Plantu dessine Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon avec un brassard de nazi

Le dessinateur du Monde vient encore de se distinguer, dans L’Express, un commettant un dessin digne de la violence de la bien-pensance contre tous ceux qui sortent des sentiers battus : forcément des fascistes !

http://www.marianne2.fr/Melenchon-contre-la-pensee-Plantu_a201888.html?preaction=nl&id=2952704&idnl=26200&
Marianne a interviewé Jean-Luc Mélenchon, qui est apparu très blessé par ce dessin particulièrement ignoble. On comprend que le chef de Parti de Gauche, qui a combattu toute sa vie contre le Front national, au point d’ailleurs de demander son interdiction, avec Philippe Val, ne puisse supporter cette comparaison avec Marine Le Pen. Mélenchon a raison de comparer le dessin de Plantu avec la pire période du stalinisme, quand, en 1934, le « Petit père des peuples » et ses disciples qualifiaient les socialistes de « social-fascistes » ou de « social-traitres » et les trotksistes d’ « hitlero-trotskistes » (contribuant ainsi à la victoire d’Hitler).
Certes, le brassard que portent les deux caricaturés est prudent, il n’y a pas écrit « SS », mais « Front national » et « Parti de gauche ». Il n’empêche que l’allusion est particulièrement dégueulasse, et contre Jean-Luc Mélenchon, et contre Marine Le Pen, dont aucun propos douteux ne peut être retenu, à ce jour, contre elle. Mais cela dérange-t-il vraiment Jean-Luc Mélenchon qu’on traite Marine Le Pen de nazi, lui qui n’arrête pas calomnier, souvent de manière grotesque, la nouvelle présidente du Front national ? Et ne joue-t-il pas le rôle de l’arroseur arrosé, lui qui n’a jamais hésité à utiliser les pires amalgames pour disqualifier ses adversaires ? Qui a oublié sa manière de faire des rapprochements crapuleux entre le discours de Ségolène Royal et celui du maréchal Pétain, en 2007 ? Il est vrai qu’il était en service commandé, jouant le pitt-bull de ce grand homme de gauche qu’est Fabius ! Qui a oublié son discours, ainsi que celui de toute la gauche, contre le débat sur l’identité nationale, et les comparaisons honteuses avec Vichy ? Quand a-t-il condamné les propos de Cambadélis, comparant Eric Besson à Déat et à Laval ? Quand a-t-il condamné les propos particulièrement crapuleux de son bras droit, Alexis Corbière, qualifiant Oskar Freysinger de « hippie venu de Woodstock, et véritable fasciste ? », ou Riposte Laïque de racistes d’extrême droite ?
Le même Oskar avait été, lui aussi, avant les Assises, dessiné en nazi, de manière scandaleuse, par le Plantu suisse.
Bref, à force de qualifier tous ses adversaires de fascistes, de racistes et d’extrême droite, on finit par se voire attribuer les mêmes qualificatifs, cela s’appelle un retour de baton.
Plantu n’est pas à sa première saloperie. Il avait dessiné, lors de l’affaire Siné, à Charlie Hebdo, Philippe Val en nazi, rien de moins. Il est cocasse de se souvenir que Plantu, toujours féroce dans ses dessins contre le Pape et l’Eglise catholique, avait appelé à la modération ses confrères, lors de l’affaire des caricaturistes danois.

Islam/article/detail/189733/2008/02/29/Plantu-appelle-a-la-mesure-concernant-les-caricatures-de-Mahomet.dhtml
http://www.ripostelaique.com/Quand-donc-Plantu-qui-ironise-sur.html
Finalement, ce qui est amusant dans cette histoire, c’est que Plantu et Mélenchon, qui se donnent tous les deux des airs d’anti-cléricaux, sont sur la même ligne politique : « A bas la calotte, mais Touche pas à mon islam ! ».
Et ce qui dérange Mélenchon n’est pas que Plantu dessine en nazi tous ceux qu’il n’aime pas… mais que ce soit son tour !
Paul Le Poulpe

image_pdf
0
0