PMA-GPA : une rupture anthropologique majeure

L’Académie nationale de médecine (j’ai eu envie de préciser ici que cette académie, elle doit en savoir un bout sur la question) rappelle que «la figure du père reste fondatrice pour la personnalité de l’enfant ». Celle de la mère également. Et met en garde contre la PMA sans père. Je me joins modestement à cet avis, en y ajoutant spontanément la mère.

Dans un avis officiel sur l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes (on a encore le droit de dire ça ?), d’homosexuels et aux célibataires, l’Académie nationale de médecine a jugé que «la conception délibérée d’un enfant privé de père » n’était « pas sans risques » pour l’enfant. De mère non plus, mais je ne suis pas habilitée à faire la moindre déclaration.

« La conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure qui n’est pas sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement de l’enfant » : le 21 septembre, l’Académie nationale de médecine a publié un rapport pointant ses inquiétudes sur l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires.

L’Académie affirme que son objet n’est pas de «donner un avis» sur une «mesure sociétale», mais estime qu’il est de son «devoir de soulever un certain nombre de réserves liées à de possibles conséquences médicales».
Cet avis sur la loi de bioéthique, dont l’ouverture de la PMA est la mesure la plus symbolique, a été adopté en séance par l’Académie mardi 17 septembre, par 69 voix pour, 11 contre et 5 abstentions. L’Académie «reconnait la légitimité du désir de maternité chez toute femme quelle que soit sa situation», mais juge qu’«il faut aussi au titre de la même égalité des droits tenir compte du droit de tout enfant à avoir un père et une mère dans la mesure du possible».
De plus en plus malmenée par les évolutions sociétales, la figure du père reste pourtant fondatrice pour la personnalité de l’enfant.

« L’argument régulièrement avancé pour rejeter le risque pour l’enfant se fonde sur certaines évaluations faisant état de l’absence d’impact avéré sur le devenir de l’enfant », poursuit l’Académie. Mais elle ne juge « pas très convaincantes ces données sur le plan méthodologique, en nombre de cas et en durée d’observation sur des enfants n’ayant pas toujours atteint l’âge des questions existentielles ».

L’Académie estime par ailleurs que, «de plus en plus malmenée par les évolutions sociétales, la figure du père reste pourtant fondatrice pour la personnalité de l’enfant comme le rappellent des pédopsychiatres, pédiatres et psychologues ».

Le projet de loi de bioéthique sera débattu à partir du 24 septembre à l’Assemblée, promettant des débats intenses sur l’extension de la PMA à toutes les femmes. Selon ses statuts, l’Académie nationale de médecine peut être saisie d’une demande d’avis par le gouvernement et peut aussi s’autosaisir sur toute question concernant les domaines de la santé et de l’éthique médicale.
Je précise que pendant toutes mes années professionnelles en Allemagne, j’avais de nombreux collègues « gays », je m’entendais à merveille et qui sont longtemps restés de amis. Je n’ai rien contre les homosexuels, du moment qu’ils arrêtent de faire tant de tintamarre autour de leurs habitudes.

Jean-Côme, petit garçon de deux papas (Vous pouvez tout aussi bien raconter l’histoire à Marie-Ondine si vous êtes deux mamans et que vous avez envoyé un chèque en passant la commande. Il vous suffit de changer les noms et certains détails parfaitement dérisoires) : comment on fait les bébés, papa ? Eh bien, le papa il met son zizi dans la petite fente de la maman, et il sème sa petite graine. Quand est-ce qu’ils font cela, je n’ai jamais vu, moi. Eh bien, ils font cela le soir, dans le grand lit, quand ils se rendent compte qu’ils s’aiment beaucoup beaucoup. Ah ? Et vous, vous faites quoi dans le lit, quand vous vous aimez beaucoup beaucoup ? Heu… heu, eh bien, mon bébé d’amour, ça, on t’expliquera quand tu seras plus grand. (A quel âge précisément ? A dix ans ? Douze ans ? Juste le temps de lui ruiner sa perception de la procréation, la plus merveilleuse imaginable ? A quel âge sera-t-il capable de supporter une telle vision ? A l’âge des questions existentielles ? Je suis probablement une peu coincée du coude, mais personnellement, à 15 ans, mise au courant par des copains polissons, ce comportement sexuel m’a horriblement choquée).

Mais alors, où j’ai grandi, dans ton ventre à toi ? Et je suis sorti comment ? Il n’y a pas de sortie. (Je rassure immédiatement le lecteur, ce problème mineur sera réglé incessamment, les premières voies d’expulsion ont déjà été médicalement expérimentées sur certains objets de sexe masculin avides de procréer). Nous, on a donné de l’argent à une très gentille dame pour qu’elle te porte dans son ventre. Je la connais ? Non, chéri, elle habite très, très loin, plus loin que l’Amérique. Alors c’est ma maman ? Non Côme chéri, Jean-Denis et moi, nous sommes tes papas, tu n’as pas de maman. Mais on t’aime très très fort. Et combien vous avez payé la gentille dame pour qu’elle me porte et qu’elle me fasse sortir ? Heu..heu ! Si on jouait à la bataille, poussin ? Envie d’une partie ?

