Pinochet, Allende, même combat, Cazeneuve-Khazzani, même combat !

Publié le 29 août 2015 - par - 10 commentaires - 1 201 vues
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pinochetallende« Cinq ans, déjà, coucou nous revoilà ! ».

C’étaient les petits frères, les petites sœurs des « grands » de 68, ces enfants de mai qui s’étaient payé un printemps joyeux, bruyant, festif, qui s’étaient offert une révolte sans risque, une révolution sans morts, une guerre de cour de récré où l’on s’effondre, la main sur la poitrine, frappé au cœur par une balle imaginaire, pour se relever aussitôt, prêt à recommencer, dans un hurlement joyeux de fausse terreur.

Ils avaient eu leur printemps, ces libres enfants de mai, un monôme amélioré, et ils avaient tout cassé, tout renversé, tout transgressé.

Et ils s’en étaient sortis indemnes. Rien, pas une égratignure !

Alors forcément leurs cadets, trop jeunes pour pouvoir les suivre dans cette folle sarabande, leur avaient un peu envié cette orgie de liberté, si grisante et si nouvelle.

Et cinq ans plus tard, devenus grands à leur tour, voilà qu’une deuxième séance, un oral de rattrapage en quelque sorte, s’offrait à eux comme un nouveau miracle. Mai 73 : « cinq ans, déjà, coucou nous revoilà ! ».

Les amphis, découverts peu de temps auparavant par des bacheliers de fraîche date, étaient désertés sans remords, des manifs s’organisaient, des AG fiévreuses, agitées, cacophoniques : « D’où parles-tu, camarade ? ». Cette fois, c’était sûr, ils allaient changer le monde… Non, mais !

Et puis les grands frères, les anciens combattants, les vieux de la vieille blanchis sur le pavé et sous le casque, les aînés donc, n’avaient pas disparu. Ils étaient là, forts de leurs expériences militantes, un peu blasés, déjà, et pleins d’indulgence pour les petits qui reprenaient le flambeau avec tant d’ardeur.

Tu te souviens, camarade Jean-Luc, et toi Jean-Christophe, et toi Dany, et vous tous, les gauchos sans pampa, les arpenteurs de bitume, les macadam cow-boys à la mode de Nanterre…

Il y eut donc un printemps, qui passa vite, comme tous les printemps.

Et un septembre un peu gris, comme tous les septembres.

Vous marteliez le pavé bisontin de vos pataugas militantes pour la marche sur Lip, maudissant la pluie réactionnaire venue gâcher la fête et gueulant en direction du ciel : « Météo nationale, météo du capital ! ».

Vous scandiez, à l’adresse des pékins à leurs fenêtres qui regardaient passer les révolutions : « Ouvrez les yeux, fermez la télé ! » et même, pour les plus audacieux d’entre vous : « Ouvrez les yeux, cassez la télé ! ».

C’est que ce n’était pas donné, un téléviseur, en cette époque préhistorique.

Pouviez-vous imaginer, camarades, que quelques décennies plus tard, cette télévision honnie serait au service de votre propagande ? Que vous traqueriez les résistants courageux osant vous braver depuis d’autres lieux que nul ne pouvait encore concevoir ?

Non, bien sûr ! Vous étiez tout entiers à votre pureté révolutionnaire…

Puis il y eut le Chili, votre nouvelle guerre d’Espagne, et un Franco sud-américain nommé Pinochet, une aubaine pour des jeunes exaltés qui voyaient bien, quand même, qu’ici on ne tirait pas vraiment, que les CRS-SS n’usaient que modérément du lance-flammes pour vous réduire à quia et que les cages des commissariats n’avaient que peu de rapport avec les caves de la Gestapo. Alors, vous pensez, un vrai coup d’Etat militaire, des vrais fascistes en action, assez loin tout de même pour ne pas risquer une balle perdue, mais une vraie cause, enfin, de celles qui gonflent la poitrine des jeunes gens pleins de sève printanière !

