer grévistes et retraites…

Il faut que tout change pour que rien ne change. Le changement est en marche.

Il y avait un Haut-commissaire aux retraites : il y a depuis 48 heures un secrétaire d’Etat aux retraites. Cette nouvelle appellation fait entrer ce poste dans la banalité car des secrétaires d’Etat il y en a à la pelle. On est en droit de penser – maintenant que le gouvernement l’accable de tous les maux après l’avoir soutenu au-delà du possible – que Jean-Paul Delevoye a sali le beau nom de Haut-commissaire…

Si le nouveau nom de baptême donné au portefeuille en charge des retraites est banal, la personne a laquelle il a été dévolu l’est beaucoup moins. Avant de devenir député LREM en 2017, le nouveau secrétaire d’Etat a fait toute sa carrière professionnelle dans la grande distribution, chez Auchan. Sa fonction : DRH. Directeur des relations humaines ça sonne bien. Mais ce bruit cristallin peut vite être étouffé par un autre beaucoup moins glamour : DCL (directeur chargé des licenciements). Avec lui Macron a vu grand : grande distribution, grande surface, grande grève.

Un DRH est non seulement chargé de sélectionner les candidats à l’embauche mais aussi, et bien plus souvent, de choisir ceux qu’il va priver d’emploi. C’est lui qui fait les listes des futurs chômeurs.

Tout cela ne préjuge en rien des compétences professionnelles du nouveau secrétaire d’Etat aux retraites. Mais sur le plan de la communication l’avoir choisi est pour le moins malheureux. Un peu comme si on prenait le patron d’un abattoir pour faire de lui le berger d’un troupeau de moutons. Quand ils négocieront avec lui, les syndicalistes énervés auront bon jeu de lui dire : « eh t’en as viré combien chez Auchan ? ».

Le dialogue s’annonce donc orageux. Le nouveau secrétaire d’Etat s’appelle Laurent Pietraszewski. Son nom finit comme le mien. Un bon point pour lui. Mais il est à craindre qu’en le désignant Macron n’ait pas pris en compte cet élément essentiel…

Benoit Rayski