Portrait du maso bobo (suite)

Le maso-bobo dégénéré suicidaire (encore appelé idiot utile) est un personnage curieux :
– Il pense qu’à cause de Sarkozy, la France n’est plus une démocratie mais une dictature « qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire » ; d’ailleurs il se réfère constamment à la période de Vichy car il est convaincu que la République Française de 2010 n’est rien d’autre qu’une copie de l’État Français de 1940.
– Il n’a jamais écouté une interview de Marine Le Pen mais il prouve son antifascisme en la traitant, dès qu’on parle d’elle, de « salope raciste d’extrême droite ».
– Dans les réunions de famille, il s’indigne des propos de ce « salopard raciste » d’Eric Zemmour et qualifie de fasciste voire de nazi (« reductio ad hitlerum ») quiconque ose émettre la moindre opinion favorable à Zemmour.
– Débordant de compassion chrétienne, il excuse les violences dans certains quartiers (qu’il appelle « ghettos » et où il ne met jamais les pieds), qu’il explique par les injustices sociales et le racisme congénital des Français ; les délinquants multirécidivistes à l’arme de guerre sont des victimes à aider, pas des voyous à enfermer !
– Il aime tout ce qui vient d’ailleurs et déteste tout ce qui vient d’ici ; ainsi, il adore les étrangers, surtout d’origine africaine, noirs ou maghrébins, si possible clandestins illégaux sans-papiers, car ils sont une « chance pour la France » et ont des « droits » ; et il déteste ses compatriotes français blancs, hétérosexuels, d’origine européenne chrétienne, avec papiers en règle, car ce ne sont que des salauds de « sous-chiens » xénophobes, racistes, colonialistes et esclavagistes qui « stigmatisent » honteusement les premiers envers lesquels ils n’ont que des « devoirs ».
– Mère Térésa dans l’âme, il découvre constamment de nouvelles minorités « persécutées » à soutenir, protéger, défendre sans réserve, par exemple les Tibétains contre les communistes Chinois, ou les Roms contre « l’État Français » raciste, ou hier les Africains colonisés par les affreux blancs ; ne distinguant pas minorité autochtone envahie et minorité importée envahissante, il appelle celle-ci « indigène » et n’hésite pas à la soutenir contre la majorité qui l’a accueillie, dans l’espoir, sans doute, de reproduire le « beau modèle » du Kosovo, serbe orthodoxe à 70 % il y a moins d’un siècle et albanais musulman (et
mafieux) à 95 % aujourd’hui.
– Il a lu J.-J. Rousseau et est donc convaincu que les hommes sont naturellement bons mais que la société les corrompt ; il rêve d’une société de bisounours où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » ; il n’a malheureusement pas lu Machiavel, qui exprime un point de vue quelque peu différent, car c’est un auteur « fasciste ».
– C’est un vrai « résistant » qui vit dangereusement ; il est très impliqué dans les associations (subventionnées) droits-de-l’hommistes, antiracistes, sans-papieristes et sans-frontièristes ; il n’hésite pas à signer trois pétitions par jour sur le Net, voire à parrainer un sans-papier ou, plus périlleux encore, à soustraire un enfant de sans- papier aux « rafles » de la police « pétainiste » du gouvernement « vichyste » ; tout cela au nom de la défense de « l’État de droit », évidemment.
– Bien sûr, il milite pour le mariage homosexuel et « l’homoparentalité », et ose rouler un patin à un autre garçon, sur le parvis d’une église, pour dénoncer l’insupportable homophobie de l’Église catholique ; il en vient même parfois à invoquer la laïcité de 1905 ; mais il se garde bien de faire la même chose devant une mosquée, de crainte d’offenser les chatouilleux dévots de l’islam, religion (d’amour, de paix et de tolérance) des pauvres, des opprimés, des discriminés, des victimes, des « damnés de la terre ».
– Il écoute le rap sexiste-raciste-violent-friqué car il croit que c’est de l’art, et même de la musique, exactement comme son modèle Jack Lang s’enthousiasmait, il y a vingt ans, pour cette « forme élevée d’art urbain » que sont les « tags ».
– Pour lui, la photo d’un individu qui se torche avec le drapeau français, c’est de l’art joyeusement irrévérencieux qui mérite une récompense et ne peut choquer que quelques vieux réacs attardés ; tandis que la vidéo d’un autre qui urine sur le Coran, c’est l’inadmissible profanation d’un « livre saint », une intolérable provocation xénophobe, haineuse et raciste d’extrême-droite que la justice doit sévèrement sanctionner.
– Se gavant de bouillie politiquement correcte, il lit Libération, Le Monde, Le Nouvel Obs, Télérama (et Rue89 pour la branchitude) qui lui procurent en permanence cette rassurante pitance pré-mâchée et pré- digérée ; son esprit critique, s’il en a jamais eu un, est mort étouffé depuis longtemps.
– Il est révolté par le débat « nauséabond » sur l’identité nationale, mais il a entendu avec satisfaction Eric Besson, ministre en charge de la chose, affirmer « la France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble » et « Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage » ; bref, la France est une espèce de supermarché où chacun peut venir se servir à sa guise ; et même piller les rayons s’il en a envie.
– Il est outré par la loi raciste contre la burqa puisque « La burqa c’est ma liberté » (de pensée, de religion, d’expression, d’exhibition, de transpiration) et « La burqa c’est mon choix » (enfin, surtout celui des mâles dominants de la famille) ; il pense que la burqa, comme en son temps Moulinex, libère la femme.
– Il nie les racines chrétiennes de l’Europe mais envisage sans émoi l’avenir islamique de celle-ci ; il se réjouit qu’on n’évoque plus Charles Martel dans les programmes scolaires français, et il approuve l’historien comique Jamel Debbouze qui affirme que « L’islam est en Europe depuis 3000 ans ».
