Portrait de Macron en Président : quel message ?

Même si elle est déjà détournée de manière satirique,  la photo officielle du Président Macron, dans l’ensemble,  suscite un large consensus d’avis  favorables chez les journalistes ou les hommes politiques interrogés.

On y apprécie la rupture avec la photo conventionnelle, un brin figée, qui était  souvent celle de ses prédécesseurs. On voit  dans la posture assise sur le bureau, un brin de  désinvolture du meilleur aloi, dans les mains fermement agrippées au rebord du meuble, un signe d’énergie, et dans les deux iphones à portée de main, un gage de modernité.

Les photos des prédécesseurs avaient le mérite d’être claires et d’envoyer un message immédiatement lisible : De Gaulle et Pompidou, solennels et monarchiques  dans leurs atours de grands maîtres de la Légion d’honneur,  Mitterrand studieux assis devant une bibliothèque, un livre ouvert à la main,  Giscard d’Estaing et Chirac apportant une bouffée d’air frais à l’image présidentielle, le drapeau flottant au vent pour le premier, les jardins de l’Elysée plutôt que la bibliothèque pour l’autre,  Sarkozy inaugurant le drapeau européen, François Hollande, rondouillard, cravate de travers,  dans les jardins tel  le sous-préfet aux champs qu’il était.

La  photo de l’actuel président, plus complexe, moins facile à décrypter, est chargée en multiples symboles au point qu’on  pourrait la trouver surencombrée.  Trop de choses.  Le bureau est un peu fouillis. Des livres,  ouverts, fermés. Deux smartphones.  Encombrée et hétéroclite :  une horloge dont on peut se demander ce qu’elle fait là.  Un mélange des genres :  scène d’intérieur mais qui laisse largement voir les arbres  et le ciel par la fenêtre ouverte.

La dernière des photos présidentielles en date se veut peut-être une synthèse des photos précédentes.  Ou bien elle veut afficher la distance avec ses prédécesseurs de l’actuel président… et son auto-célébration.

Le bureau est plus encombré que celui de Mitterrand. C’est le signe que l’on y travaille. La bibliothèque traditionnelle a laissé la place à quelques livres seulement, mais ouverts… donc lus, et non plus anonymes mais identifiés dont l’un, Le rouge et le Noir. Faut-il y voir de la part de celui qui niait il n’y a pas si longtemps l’existence d’une culture française, une pique  envers  Sarkozy que la Princesse de Clèves avait fait beaucoup souffrir ? Le livre ouvert, les Mémoires du Général de Gaulle, trace une ligne directe entre le Premier et le dernier Président de la V° République… et  éventuellement, court-circuite  les autres.

L’horloge, insolite, laisse davantage perplexe et prête à plusieurs interprétations qui peuvent  d’ailleurs se superposer les unes aux autres.  Un rappel de  la phrase  aux accents ésotériques « Je resterai le maître des horloges », que Macron avait prononcée quand Marine le Pen l’avait précédé à l’usine Whirlpool ? Symbole de la durée : j’y suis j’y reste ? Rigueur derrière la jeunesse et la désinvolture ? Temps ancien de l’horloge  et temps modernes des Iphones dont Macron assurerait la continuité ? Allusion au Grand Horloger de Descartes et Voltaire ? Symbole maçonnique ? En tout cas, signe d’une volonté de maîtrise.

Enfin,le personnage, posant devant l’embrasure d’une fenêtre ouverte, est ainsi surencadré et magnifié. Derrière, la ligne de fuite, qui entraîne l’œil vers  les jardins, place  la tête du personnage à demi-assis dans la cime des arbres, presque dans les étoiles. Contrairement à la photo  où Sarzozy  était dominé par les drapeaux français et européen, ces deux  drapeaux, placés de part et d’autre de l’actuel  président, relégués à chaque extrémité de la photo, presque cachés, ne lui font pas de l’ombre.

On en oublierait presque un dernier détail, ô trois fois rien, une vétille, détail si infime qu’il n’a quasiment pas été  commenté : à gauche, le drapeau français,  à droite, le drapeau  européen.  En déchiffrant l’image dans le sens de la lecture, doit-on y lire : passé, avenir ?

Florence Labbé

 

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17 Commentaires

  1. moi la fenêtre ouverte ma fait penser au message suivant entrez c’est ouvert !

  2. Ce petit Narcisse est bien capable de nous envoyer son portrait dédicacé à accrocher obligatoirement dans le salon devant lequel il faudra bien sûr se prosterner tous les matins en remerciant Zupiter pour cette si belle zournée à venir et en pensant printemps parce que c’est notre prozet.

    Ce n’est toujours pas mon président !

  3. On n’y voit plus que la moitié du drapeau français. Gageons que sur la prochaine il aura totalement disparu. N’y figureront que le drapeau européen avec celui d’un pays du Maghreb.

  4. Le système Macron: décryptage d’un nouveau totalitarisme (L’Imprécateur)

    Aujourd’hui, la question n’est plus d’empêcher Macron de gouverner, il est au pouvoir.

     La Constitution est ainsi faite que, quoi qu’il fasse, prolonger le hollandisme sous d’autres apparences, ou entreprendre une démarche berlusconienne de transformation de la société française (ce qui est le plus probable au vu de ses premières manœuvres pour résoudre les problèmes de la France sur le modèle américain de la gestion d’entreprise par les algorithmes, que l’on peut résumer en « méthode Obama »), il sera toujours à l’Elysée dans cinq ans. http://by-jipp.blogspot.fr/2017/06/le-systeme-macron-decryptage-dun.html

  5. La présence du livre  » le Rouge et le Noir  » au travers des personnages de Julien Sorel et de madame de Rênal peut marquer une allusion à son couple formé avec Brigitte.

  6. Vous ne parlez pas de la présence d’André Gide, de son livre…

  7. Plutôt bizarre tout ce bazar. De la com.bon marché ! Ça va dans tous les sens excepté le bon sens qui exige simplicité, concision et sobriété. Très dissipé tout ça :  » Qui trop embrasse mal étreint « 

  8. Emmanuel Macron, un détail qu’il a voulu que vous voyiez:
    Les « Nourritures terrestres » d’André Gide.
    Gide, surtout pédophiles notoire , « Immoraliste » et amateur de « Portes étroites »,
    Avait jugé utile de se marier pour faire bien dans le décor bourgeois.

  9. Comparé à Macron, Narcisse était un petit amateur… Contempler son reflet dans l’eau ou dans un miroir est un plaisir d’adolescent prépubère comparé à celui de voir son image « photoshopisée » renvoyée par les médias du monde entier ! 😀

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