Plenel et les juifs

Publié le 8 novembre 2014 - par - 1 390 vues
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Ri7plenelmuslecheL’ancien terrible révolutionnaire de la LCR, je veux parler de l’ex directeur du quotidien Le Monde et l’actuel dirigeant de l’organe électronique « Médiapart », a sorti récemment un livre exprimant son amour, son empathie sans limite, pour les malheureux musulmans, injustement objets d’une acrimonie irrationnelle, d’une hostilité voire d’une vindicte qui rappellerait celle dont les Juifs furent l’objet dans la décennie des années trente à quarante du siècle dernier.

L’homme veut nous expliquer, pourquoi, lui le Breton de naissance, grandi en Martinique, est un Français (avec un «F » majuscule) qui ne se réduit pas à son origine.

L’homme fait à beaucoup de ses concitoyens ce reproche : « Notre empathie a trop fait défaut. Aux musulmans, aux Arabes, aux juifs, aux Noirs, aux Roms et aux Tziganes, etc. : à tous ceux qui, successivement ou en même temps, sont les victimes de cette idéologie barbare des civilisations supérieures contre des peuples maudits qui rôde de nouveau parmi nous. »

On admirera ce magnifique dialecte français « journalistique » : c’est une langue écrite où l’on peut placer un point n’importe où, même au milieu d’une phrase et dans laquelle on peut raconter des balivernes.

On notera aussi un confusionnisme délicat, combinée à de l’ignorance ou un mépris pour l’Histoire, faisant du Rom un groupe humain non-tzigane. Nul n’est parfait, et même pour dire des « vérités » bien senties, on n’est pas obligé d’être ethnologue.

On observera surtout, que d’un trait de plume, par un procédé typographique, notre empathique raye le Juif de son appartenance à un peuple.

Au moyen du j minuscule, notre empathique fait s’évaporer, dans les nuages d’un passé obscur et ignoré, ce peuple longtemps majoritairement dispersé par la destruction de son Etat-nation, consécutive à la seconde guerre des Juifs contre Rome, menée par le « messie » Bar Kochba (132-135).

En tant que « juif » -(avec un j minuscule)-, notre brave Plesnel réduit le peuple juif, les Juifs, à l’état de confession, comme l’exigera le conventionnel Clermont-Tonnerre pour que lui soit accordé la citoyenneté française (« tout pour le Juif en tant que confession, rien pour le Juif en tant que nation » dira-t-il dans un discours célèbre). Le juif ne serait que juif, seulement un fidèle d’une confession, au même titre que le musulman. Tandis que l’Arabe -mais qu’est-ce qu’un « Arabe »- a droit à un A majuscule, lui.

Ce faisant, notre empathique, qui prétend mettre en garde contre une menace de l’ordre de celle qui se déclinera dans la shoah (l’extermination systématique du peuple juif, le Juif croyant comme l’incroyant et aussi le Juif converti à une autre religion que le judaïsme, de tout sexe et tout âge), pratique une shoah intellectualisée… au moyen des mots.

Adolf Hitler voulait annihiler les Juifs jusqu’au dernier. Il compléta la destruction physique, par la destruction des archives de centaines de bourgades juives d’Ukraine, Pologne, Lituanie, Russie blanche. Avec sa victoire, le Juif serait devenu un mythe et un archétype, celui d’une sorte de père fouettard ayant tous les défauts et toutes les tares possibles.

Mais la victoire héroïque du peuple soviétique à Stalingrad et le débarquement américain en Afrique du nord et en Europe, détruisant l’hitlérisme, sont venus bousculer ce projet entièrement partagé par le père spirituel des organisations armées palestiniennes, je veux parler du Mufti Husseini organisateur et mentor des SS balkaniques de Bosnie et de Croatie.

Dans sa phrase besogneuse, notre empathique déracine le Juif de sa réalité nationale, plusieurs fois millénaire, pour le réduire à l’état de juif. Il fait du Clermont-Tonnerre, en oubliant que le conventionnel ouvrira la voie au diktat napoléonien vis-à-vis du Juif. L’empereur des Français fera dire au peuple des Hébreux vivant en France : frère, tu peux devenir citoyen français, avec les même droits, si tu le désires ; avec les mêmes droits mais aussi les mêmes devoirs que les descendants des celtes de Gaule, que les descendants des tribus franques, des Huns restés en Gaule romaine après la défaite d’Attila, à condition… à condition que tu acceptes que ta loi mosaïque et que la manifestation de tes croyances religieuses juives soient encadrées, bornées par la loi et ses normes d’ordre publique.

Si tu n’acceptes pas l’union légale des droits et des devoirs, tu pourras vivre en France, libre et en sécurité, mais pas en qualité de citoyen. Tu ne seras plus, ni persécuté ni expulsable, selon le bon plaisir ou les exigences de la politique, mais tu ne pourras pas prendre part à la confection de la loi.

Avec la convention et l’empire, le Juif resta Juif, -un Hébreu en exil- mais il devint un Juif qui acceptait les devoirs nationaux, condition obligatoire de la participation à la citoyenneté française.

C’est ainsi que pour défendre « l’expérience du monde, du divers et du pluriel, qui fait de nous des Français », l’empathique directeur de médiapart arrache le Juif à son Histoire, tandis qu’il laisse l’Arabe rester un Arabe.

Et cet homme nous vend qu’il milite : pour le respect des diversités et l’égalité de tous. Comme disait ma grand-mère, s’il cherchait à vendre sa salade à un cheval de bois celui-ci lui donnerait un bon coup de pied, pour l’envoyer ailleurs débiter ses sornettes.

Curieux ? Contradictoire ?

Ce traitement spécial du Juif, par le livre de l’ancien crypto stalinien militant, n’est pas dû, me semble-t-il, à une inconséquence, à une méconnaissance ou a une étourderie. La raison n’en est pas bien mystérieuse : Pour la défunte LCR devenue NPA, le Juif est illégitime, tant qu’il est nation politique restaurée ; alors, pour NPA et toute cette mouvance, il faut nier cette nation : affirmons, comme le stalinien israélien Sand, qu’elle est un mythe, pour mieux contourner les faits historiques et justifier la politique soutenant que le Hamas ne commet aucun crime, ne mène aucun djihad, lorsqu’il fait pleuvoir chaque jour, pendant des semaines, des milliers de missiles sur la population d’Israël.

En d’autres termes, ce livre constitue, dès son entrée en matière, un manifeste par lequel un courant d’idée et d’organisation continue le travail d’anéantissement du peuple juif.

En outre, sous prétexte de cette diversité un peu spéciale que serait devenue la France, c’est un autre peuple libre que le directeur de Médiapart veut anéantir, en la personne du peuple français et de la nation française telle qu’elle a mis deux millénaires à se former et produire un type d’être humain foncièrement attaché à la complète liberté politique, à la souveraineté personnelle et collective.

Alon Gilad

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