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Plan social chez BFM-RMC : la déconfiture de Drahi se précise


Il y a à peine quelques heures, le groupe NextRadio TV, maison mère de BFM et RMC, a annoncé un plan social d’une ampleur sans précédent. Sur les 1 600 salariés, près de la moitié devraient être licenciés, des pigistes ou des intérimaires, pour l’essentiel. La fin de RMC Sports a également été annoncée pour le mois de juin… Le groupe anticipe un écroulement de ses recettes publicitaires, et ne peut maintenir ainsi ses effectifs.

On a beau être triste pour le sort de toutes ces petites mains qui vont perdre leur emploi, on ne peut que se réjouir de la déconfiture du groupe de presse de monsieur Patrick Drahi, ami personnel et complice d’Emmanuel Macron. Complice pour avoir obtenu, en 2014, l’aval de Bercy, alors tenu par Macron, pour racheter SFR, sans que Drahi n’avance un seul sou. L’acquisition de SFR s’est effectuée par LBO, c’est à dire un prêt intégral, le groupe Altice de monsieur Drahi n’ayant aucun fonds propres. Drahi a ainsi été autorisé par l’État à reprendre un opérateur de téléphonie gigantesque sans verser le moindre kopeck, en endettant son groupe déjà plombé par un passif vertigineux. Car le groupe de Drahi cumule les pertes d’année en année, entre 300 millions et 800 millions d’euros chaque année. Que l’État autorise une telle opération et menace ainsi des dizaines de milliers d’emplois, c’est une forfaiture macronienne de plus. Depuis, SFR a licencié 6 500 salariés. Monsieur Drahi cumule un passif gigantesque de 50 milliards d’euros, pour seulement 10 milliards d’actifs en face : un autre que lui serait déjà poursuivi pour banqueroute.

Comment fait donc Patrick Drahi pour tenir le coup dans ces conditions ? Beaucoup se sont demandé en 2014 pourquoi Drahi a obtenu un tel cadeau de Macron. La campagne présidentielle de 2017 a pu apporter la réponse à ceux qui s’interrogeaient. La ligne éditoriale de l’info sur BFM et RMC pourrait presque être confiée à Sibeth N’Diaye. En quatre ans, ces deux chaînes sont devenues la Pravda du macronisme. Mesdames de Malherbe, Elkrief, Lévy, messieurs Misrahi, Marshall, Bourdin sont les laudateurs officiels du gouvernement. Au point de faire rire tout le milieu, comme ce sketch de Canteloup imitant l’autre soir Ruth Elkrief se pâmant devant Macron, juste après son pitoyable discours.

La chute de la maison Drahi est programmée, et son groupe de médias ne résistera probablement pas à la crise économique qui vient. Bientôt, le prince Drahi sera nu, le roi Macron, privé de ses hagiographes télévisuels, le sera tout autant.

Olivier Piacentini