Le 11 septembre (déjà) de cette année-là, un méchant général d’une armée fascisante (comme toutes les armées, n’est-ce pas, Maxime Le Forestier ?) s’emparait du pouvoir (tenu par un marxiste pur et dur) en moins de temps qu’il n’en faut pour chanter l’Internationale.

C’était à Santiago du Chili.

Il avait suffi de quelques blindés postés devant des lieux stratégiques, dont le palais de la Moneda, siège de la présidence de la République, où se trouvait encore Salvador Allende, le président élu en exercice. Quelques mois auparavant, évoquant à la radio un possible coup d’Etat, celui-ci avait déclaré qu’on ne le verrait pas, dans une telle circonstance, « prendre un avion en pyjama » comme tant de ses homologues déchus d’Amérique du Sud ou d’ailleurs.

Ce jour-là, il devait tenir parole. Pris au piège et constatant que tout était perdu, il se brûlait la cervelle avec le fusil automatique AK-47 que lui avait offert Fidel Castro.

La cause était noble pour une jeunesse révolutionnaire sans Bastille à prendre ni privilèges à abolir, et dans les manifs fleurissaient désormais de nouveaux slogans : « Chile, Chile, Chile, solidaridad ! ».

On parla même, figurez-vous, de former de nouvelles brigades internationales. Mais le Chili, c’était plus loin que l’Espagne (où l’on allait naguère en vacances avec papa et maman) et il y avait des partiels à préparer, alors…

Un autre slogan apparaissait aussi, plus politique celui-là, chez les vrais gauchistes qui ne plaisantaient pas avec la Révolution : « Pinochet, Allende, même combat ! ». Il était reproché au défunt président, qui n’ignorait rien des risques de coup d’Etat militaire, de n’avoir pas armé son peuple en prévision de ce funeste événement. Il devenait donc, post mortem, objectivement complice des odieux putschistes.

En la circonstance, nos modernes Saint-Just ne pouvaient pas crier : « Allende, salaud, le peuple aura ta peau ! » ; la peau d’Allende, c’est Salvador lui-même qui s’en était chargé. Mais ils n’étaient pas des bisounours avant la lettre, des sociaux-traîtres, des mous du genou. Ils considéraient que le peuple a le droit de se défendre les armes à la main face à l’oppresseur d’où qu’il vienne, ennemi intérieur ou envahisseur étranger, et que ses dirigeants doivent lui donner les moyens de le faire, sauf à devenir eux-mêmes des ennemis du peuple et à finir leurs jours accrochés à quelque lanterne de rencontre.

C’est si loin tout cela, pas vrai, camarades Jean-Luc, Dany et tous les autres, stals, trotskos, maos, anars, devenus socialos, écolos, pères peinards…

Les années ont passé, vous avez perdu en cheveux ce que vous avez gagné en bajoues, vous êtes installés, repus, engourdis de bonne chère et de confort matériel, mais toujours donneurs de leçons, même si les leçons que vous donnez ont bien changé.

Il y eut un autre 11 septembre, et la manifestation d’une barbarie surpassant dans l’horreur tout ce vous aviez tant aimé détester. Cette fois, le totalitarisme était absolu, vieux de quatorze siècles, perpétuellement en expansion comme une lèpre terrifiante, brimant les corps et les consciences au nom de superstitions religieuses d’un autre temps, étendant sur le monde, toujours plus avant, une main monstrueuse de mort et de nuit.

Il y eut un autre 11 septembre, et la Grande Invasion de la France et de l’Europe par les troupes de l’islam, une invasion qui avait commencé bien avant mais qui s’accélérait, devenait exponentielle, incontrôlable, mortelle. Et les crimes musulmans, toujours plus atroces, toujours plus nombreux, toujours plus proches. Et la menace, chaque jour plus présente, pesant sur le peuple français, une menace de mort, sans rémission, sans échappatoire…

Et vous ne pourriez plus dire, désormais, que vous ne saviez pas, non plus qu’Allende, hier, ne pouvait prétendre ignorer ce qui menaçait son peuple.

