Pique-nique ta mère

Publié le 21 juin 2010 - par - 750 vues
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Ainsi donc, il n’est plus question de pique-niquer au pinard et au saucisson, dans Paris, France, en l’an de disgrâce 2010. Il n’est d’ailleurs même plus question d’envisager des apéros géants made in Facebook, dans n’importe quel coin de cette République en décomposition avancée. Pensez : des milliers de jeunes qui se réunissent sans brûler des voitures, sans casser la gueule à tous ceux qui font mine de les regarder de travers, sans caillasser des autobus, insulter les passagers et gifler les filles trop déshabillées. Scandale absolu d’adolescents qui se réunissent spontanément, sans leaders, sans mots d’ordre, sans slogans de haine ni chants fanatiques : il faut, clament nos édiles, leur interdire la rue, puisque, ô horreur, ils boivent. Et qu’il y a eu un mort, par accident, alors qu’il n’y en a jamais, au grand jamais, du côté des stades, des autoroutes et des départementales le week-end.

Formidable période d’inversion des signes et des sens, d’affolement des boussoles, où les faux durs de la gauche molle rejoignent les islamistes radicaux, dans un combat plus que douteux dont ils ne connaissent ni les règles, ni les étapes. Magnifique période où ce sont les fous de Dieu qui ont pris la direction de l’asile. Il est zoologiquement intéressant de constater que nos « progressistes » qui clament à tout bout de champ la liberté sexuelle, les droits gays et lesbiens, l’égalité hommes-femmes et autres avancées du même acabit, marchent désormais main dans la main avec des barbus qui s’avouent clairement partisans de la lapidation des adultérins, de l’élimination des homosexuels et de la soumission des femmes.

Admirable cortège mêlant un quarteron de politiciens prêts à brader la laïcité pour un plat de lentilles électoral au chœur des vierges indignées d’une certaine gauche devenue folle, qui va jusqu’à dénoncer la présence du sigle SS dans le mot « saucisson » comme étant constitutif de la démarche néo-nazie des organisateurs du pique-nique interdit par la Préfecture de Police. Les mêmes qui tremblent à l’idée que l’on puisse consommer du vin et du porc dans la capitale d’un Etat que l’on croyait encore laïc, ne trouvent rien à redire à des milliers de fidèles qui, le jour de la prière, bloquent régulièrement plusieurs rues de Paris, empêchant voitures et quelquefois piétons de circuler, alors qu’existent, non loin de là, des mosquées à moitié vides. Les mêmes élites politiques, municipales ou autres, n’ont pas eu un mot quand, il y a deux mois, à Toulouse, et il y a trois jours à Villeneuve Saint-Georges, le drapeau français a été brûlé et remplacé par un drapeau algérien. Le mot historique qui demeurera dans les annales de l’idiotie utile, a été prononcé par la secrétaire générale des Verts : « C’est souciant ».

Souciant, en effet. A partir du moment où l’on retourne les mots comme des gants jusqu’à ce qu’ils disent l’exact contraire de leur signification ; à partir du moment où les progressistes deviennent totalitaires, où les « tolérants » condamnent à tour de bras, dans une paranoïa phobique dont on ne voit pas la fin, les vannes sont ouvertes pour les futurs et inéluctables affrontements entre ceux qui veulent transformer la France en théocratie, et ceux qui s’aperçoivent de plus en plus clairement que les territoires perdus de la République ne sont pas perdus pour tout le monde.

Quand la diversité devient l’hommage rendu par le totalitarisme à cette pauvre République ; quand les « souchiens » (à savoir les Français de souche, selon la belle expression de la porte-parole des Indigènes de la République) n’ont que le droit de la fermer à l’heure où les bourreaux avoués de la démocratie se présentent en victimes de celle-ci, sous les larmes amères des collabos qui préparent leurs listes de dénonciation et de boycottage, tout devient possible, même le pire. Que l’on ne s’étonne pas, après cela, de voir ce qu’on appelle les populistes ou les identitaires monter dans les sondages et dans les urnes. La liberté, la vraie, exige que l’on dise tranquillement mais fermement, aux ayatollahs de tout poil et à leurs larbins de l’anti-racisme invertébré : au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable. Encore plus belle et plus actuelle, est la phrase de Saint-Just : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

Scandale : même les autruches vont être obligées de choisir.

André Bercoff

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