Plenel, Schiappa, Ruquier, Joffrin, Bergé, Noah et autres ont remplacé les Ligues de Vertu

Publié le 16 janvier 2018 - par - 9 commentaires - 2 406 vues
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Nos lecteurs ont pris l’habitude, depuis quelques temps, de lire des articles de Bruno Lafourcade, qui écrit également de temps en temps sur Boulevard Voltaire.

https://ripostelaique.com/author/bruno-lafourcade

Comme par ailleurs notre nouveau contributeur vient de publier un livre Les Nouveaux Vertueux, il nous a paru intéressant de faire davantage sa connaissance.

Riposte Laïque : Vous avez commencé à nous proposer des articles sur Riposte Laïque, et vous venez de publier un livre « Les Nouveaux Vertueux ». Pourriez-vous d’abord vous présenter à nos lecteurs ?

Bruno Lafourcade : Eh bien, je suis né en Aquitaine ; j’ai dépassé le demi-siècle : j’ai donc eu le temps d’exercer plusieurs métiers (correcteur, formateur, etc.), j’ai aussi eu celui de voir mon pays se transformer. J’ai donc commencé à écrire, assez tôt, sur les questions liées à l’immigration, à l’islam, à la dhimmitude, à la religion, à la correction politique. J’en ai fait des romans et des essais. Je publierai d’ailleurs, à la fin du mois d’août, aux éditions Léo Scheer, un roman assez épais intitulé L’Ivraie, où il sera question de l’enseignement, aujourd’hui : c’est l’histoire d’un homme de cinquante ans, qui accepte, contraint et forcé, un poste de professeur de français dans un lycée professionnel de la banlieue de Bordeaux ; il y sera confronté à tout ce que vous pouvez imaginer. Quant aux essais que j’ai publiés, ils tiennent plus de la satire, du pamphlet que de l’essai. Le dernier, Les Nouveaux Vertueux, devait paraître chez Pierre-Guillaume de Roux, mais j’ai finalement décidé de le publier seul – pour des raisons que je vous épargne.

Riposte Laïque : Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Bruno Lafourcade : Eh bien, j’ai été frappé par la coïncidence entre les ligues de vertu de jadis et celles d’aujourd’hui. Certes, les nôtres ne s’appellent pas « ligues », mais « partis », « associations », « journaux », « XVIIe Chambre », « Assemblée nationale », « CNRS », mais elles obéissent au même principe : leurs réactions, leurs positions, sont dictées, à les en croire, par la morale, le Bien, la vertu, quand elles le sont, au contraire, par la citation tronquée, fausse, inventée, par l’euphémisation de la réalité et la négation des faits, par la mauvaise foi, le débat sans contradicteur – par le mensonge, donc, sur des sujets aussi graves que l’immigration, l’islam, l’Ecole, la langue française, etc. C’est tout le paradoxe du vertueux : il ment – il ne supporte pas que la réalité ne coïncide pas avec l’idée qu’il se fait de la morale ; et c’est en quoi il est immoral. Ce mot même de vertueux contient sa propre contradiction.

Riposte Laïque : Il est grave d’accuser quelqu’un de mentir : vous avez des exemples ?

Bruno Lafourcade : Oh ! je n’en manque pas ; et, sans être un recueil de mensonges, ce livre en collige des exemples significatifs : je conseillerai volontiers au lecteur de se reporter aux chapitres consacrés à Plenel, à Mucchielli, au texte intitulé « Jeune », par exemple, pour se faire une idée précise de l’in-coïncidence, chez nos vertueux, entre la vérité et la morale. Tenez ! Je vais seulement vous donner l’expression utilisée par les journalistes quand ils font la relation d’un fait divers : « Les noms ont été changés ». Cette expression contient mon livre, qui lui n’a pas changé les noms.

Riposte Laïque : Comment expliquez-vous sa forme : l’abécédaire ?

Bruno Lafourcade : Après une introduction où j’essaie d’expliquer le fonctionnement de ces ligues, qui obéissent toutes à la même « mécanique », j’ai effectivement choisi l’abécédaire et le principe du portrait : ces nouveaux vertueux, ce sont d’abord des noms et des listes de méfaits. Nommer ces gens qui empêchent de nommer la réalité, c’est déjà un pas vers la vérité. J’ai quand même essayé de rendre ces portraits plaisants à lire…

Riposte Laïque : Oui, vous êtes très drôle, vous pratiquez l’antiphrase, l’ironie, vous êtes même assez cruel…

Bruno Lafourcade : Seuls les Anglais et les Belges sont vraiment drôles : eux seuls savent rire d’eux-mêmes. Le rire russe est désespéré, le rire espagnol outrancier – le rire français est agressif : nous sommes dans le pays de la caricature, de Molière et du mari cocu – nous avons besoin de cibles. Or, des cibles, je n’en vois que deux : celles que forment les dominants, les hors-sols, les multinationaux à jet privé, les footballeurs à accent, les humoristes à gage et les journalistes citoyens du monde – les Yann Barthès, si vous voulez ; et celles que forment les dominés, les chasseurs de palombes, les bedonnants à moustaches, les rougeauds mal-votants, les lampeurs de gros rouge, les ouvriers sans usines, les exilés d’eux-mêmes, les miséreux non-migrants – moi, si vous voulez. Or, comme je ne suis pas Anglais ni Belge, je ne ris pas de moi : je fais déjà assez rire Yann Barthès. Je préfère donc rire de Yann Barthès lui-même, qui est le pouvoir, et un des plus pernicieux, un des plus satisfaits de soi.