Aujourd’hui, les jeunes blancs-becs d’autrefois sont devenus grisons par le fait de l’impitoyable Saturne, mais j’attends d’eux la même exigence qu’hier. Armer le peuple en danger de mort, lui permettre de défendre sa liberté et sa vie face à l’oppression d’où qu’elle vienne, constitue un devoir absolu pour les dirigeants à qui les citoyens ont confié leur destin. Ils ne sauraient s’y soustraire, sauf à en devenir les ennemis déclarés et à en subir, le moment venu, toutes les conséquences.

Un jour prochain, l’actuel locataire de l’Élysée, confronté au tragique résultat de son impéritie, assiégé par les implacables manifestations du réel, conscient enfin de sa culpabilité et bourrelé de remords, sera amené lui aussi à mettre fin à ses jours, avec l’AK-47 offert récemment par le toujours sémillant Fidel Castro ou le 357 Magnum remis, avec tellement d’alacrité, par son ami Bouteflika.

Il sera suivi dans la tombe, n’en doutons pas, par les autres membres du gouvernement qui n’auront pas le cœur de poursuivre leur existence privés de son auguste lumière.

Mais vous, gauchistes d’hier et d’aujourd’hui, allez-vous attendre cette issue fatale pour gueuler avec nous : « Hollande, Ben Laden, même combat ! », « Valls , Zawahiri, même combat ! », « Taubira, Merah, même combat ! », « Cazeneuve, Khazzani, même combat ! » ? Allez-vous attendre la fin du Père Dodu pour exiger des autorités qu’elles distribuent aux Français, sans attendre qu’ils soient morts, les moyens de se défendre ?

Je n’ose imaginer que vous pourriez refuser au peuple français d’aujourd’hui ce que vous réclamiez à cor et à cri pour le peuple chilien d’hier.

Auriez-vous changé à ce point ? Auriez-vous vieilli à ce point ?

De Gaulle avait raison, la vieillesse est un naufrage…

T’entends, Plenel ? T’entends, Mélenchon ? T’entends, Bendit ?

Raphaël Delahaut

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Notifiez de
obstinate944

excellent cet article…!..Bravo à ce Raphaël Delahaut que je ne connaissais pas…mais qui pense exactement comme moi..!

JANUS

Je complète mon message précédent et fais une suggestion à l’auteur : pour éviter la méprise d’autres lecteurs, un point d’interrogation après « Allende-Pinochet même combat ».

JANUS

Tolstoï et Trencavel : vous n’avez rien compris. L’auteur ne reprend pas à son compte ce parallèle, il le cite seulement pour placer les gauchos devant leurs contradictions : ceux qui à l’époque disaient : « Allende-Pinochet même combat » ont créé une situation justifiant qu’on les prenne au mot et que l’on dise : « Cazeneuve-Khazzani même combat ». Et je trouve cet article excellent, très bien écrit comme d’habitude.

Filochard

superbe réquisitoire, j’aime d’autant que je suis un vieux de la vieille ,et que cet article m’a remémoré bien des souvenirs que j’écoutais sur mon transistor , et oui à l’époque il n’y avait plus que ça qui marchait …J’étais déjà au boulot , et malgré l’ambiance mes patrons n’avaient pas fermé leur boutique , mais on était pas dans une rue passante alors, fallait bosser ou la porte .Autre temps temps autres meurs .Maintenant nous n’avons que beaucoup de LGBC ( je sais pas si je me trompe?) au pouvoir pas assez courageux pour assumer leurs actes , et un peuple de rats suivant le joueur de flûte .Ce peuple va t il réagir un jour j’ai de plus en plus de doutes.Il ne sait que vociférer sur la toile et vite s’avachir devant Poujadas c’est dire …
Alors Monsieur , vous avez fait un beau rêve , tant mieux pour vous , moi je ne fais que des cauchemars……

