Pologne : en une semaine de vacances, je n’ai vu que des Blancs

Publié le 8 juillet 2013 - par - 4 374 vues
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Une semaine de vacances passée à Varsovie et sur la côte balte sous le soleil de juillet, cela vous requinque un Parisien de manière très efficace. Depuis la gare centrale de Varsovie,  mon épouse et moi embarquons dans un vieux train-couchettes des années 1980. A l’intérieur, des inscriptions en quatre langues découragent les passagers de passer la tête par la fenêtre (écrit en polonais, allemand, russe et français ; un choix linguistique qui témoigne d’une époque révolue mais pas forcément regrettée). A bord du tortillard qui nous emmène vers la station balnéaire de Chałupy [prononcez  ‘Rhawoupè] située sur la fine péninsule de Hel baignant dans la belle mer baltique, mon épouse et moi découvrons un jeu de plateau qu’une amie varsovienne nous a offert deux jours avant et qui remporte un vif succès auprès de la jeunesse polonaise : il s’agit de « Kolejka » (« la queue »). La règle du jeu est simple, parvenir le premier à faire ses courses dans une société de pénurie rongée par la corruption. La version française du règlement explique  que ce jeu « a pour but de nous montrer la réalité dans laquelle vécurent les Polonais pendant des années où leur fut imposée l’impitoyable dictature communiste, fondée sur le système soviétique. Pour près d’un demi-siècle, les Polonais furent dépourvus de leurs droits fondamentaux » (sic).  Bons joueurs, les Polonais conjurent l’une des périodes les plus tragiques de leur histoire par la dérision. Heureusement, le communisme « soviétoïde » n’est nullement inscrit dans l’ADN des peuples. Ainsi, je crois pouvoir dire que la Pologne a presque fini de se relever de ses quarante-cinq ans de totalitarisme comme je ne désespère pas que la Russie puisse un jour prochain se relever définitivement de ses 70 ans de régime sanglant et arbitraire.

Aucun esprit chagrin n’a d’ailleurs contesté l’entrée de la Pologne dans l’Union européenne en 2004. Aujourd’hui, le pays présente la plus forte croissance économique de l’Union et le pouvoir d’achat de ses habitants ne cesse de croitre lentement mais sûrement. La Pologne est d’ailleurs le seul pays de l’Union à ne pas avoir connu la récession depuis 2008. Au-delà de ces aspects matériels qui peuvent agacer le lecteur éthéré – mais ne peuvent sûrement pas être écartés d’un revers de la main en considération des privations, voire des carences terrestres et spirituelles de la population pendant 50 ans –  il est une réalité humaine tout aussi importante sur laquelle je voudrais insister en revenant à ma carte postale estivale. Le week-end dernier, je me promenais à Varsovie dans la rue Nowy Świat (le Nouveau monde), parfois surnommée « les Champs-Elysées polonais », avec deux amis français fraîchement débarqués. Curieux de connaître leur première réaction et craignant de générer une interférence dans leur jugement, je me taisais et attendais patiemment qu’ils prennent l’initiative d’un commentaire. Au bout d’une demi-heure environ, le premier observa : «mais c’est incroyable, il n’y a que des blancs dans ce pays ! ». Et le second de rétorquer « oui, c’est marrant, on se croirait dans un film français des années 60». Il ne voulait aucunement faire allusion à une quelconque atmosphère désuète mais plutôt au caractère mono-ethnique de la population, à l’image de celle que l’on voit dans les films de Jean-Pierre Melville ou de Georges Lautner. Dans l’heure qui suivit, mes deux camarades eurent beau chercher parmi la foule, ils ne trouvèrent aucun représentant des communautés arabe, bantoue ou turque. Ils ne dénichèrent aucun niqab, aucune gandoura, aucun kamis, aucun boubou. Pendant toute la durée de leur séjour, ils ont observé une population homogène de leucodermes à faire pâlir – si je puis dire – les défenseurs bien-pensants de la diversité et autres gourous du multiculturalisme. « Beaucoup trop de  blancos dans ce pays ! » dirait le ministre Manuel Valls. Le vacancier méfiant se demandera légitimement si la périphérie varsovienne présente la même cohésion ethnique que celle des artères centrales de la capitale. « Tak » (oui), lui répondrais-je immédiatement. En effet, lorsque j’accompagne mon épouse désireuse de visiter ses amies en banlieue, je suis impressionné par l’ambiance que j’y trouve : des barres d’immeubles de couleur grisâtre qui n’ont rien à envier à leurs homologues de Seine-Saint-Denis. Excepté qu’en Pologne, la population des banlieues ressemble étrangement à celle des cœurs de villes. Certes, les vêtements portés ne sont pas du dernier cri comme on peut les voir dans les quartiers chics et branchés de Varsovie. D’autre part, le mobilier urbain des banlieues est en bon état à défaut d’être neuf, les abords et les rues sont propres, les murs sont gris mais quasiment dénués de tags. Par ailleurs, dans les parcs de ces banlieues, j’observe une véritable mixité sociale, pas celle que tente de nous imposer nos dirigeants depuis quarante ans, je veux parler d’une mixité au sein d’une communauté nationale, dénuée de tensions  communautaristes et identitaires. D’ailleurs, mes amis français qui viennent de découvrir la Pologne, ont spontanément témoigné de cette appréciable absence d’agressivité dans les quartiers de Varsovie, y compris nuitamment et dans les couloirs et souterrains publics. Puisque l’idéologie communiste n’est pas inscrite dans l’ADN des peuples, un demi-siècle de dictature sera bien vite oublié dans l’histoire de la Pologne. En revanche, le pays n’a pas eu à affronter un demi-siècle d’imposture multiculturelle et de politique immigrationniste, il n’a pas subi d’islamisation ni de recul sur le plan civilisationnel, obérant  son avenir, compromettant sa cohésion nationale et sa prospérité. Oui, la Pologne a raison d’entretenir le souvenir de son passé, avec dignité comme elle le fait avec son émouvant Musée du soulèvement de Varsovie, ou avec humour au travers d’un jeu de société. Oui, la Pologne peut se pencher sur la responsabilité collaborationniste du général Wojciech Jaruzelski mais elle devrait finalement se réjouir de n’avoir pas subi un « grand remplacement » de sa population, programmé pas des dirigeants saboteurs irresponsables depuis quarante ans.