Papa, si un jour vous vous disputez, comme les parents de Marie-Zoé et d’Anne-Sixtine, on fera comment ? Ce sera qui ma maman ? Et à qui je donnerai la jolie pochette que je suis occupé à broder pour la fête des mères ? (NDLR : « Maman, je t’aime » !). Crois-moi, mon ange, on va la donner à la concierge, cette horrible fête de dégénérés va bientôt être supprimée du calendrier, car elle est une offense au monde LGBT. Plein de gens manifestent pour cela dans la rue, avec de jolis costumes bariolés. Cela s’appelle la GAY PRIDE (tu prononces gué- pwraïde, lapin). Tu veux nous accompagner ? Tu verras, il y a des costumes magnifiques. Et papa montera sur un immense char, comme un empereur.

Beaucoup me disent : moi, je préfère deux papas qui aiment leur enfant et s’en occupent bien que des parents qui divorcent au bout de 3 ans et maltraitent leur gosse. Mais qui te dit, ballot, que tes deux gitons, ils vont rester ensemble ? Statistiquement parlant ils font partie du groupe qui se sépare le plus fréquemment pour se tourner vers un autre partenaire. D’autres affirment « connaitre » personnellement un couple de lesbiennes qui ont un enfant, et qui sont archi-sympas. Et moi, je connais un mec il est allé sur la lune, ça avait l’air sympa aussi.

En Australie : le zoo de Sidney a dévoilé l’histoire de deux pingouins mâles qui ont couvé un œuf, adopté le bébé et l’ont élevé ensemble.
Personnellement, je savais que certains phoques sont parfois pédés, mais pas les pingouins !
Et ces pingouins ont protesté énergiquement et dénoncé l’amalgame : « L’#Adoption de notre œuf est récupérée pour promouvoir la #GPA : c’est inadmissible car, nous, nous n’avons loué personne ni acheté notre petit. Notre belle histoire n’est pas celle d’une marchandisation. »

Au contraire de celle de Marc-Olivier Fogiel, leader du fameux mouvement : « un bébé, cela s’achète » qui a écrit un livre : « Qu’est-ce qu’elle a ma famille ? » et est, elle, réellement de la marchandisation. Votre famille, M.O. n’en est pas une. Faisons brièvement référence au Larousse : Famille : Ensemble formé par le père, la mère et les enfants. Ensemble des générations successives descendant des mêmes ancêtres, lignée.

Wikipedia se sert d’autres termes : une famille (selon l’anthropologue Claude Lévi-Strauss) est une communauté de personnes réunis par des liens de parenté existant dans toutes les sociétés humaines.  Toutes ? Pas celle de M.O., elle a ceci, sa famille, c’est qu’elle n’est « pas sans risques » pour les enfants, voilà ce qu’elle a.

En Chine, des chercheurs ont réussi à faire naître des souriceaux en bonne santé de deux mères. Ils ont réussi la même chose avec deux mâles, mais avec un résultat plus nuancé. C’est une première: des souriceaux sont nés de deux pères. Pour arriver à un tel résultat, les chercheurs ont fortement modifié l’ADN de cellules reproductrices chez ces rongeurs. Pour autant, la santé des petites souris n’était pas au beau fixe. Il existe à l’état naturel de nombreuses espèces capables de se reproduire via des méthodes n’impliquant pas un couple mâle/femelle. (Mais quelle tristesse, pardonnez-moi l’interruption !) Des reptiles, des amphibiens et des poissons peuvent se reproduire avec un seul parent, le processus est plus compliqué pour les mammifères. Oui. Là, ils sont obligés de faire un chèque !

« Nous nous sommes demandé pourquoi les mammifères peuvent seulement subir une reproduction sexuée », explique l’un des auteurs de l’étude, Qi Zhou, de l’Académie chinoise des sciences « Seulement ? » Je ne sais pas vous, mais moi je l’ai plutôt à la bonne, la reproduction sexuée, elle fait même partie de mes expériences les plus merveilleuses.
Quand j’étais petite, je jouais passionnément à la poupée. Je ne suis pas du genre à raconter que j’étais bien trop évoluée pour cela, que je jouais comme un garçon, grimpais aux arbres, inventais des mécanismes innovants, prenais des décisions majeures. C’est vers 15 ou 16 ans que j’ai commencé à rêver d’avoir des enfants, beaucoup si possible. Comme dans la famille des « Waltons ». John, le papa, Olivia, la blonde maman (toujours gaie et heureuse, un grand tablier noué autour de la taille, qui vous cuisait sans cesse des tartes aux pommes pour les enfants, John-Boy, Mary Ellen, Ben, Erin, Jason Jim-Bob, Elizabeth, et pour les grands-parents, sans jamais se plaindre). Je voulais être comme elle. Ni aviatrice ni cosmonaute, non. Quant à commander la semence des rejetons à un inconnu, désolée, je n’ai jamais imaginé. Un enfant est l’aboutissement de l’amour d’un couple. Il n’y a pas d’autre définition.
Beaucoup ne peuvent en avoir, et c’est une véritable souffrance. Il y a tellement de projets impossibles à atteindre ! Le monde en est rempli. Il suffit d’ouvrir le journal.