Raphaël Delahaut

Merci, Filochard.
Mes amitiés à Ribouldingue et à Croquignol !
Cordialement, Raphaël

Tolstoi

Avec des articles de ce genre on a pas besoin d’ennemis . Affligeant .Je suis de plus en plus attristé par le contenu des articles de riposte laïque. Ce n’est pas en défendant les fashos que l’on combattra l’islam.Complètement à coté de la plaque.

Bernard Serge

Mais c’est une excellente rétrospective à la conclusion pleine de bon sens ! Serge Bernard

Trencavel

Écrire « Pinochet et Allende même combat » est non seulement faux, mais en plus c’est d’une bêtise incommensurable, et c’est aussi une infamie. Salvador Allende était un personnage politique intégre et tout à fait respectable. Contrairement à ce qu’affirme cet article ce n’était pas un « marxiste pur et dur » mais l’ėquivalent en France d’un radical-socialiste bon teint. La photo en tête montrant Allende et Pinochet côte à côte est d’une grande malhonnêteté : Allende était le Président de la République et Pinochet Chef d’etat-major des armées et ce voisinage n’a rien de compromettant. Pinochet avait accédé à ce poste suprême, nommé par Allende, car le général Prats son prédécesseur avait été nommé ministre de la Défense par Allende et de ce fait ne pouvait plus rester chef d’etat-major, et par ailleurs la promotion de Pinochet à ce poste était incontournable en raison des errements en vigueur dans l’armėe chilienne qui privilégiiaient l’ancienneté (Pinochet était le chef d’etat-major adjoint de Prats, le major général comme on dit dans les armées françaises ) et Allende l’a promu à contre-cœur, ne pouvant faire autrement. Le général Prats était un militaire loyal, d’où sa nomination comme ministre. Après le coup d’ėtat, il a réussi à s’enfuir en Argentine mais Pinochet l’a fait assassiner à Buenos-Aires. Tous les militaires chiliens de l’époque n’étaient pas des factieux et des fascistes comme Pinochet, mais les loyalistes étaient minoritaires et ne se sont pas opposés. À commencer par les carabiniers (gendarmerie), dont ceux qui gardaient La Moneda, le palais présidentiel, qui se sont retirés sans combattre, sur ordre extérieur, lorsque le palais a été encerclé (le commandant de la garde a annoncé ce retrait à Allende les larmes aux yeux ). Cette défection étant prévisible, il avait été institué depuis quelques temps un groupe informel de sécurité de la présidence, constitué de civils qualifiés, notamment des militants du MIR (Movimiento de Izquierda Revolutionaria ) mouvement qui avant de se rallier à Allende après son élection pratiquait la lutte armée. Contrairement à ce qu’affirme cet article, il n’a pas suffi que quelques blindés apparaissent sur la place pour prendre le pouvoir, les échanges de tir de sont poursuivis de longues heures, mais le combat était trop inégal : les pistolets-mitrailleurs et les armes de poing dont étaient équipés les membres du groupe de sécurité ne pouvaient rien contre les mitrailleuses et les canons des blindés, et l’aviation a bombardé La Moneda, où des incendies se sont déclarés. La thèse officielle du suicide de Allende, dont l’article fait état est peu crédible, elle est admise parce que cela arrange la bien-pensance, celle d’avant et celle de maintenant, le plus probable c’est qu’il a été assassiné par les sbires de Pinochet. L’autopsie pratiquée quatre décennies plus tard ne peut rien démontrer et le déroulé des événements connus par les témoignages de l’époque, notamment de ceux qui se trouvaient à l’intérieur, certes fragmentaires, plaident pour l’assasinat. En outre, lorsqu’on a la trempe de « ne pas s’enfuir pas en pyjama », on ne se suicide… lire la suite

