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Pleurnicheuses françaises, pensez un peu à la situation des Algériennes !

Les femmes se mobilisent, les femmes se révoltent, les femmes manifestent, contre le harcèlement sexuel…dans le monde occidental.

Les médias, la télé, les réseaux sociaux s’en donnent à cœur joie.

On dénonce, on accuse, on condamne, c’est bien beau tout ce branle-bas de combat, et que la guerre de tranchées soit menée par des Caroline de Haas et Marlène Schiappa d’un côté et des Catherine Millet et Brigitte Lahaie de l’autre, mais tout ce beau monde s’intéresse-t-il réellement à la source même du véritable harcèlement sexuel ? Celui qui se produit aujourd’hui dans notre monde, celui qui frappe des centaines de millions de femmes ?

Il est vrai que cela ne les concerne pas, du moins pas encore, mais cela peut un jour prochain les concerner, si elles ne s’y opposent pas quand il en est encore temps.

Qu’elles prennent connaissance de ce rapport venu directement d’Algérie, pays proche, pays auquel nous ouvrons la porte, plus qu’à aucun autre, à ces « harceleurs » !

« Il est difficile, pour une européenne, de comprendre combien il peut être agréable de se sentir, enfin, à l’aise et épanouie au milieu de beaucoup de femmes. On se sent alors supérieures numériquement. Nous montrons ainsi que nous existons dans ce milieu d’hommes, nous nous réapproprions un peu d’espace public.

Si on ne procédait pas de cette façon nous risquerions d’être bannies des plages, comme nous le sommes dans certains cafés et autres lieux.

Les lieux de baignades restent secrets le plus longtemps possible afin d’éviter une riposte masculine qui risquerait d’aller jusqu’à l’agression physique.

Déjà des pages de « Facebook » nous insultent et incitent à la haine contre notre mouvement, nous accusant de vouloir « dénuder » les femmes, en faire des objets.

Certaines pages appellent à boycotter le maillot de bain, elles incitent même les hommes à photographier dans l’espace public les femmes en maillot de bain pour les « afficher » sur les réseaux sociaux.

Les autorités refusent d’intervenir, elles sont complices.

Même des femmes nous insultent également sur ces réseaux sociaux, affichant des slogans tels que : « Je me baigne avec mon hijab, nous laissons la nudité aux animaux. »

Des agressions ont lieu chaque jour contre des femmes, pour une jupe jugée trop courte, un décolleté jugé trop plongeant, une allure jugée trop provocante, certaines sont même fouettées en pleine rue !

Quand on est une Algérienne il est impossible d’aller se baigner sur une plage en maillot de bain de deux pièces. Nous sommes immédiatement soumises aux harcèlements sexuels, aux regards et aux remarques insultants.

Il nous faut chaque fois un peu plus de courage pour nous y rendre et nous comprenons que beaucoup de jeunes femmes hésitent et même s’abstiennent d’exposer ainsi leur féminité. »

Pour toutes ces raisons se sont créés des « Groupes », le premier en juillet 2017, qui, dès la première semaine a rassemblé plus de 1500 femmes, et actuellement plus de 3500, toutes résidentes près de la ville d’Annaba (ex Bône).

Ces « groupes » sont obligés de rester dans le secret pour pouvoir poursuivre leur combat, c’est la raison pour laquelle je ne citerai pas leur nom.

Leur but unique : « pouvoir se baigner en groupe de plusieurs membres, et en toute liberté, tout simplement en maillot de bain de deux pièces. »

L’organisatrice propose des dates et des horaires pour se donner rendez-vous sur certaines plages de la ville. Trois sorties ont eu lieu au cours du mois de juillet 2017 et elles ont connu un succès complet. Le nombre de participantes augmente chaque fois. Plus d’une centaine dès la première !

Fort heureusement quelques hommes trouvent cette initiative héroïque car ils estiment que les mentalités doivent évoluer et ils encouragent les femmes à s’émanciper, mais, déjà, on les traite de « voyeurs » !

2018 devrait assister à une amplification de ces groupes confidentiels sur d’autres plages d’Algérie, à moins qu’une prochaine loi les interdise pour « Troubles de l’ordre public » ?

Il est difficile, n’est-ce pas, femmes de France qui vous « battez » contre les agressions sexuelles, d’imaginer une seule seconde une telle situation dans un pays comme le nôtre ? Cela n’arrivera jamais, affirmez-vous ! Et pourtant il y a un peu plus d’un demi-siècle, sur ces mêmes plages d’Algérie, à la Madrague, à Matarèse, à Padovani, à Aïn-Taya, etc. pour ne citer que quelques plages algéroise, les jeunes algériennes se baignaient en maillot de bain deux pièces, tout comme les jeunes européennes, et elles n’étaient ni insultées, ni harcelées !

Voyez comme tout peut changer en cinquante ans : être obligé de se cacher ou de se regrouper pour pouvoir se baigner librement en maillot deux pièces !

Prenez garde : « Le ver est dans le fruit », éjectons-le avant qu’il ne nous infecte à notre tour !

Manuel Gomez