J’ai lu récemment : autrefois, on faisait tout ce qu’on pouvait pour avoir du sexe sans enfant, et actuellement, rien n’est trop cher pour avoir un enfant sans sexe.

Anne Schubert

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10 Commentaires

  1. L’assemblée vient de refuser la pma post-mortem (c’est-à-dire l’insémination à partir du mari défunt) en revanche la femme pourra se faire inséminer par un autre donneur.
    Si le message diffusé depuis 44 ans n’était pas assez clair, maintenant il l’est : faire un enfant n’est pas un projet qui se construit à deux, seule la femme doit avoir le pouvoir de décision dans ce domaine, l’homme n’est qu’un stock de gamètes dont on doit pouvoir disposer comme d’un objet.
    Messieurs affirmez que vous n’êtes pas que des réservoirs à sperme : Refusez les dons de sperme !

  2. A Guy : vous faites partie de ces hommes qui crèvent de jalousie car Dame Nature vous a privé de ce merveilleux privilège de donner la vie. Je vous plains.

  3. à Bodicea : et la fable de la maman qui fait tout le boulot parce qu’elle porte l’enfant pendant neuf mois ? Avec des arguments comme ça, on va finir par vous appeler Christine Tasin !

  4. On excusait le gauchisme de la dame Tasin en raison de son engagement contre l’islam (en fait on confondait son engagement à elle contre l’islam avec notre engagement à nous pour la France – nuance !). On ne s’expliquait pas bien qu’elle se déclarât encore de gauche, mais on préférait ne pas y penser.
    Mais cette fois, les masques sont tombés en même temps que les derniers doutes. Cette personne n’est pas dans notre camp et ne sert pas notre cause mais au contraire la dessert.
    En toute objectivité, il faut le dire : c’est une ennemie de la France.

  5. Cela rachète, si j’ose dire, Tasin….
    « L’Art d’être Grand Père » écrivait Hugo…
    « L’Art d’être Sans Père » écrivait Tasin…
    Une Société sans Père sera une Société sans C….s
    « Père, tu m’as abandonné » disait-Il sur la Croix…
    Comment un simple « législateur » peut-il mettre Fin à l’Humanité ?

  6. Bravo pour ce texte non dépourvu d’humour qui revient à l’essentiel, les rapports homme/femme qui aboutissent à la procréation et dont le plaisir fait partie. Toute cette marchandisation autour de la naissance donne la nausée ! Ecartez-vous de la Nature et elle se vengera toujours !

  7. La fable du papa qui met une graine dans le ventre de la maman est traumatisante pour l’enfant car il réduit le rôle de la mère à celui d’un incubateur passif. Il faut dire aux enfants qu’il y a aussi une graine dans le ventre de la maman qui va fusionner avec celle du papa. Marre de chez marre de cette version de la soit disant primauté paternelle dans la procréation.

  8. A Zéphyrin
    C’est sûrement vrai qu’on va pouvoir tout bricoler,
    tout demander à la science pour contrecarrer la nature (ce qui ne semble pas gêner les écologistes qui ont un rapport bizarre avec le terre- à -terre) mais pour ça il faudra probablement de plus en plus d’argent,donc de plus en plus d’inégalités entre les citoyens et entre les états et …et…Zorro est arrivé …

  9. Dans toutes les écoles de France et de Navarre, les enseignants font faire à leurs élèves des réalisations pour la fête des mères. Donc si un enfant a deux mamans, il aura le double de travail ? À la limite, il refile la tâche à celui qui a deux papas, puisque celui-ci n’aura rien à faire.

  10. J’aime beaucoup votre dernière phrase, Anne.
    Je sais que pour notre génération qui a eu la chance d’être fertile et « l’innocence » de croire dans la famille jusqu’à la mort, la pilule est amère.
    Mais nous ne sommes qu’aux prémisses de l’aide génétique: d’abord pour soigner, ensuite pour choisir, programmer corriger la nature de nos descendants.
    Bien évidemment les « sages » actuels vous diront que non (sourire) mais relisez ce que disaient les « comités d’éthiques » (où siégeaient des religieux) il y a cinquante ans. C’est clair, ils ne savent rien de demain et heureusement sans doute.

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