Raphaël Delahaut

L’écriture est, décidément, un art bien difficile et j’ai dû fort mal m’exprimer pour être si mal compris. Évidemment, ce slogan n’est pas le mien et ne l’a jamais été ! Mais il était tenu par certains des gauchistes d’alors qui sévissent encore aujourd’hui et que j’ai voulu renvoyer à leurs contradictions, rien de plus. Je ne pense pas non plus que les armées sont par nature fascisantes : encore une fois, c’était (et c’est sans doute encore) la thèse des gauchistes de tout poil et je fais allusion à l’infamante chanson de Maxime Le Forestier, ‘Parachutiste’. Le texte est rédigé, pour la narration, à la deuxième personne du pluriel, jamais à la première : je ne dis pas ‘nous’ mais ‘vous’ et j’avais été aussi choqué hier d’entendre ces mots que vous l’êtes aujourd’hui, à juste raison. Je demande simplement à ceux qui les ont proférés alors, et qui sont toujours là, d’être cohérents avec eux-mêmes : s’ils reprochaient à Allende (qui était légaliste) de n’avoir pas armé le peuple chilien menacé hier, qu’ils donnent les moyens de se défendre au peuple français menacé aujourd’hui. Pour ce qui est de la photo, que je n’ai pas choisie, elle a été souvent reprise, au moment du coup d’état et dans les années qui suivirent, et elle n’induit rien de ce que vous semblez croire. Allende ne peut être considéré comme complice de Pinochet, il en a été la victime ! C’est aussi une façon de montrer que l’on est jamais trahi que par les siens… Publier une photo d’avant-guerre représentant De Gaulle aux côtés de Pétain serait-il une façon malhonnête d’induire que tous deux étaient complices (et coupables) des crimes de l’Occupation ? Bien évidemment non, c’est un élément de l’Histoire et les lecteurs ne sauraient se tromper à ce point dans son interprétation. Pour le reste, Salvador Allende était un président démocratiquement élu, je l’ai rappelé dans l’article, mais aussi un vrai marxiste de conviction, je le maintiens, bien loin des rad-socs que nous connaissions en France. Ce sont d’ailleurs ses mesures économiques (la nationalisation des mines de cuivre, entre autres) qui provoquèrent l’ire des USA et des grands groupes internationaux, et le putsch (fomenté, c’est vrai, par la CIA) intervint après une longue grève des camionneurs (financés par ITT) qui avait paralysé tout le pays. Enfin, il est définitivement établi aujourd’hui par la justice chilienne qu’Allende s’est bien suicidé. Je considère, moi, que c’est un acte de bravoure digne du personnage et non une lâcheté. Se battre les armes à la main au lieu de fuir et périr plutôt que de tomber aux mains de l’ennemi est une attitude de courage et d’honneur tout à fait digne d’éloges. Cette fin héroïque ne saurait en rien ternir l’image du personnage, bien au contraire ! Chanson pour chanson, j’ai aussi en tête une clameur de Léo Ferré : « Alors, nous irons réveiller Allende !, Allende !, Allende ! « . Le titre de l’album ne me revient pas, dans l’instant. J’ai… lire la suite

secotine

Salvador Allende était en passe d’instaurer
le même régime qu’à Cuba. J’étais à la Havane de 1972 à 1975, j’ai écouté le discours de Castro place de la révolution.(no solo daremos nuestro azucar à nuestros hermanos chilenos pero tambien nuestra sangre) La garde rapprochée d’Allende était exclusivement composée de Cubains dont le chef a d’ailleurs épousé la fille ainée du président chilien et s’est ensuite installée à La Havane ainsi que sa tante Laura. (les deux se sont d’ailleurs suicidées quelques années plus tard) Sans le coup d’Etat de Pinochet les chiliens vivraient au rythme de la « libreta » comme les cubains.