Riposte Laïque : Parlez-nous un peu de ces nouveaux vertueux, qui sont-ils ?

Bruno Lafourcade : Ils s’appellent Plenel, Schiappa, Ruquier, Joffrin, Bergé, Noah, etc. Ils ont l’air très différents, alors qu’ils sont tous portés par les mêmes intérêts. Ce sont avant tout des militants : ils ont choisi de l’être à la radio, à la télévision, à la Chambre (la XVIIe ou celle des députés), dans des associations, au CNRS, partout – mais ils restent, quel que soit le domaine où s’exercent leurs malfaisances, des militants de la vertu, et donc du mensonge, si l’on m’a bien suivi.

Riposte Laïque : À quoi devrait ressembler la vertu, selon vous ?

Bruno Lafourcade : Ça, c’est une question à laquelle je peux facilement répondre : à la vérité, à cette « scandaleuse vérité » dont parlait Bernanos. La vérité est extrêmement inconfortable : on lui est toujours inférieur, elle est toujours trop haute pour soi ; elle ressemble à ces beaux fruits, les plus mûrs, qui reçoivent tout le soleil, mais sont posés tout en haut de l’arbre, sur la dernière branche que seuls atteignent les oiseaux. En général, on se contente de cueillir la vérité à notre portée, et c’est déjà bien ; parfois, on prend une échelle, et on essaie d’atteindre la branche la plus haute : quand on a la chance de ne pas se casser la figure, on a aussi celle de mordre dans le fruit le plus savoureux.

On aimerait coïncider à l’image que l’on se fait de soi : on voudrait être un type bien, courageux, élégant, civil, modeste et sensible, et d’ailleurs on essaie – mais enfin, le plus souvent, on se tait quand une racaille insulte une fille, quand un couillon compare d’Ormesson à Chateaubriand, quand son fils revend le pull offert par sa grand-mère sur ebay, quand on balance son porc : l’imagination de la lâcheté est sans limite.

Je suis comme ça, moi aussi, évidemment. Seulement, quand on écrit, on a l’occasion d’échapper au mensonge et on y arrive parfois, souvent malgré soi : on se laisse aller, on s’oublie, on se laisse griser par ses phrases – et boum ! au détour d’une subordonnée, on tombe sur la vérité. On s’efface, on la laisse passer, on l’admire en silence, elle est trop belle pour que l’on ose l’aborder – mais ce qu’on en voit, tandis qu’elle s’éloigne, suffit à écrire une page propre.

Riposte Laïque : Vous avez un problème avec les cheveux (parce que vous vous attaquez à ceux de Aymeric Caron et de Marlène Schiappa) ?

Bruno Lafourcade : Mon problème avec les cheveux, c’est que je n’en ai plus. D’ailleurs, comme dirait notre inénarrable Lili Marlène : « Il y aurait un livre à écrire sur les cheveux en politique. » J’ai suivi ses conseils : j’en ai écrit un sur ses cheveux – enfin, un paragraphe.

LES NOUVEAUX VERTUEUX by Bruno Lafourcade (Paperback) – Lulu

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9 réponses à “Plenel, Schiappa, Ruquier, Joffrin, Bergé, Noah et autres ont remplacé les Ligues de Vertu”

  1. CLV dit :

    Je vais sans tarder m’empressé de lire votre livre qui semble des plus intéressants. J’ai les mêmes réflexions sur tous ces tristes clowns qui polluent les écrans de télévision, les tribunaux (juges rouges) et le purin politique et suis impatient de découvrir toujours plus de crasse de la part de ces parasites.

  2. dufaitrez dit :

    La Foucade… est bien lancée !!
    Les cibles bien identifiées !
    Mais le Ver est dans le Fruit ! Mais les « Vers tuent » ! Les Verts aussi d’ailleurs !
    La Vertu est l’habillage des Tartuffes !

  3. Markorix dit :

    Aaah je m’installe en dessous de l’arbre et je lis. La vérité, ma vérité, leur vérité vont m’occuper ça c’est certain.

  4. trafapa dit :

    Les « grenouilles » sans bénitier , les « dames » sans patronage , la forme diffère , le fond est le même .

  5. MAUREL dit :

    Qui c’est tous ces cons ?

  6. Nono dit :

    Et la liste des traîtres et des collabos s’allonge tous les jours…

  7. JILL dit :

    L’exemple le plus frappant est cette ordure de Plenel qui fût l’un des grands inquisiteurs ayant élevé la calomnie au niveau du crime avec l’affaire Dominique Baudis .Nul doute
    que ce drame a conduit prématurément l’ancien maire de Toulouse au tombeau …Et le
    Plenel continue d’officier et de pérorer comme si de rien n’était .Ces salauds sont inaccessibles à la honte .Il ne devrait même plus avoir la carte de presse .

  8. Victor hallidee dit :

    Un échantillon d’humour dévastateur, de talent d’écrivain, d’essayiste, qui donne envie de lire.