Peugeot : Hollande-Montebourg ont l’air si malheureux qu’il en paraissent les vraies victimes

Publié le 18 juillet 2012 - par - 1 856 vues

Ce qui différence principalement la gauche de la droite traditionnelle, c’est la quantité d’air brassé. Les allures, les postures, les simagrées, les gesticulations, les drapages, l’offusquage attitude et toute cette théâtralité qui plaît tant aux électeurs de 2012.

Le chômage, les licenciements, l’endettement, la crise, les français semblent s’y résigner, mais à la condition express que le gouvernement ait l’air de s’en offusquer. Un Montebourg qui prend son air outragé 45bis quand il apprend que PSA va licencier 8000 salariés, c’est magnifique. Hollande qui se dit « très affecté » par cette affaire. On compatit. Pour un peu, on le plaindrait.

A ce train là, les Français vont finir par se demander si les vraies victimes de la crise ne sont pas Montebourg, Hollande, Cahuzac, Najat Belkacem et consort.  Le mal que ça leur fait ! Ca fait peine à voir.

L’air du temps est à la compassion. Delarue avec son « Ca se discute » était un précurseur. Ecouter les gens raconter leur souffrance avec un air compassé ça marchait fort. Le gouvernement de gauche reprend le concept. D’ailleurs, vous n’avez pas été sans remarquer que la phrase récurrente de Hollande est « j’ai bien entendu que… ». Il entend. Comme Delarue avec  son oreillette face à ses invités en souffrance. Aucun débat contradictoire, aucune décision, pas un geste… juste une écoute.

Hollande sera le psychanalyste des Français sur le carreau. Allongez-vous et racontez-moi tout. Après vous verrez, ça ira mieux.

Aujourd’hui, Najat Belkacem affirme sans rire à propos de l’éventuelle hausse de la CSG, que le gouvernement est en « phase de réflexion intellectuelle ». Si quelqu’un connait un processus de réflexion qui ne soit pas intellectuel, qu’il le signale au CNRS. Bref, on s’agite, on remue de l’air, on intellectualise le basique, on encule les mouches, on fait du spectacle.

Le public a besoin de dramaturgie où le bon triomphe du méchant. Avec Hollande il est servi. Car lui et ses acolytes, c’est clair : ils sont bons. En tout cas, tout est mis en œuvre pour faire passer ce message. Partant de là, tous les ennuis qui surviendront ne seront pas de leur fait. La tactique marchera le temps qu’elle marchera. Mais il y a fort à parier qu’il faudra augmenter les doses de somnifère pour que le français continue à dormir sur ses deux oreilles.

Sur RL, un article de Huineng compare Hollande à Louis XVI. Il voit juste. Hélas ce que l’histoire de Louis XVI nous enseigne est que le peuple ne se révolte que la faim au ventre. La vraie faim. Pas les difficultés pour s’acheter un écran plat. Non. La faim qui tenaille, la malnutrition, la souffrance. La vraie. Et je crains fort qu’il faille attendre cette extrémité pour que les Français se réveillent enfin.

Encore un mot : il y a quelques jours une image m’a frappé. Enième reportage sur la crise grecque. Restrictions, économies, pays exsangue, chômage intense.  Politiciens affairés à l’Assemblée, réunions etc… Images banales. Puis, l’un des dirigeants sort d’un bâtiment officiel et s’engouffre dans une somptueuse limousine officielle (Ils sont pas sortis de l’auberge, les grecs !). 

Jany Leroy

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