Mais revenons à nos bisons.., je vous invite vivement  à visiter la Pologne. Offrez-vous un vol Paris-Varsovie, il vous en coûtera deux heures de voyages et environ 200 euros. La seule différence entre les deux compagnies rivales Air France et Lot se résume par  la collation servie à bord : un sandwich au thon pour la première contre un sandwich (haram) au jambon pour la seconde.  Cher ami lecteur, envolez-vous pour la Pologne, promenez-vous dans les campagnes de Mazurie ou de Poméranie, flânez dans les métropoles de Varsovie, Cracovie ou Gdańsk, prolongez l’excursion dans les cités périphériques, et vous y rencontrerez des Polonais, certains riches, certains modestes. Ouvrez les yeux, regardez les ouvriers sur les chantiers, levez la tête, regardez sur les échafaudages, vous ne verrez pas d’Africains de Maghrébins ou de Turcs.

Entrez dans les commerces et les restaurants, vous ne verrez pas de Tamouls ou d’Haïtiens. Regardez les personnels employés dans la collecte des ordures ménagères, vous ne trouverez pas des Maliens de la province de Kayes. Regardez les chauffeurs de bus et de tramways, ce ne sont pas de jeunes salafistes à la fine barbe… Pour être parfaitement honnête, je devrais rapporter une précision donnée par mon épouse varsovienne : certains de ces ouvriers que je prenais pour des Polonais sont des Ukrainiens ou des Biélorusses. Certes, vous observerez que la Pologne n’a pas le passé colonial de la France. Deux objections à cette juste observation : 1) la France n’a jamais colonisé le Nigeria, le Pakistan ou le Sri Lanka. 2) certains pays occidentaux dépourvus d’anciennes colonies ont pourtant fait des choix politiques assez récents, orientés par l’idéologie « multiculturaliste », tels que les pays scandinaves, à commencer par la Suède.

Pour finir, je voudrais revenir sur la très agréable rue Nowy Świat qui mène de la place du général de Gaulle au château royal de Jean III Sobieski, roi de Pologne et duc de Lituanie. Rappelons que ce souverain prégnant dans le patrimoine national a défait la grande armée ottomane au siège de Vienne en 1683, gagnant ainsi la qualité de sauveur de l’occident. Et si nous commencions par rebaptiser la place de la Concorde, en la dédiant au maire du palais Charles Martel ?

Guillermo Dias

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