– Il répète constamment les mantras bobo-progressistes de la bien- pensance à la mode (« tolérance », « respect », « droits-de-l’homme », « citoyenneté », « diversité », « mixité », « multiculturel », « multi- ethnique », « vivre-ensemble », « solidarité », « générosité », « humanitaire », « antiracisme », « antifascisme », tous les mots en « – phobie », etc.) car il est persuadé qu’ainsi le réel finira par se conformer à ses fantasmes ; mais quand la réalité s’obstine à le contrarier, il la nie vigoureusement et regarde fermement ailleurs ; si vraiment il ne peut faire autrement, il lui trouve mille excuses, s’auto-flagelle comme seul responsable-et-coupable puis se lance dans une humiliante repentance sans fin.
– Citoyen d’un monde où les frontières seraient abolies, il rêve d’une Europe fédérale de régions ethniquement purifiées, débarrassée des nations honnies, et où la langue unificatrice serait l’anglais.
– Instituteur, il refuse d’enseigner à ses élèves ce chant guerrier et raciste qu’est La Marseillaise ; parfois, il pousse même la rebellitude jusqu’à refuser d’enseigner les matières de base puisque les consignes proviennent du pouvoir sarkozyste détesté.
– Enseignant, il connaît les bonnes filières pour que ses enfants étudient dans les bonnes écoles et contournent la carte scolaire (qu’il défend mordicus pour les autres) quand ça l’arrange.
– Habitant le centre de Paris, il n’a pas de mots assez durs contre les banlieusards pollueurs obligés de venir travailler en voiture, quand lui peut prendre son vélo ou utiliser le si tendance Vélib’.
– Il mange bio et n’achète que du café équitable ; il s’éclaire à l’ampoule basse consommation ; il ferme le robinet lorsqu’il se lave les dents ; il tri sélectivement ses déchets ; il limite sa consommation énergétique ; il réduit ses émissions de gaz à effet de serre ; sa dernière lubie est la voiture électrique ; il est un éco- citoyen éco-responsable qui milite pour les gentilles éoliennes et contre les méchants atomes.
– Il est très préoccupé par le bien-être des ours des Pyrénées ou par la survie des ours polaires ; il est peu préoccupé par les souffrances des animaux de boucherie abattus suivant un rite religieux préhistorique ; il n’est pas du tout préoccupé par le sort de ses millions de compatriotes chômeurs (ou futurs chômeurs).
– Dans les manifestations, il peut pousser l’audace jusqu’à traiter les policiers (qui le protègent) de fascistes, un rictus de haine à la bouche.
– Foncièrement pacifiste, il est, en compagnie des « résistants » du Hamas, de toutes les manifestations pour défendre « l’héroïque combat du peuple palestinien » contre « les salauds de juifs », leur armée
(fasciste) d’occupation et leurs colons (intégristes) ; ensemble, ils hurlent « Israël = SS ! » pour clamer leur antisionisme qu’il ne confondent pas avec de l’antisémitisme.
– À l’instar d’une Ségolène Royal demandant pardon au nom du peuple français, il a un peu honte de vivre dans un pays où l’on mange matin, midi et soir quand tant de malheureux dans le monde n’ont qu’un bol de riz par jour ; sa culpabilité le pousse à exiger de la France qu’elle accueille généreusement toute la misère du monde, et puisqu’il s’agit d’une « certaine idée de la France », il trouve normal que la collectivité paye la facture.
– À l’instar de Martin Hirsch, il est prêt à appeler son fils Mohamed pour montrer que l’intégration progresse en France ; plus tard, il acceptera que sa fille soit intégralement voilée ; enfin il se prosternera et lèvera le cul cinq fois par jour ; alors l’intégration de la France à la Oumma sera complète ; Allah akbar !
– En France, il a participé au référendum contre la privatisation de La Poste, il a exigé du gouvernement qu’il retire son projet et il réclame toujours l’instauration du référendum d’initiative populaire ; mais il insulte les Suisses après leur « votation » démocratique sur les minarets, il leur demande de retourner aux urnes pour « bien voter » et il exhorte même les ploutocrates du pétrole à les sanctionner.
– Il peut s’encanailler jusqu’à voter Besancenot au premier tour, mais retourne bien vite chez les socialistes au deuxième, naturellement.
– Bien sûr, il est de « gôche », mais il n’aime pas trop les ouvriers, leur amour du tiercé, du football, des terrains de camping, de TF1…
et le fait que seulement 11 % d’entre eux aient voté Jospin en 2002 ; heureusement, le projet de « care » de Martine Aubry, nouvelle trouvaille révolutionnaire socialiste post-moderne, va tout arranger.
– Il a deux grands amours : la racaille d’en-bas, celle qui parle arabe, nique la France et les « céfrans », envahit toujours plus son quotidien, et pour laquelle il a les yeux mouillés d’amour et de soumission du bon chien-chien envers son maître ; et la racaille d’en- haut, celle qui parle l’anglais mondialisé de l’américanolâtrie (le « globish »), qu’il fait semblant de détester dans la personne de Sarkozy mais qu’il adore hystériquement dans celle du nouveau Messie (noir ou métis, au choix) Obama.
– Sa haine de soi et son masochisme sont si frénétiques qu’il s’efforce sans relâche de tout entraîner dans son suicide : son pays, sa nation, sa patrie, sa langue, sa culture, son histoire, ses valeurs, sa société, son mode de vie, son identité, sans se rendre compte qu’il n’en a pas d’autres de rechange et que seules la barbarie et la sauvagerie prospèrent sur les ruines.
Michel Tonarelli

image_pdfimage_print