Portugal : Il y a 47 ans éclatait la Révolution des Œillets

Souvenez-vous, pour ceux qui étaient nés, du 25 avril 1974. Eh oui, un mois d’avril encore, décidément.
Dans un pays pas loin de chez nous, le Portugal, s’est produit il y a (déjà) 47 ans, ce qui pourrait peut-être arriver chez nous dans moins que pas longtemps. Ce coup d’État des militaires avait le soutien du peuple (tiens donc) et a débouché sur une nouvelle période appelée révolution. Le tout a duré 2 ans.

Les régimes de Salazar jusqu’en 1968 puis de Caetano jusqu’en 1974 avaient instauré des dictatures. Mais c’est surtout la situation en Angola, les guerres pacificatrices des colonies avec la cohorte de jeunes gens qui y ont perdu la vie, qui déclenchèrent la protestation et la révolution. C’était un peu leur Vietnam. Conflits sans fins et meurtriers parmi les appelés.

Déjà, en 1972, le gouverneur de Guinée tire la sonnette d’alarme concernant la guerre inutile et dévastatrice.
En 1973, à l’occasion d’un congrès, des officiers contestent publiquement la politique en cours et leur attachement à la nation. Ça me rappelle quelque chose.

Les militaires créent le MFA, mouvement des forces armées, qui, rappelons-le avec force, est pour une solution démocratique et légaliste. Il propose un programme simple et ambitieux dit des 3 D. Démocratisation, Décolonisation et Développement. Chez nous on pourrait dire, la Parole au Peuple, Remigration et Réindustrialisation.

Le 16 mars 1974 une première tentative de putsch échoue, se soldant par l’arrestation de 200 militaires.
Le 25 avril 1976, comme pour le débarquement de juin 1944, c’est une chanson à la radio qui annonce le départ des militaires pour capturer les points stratégiques. Malgré les risques, la population trop heureuse descend dans les rues et offre des œillets, provenant d’un marché aux fleurs de Lisbonne, aux militaires. Certains les mettront aux canons de leurs fusils. La révolution des œillets était née.

Le Premier ministre Caetano sera envoyé en exil au Brésil. 4 morts après des échanges avec la police politique. Ce seront les seuls de cette révolution.
Les colonies portugaise deviennent indépendantes et la nouvelle et actuelle Constitution a été adoptée le 2 avril 1976. Le 25 avril est désormais férié.
Voici résumé très succinctement ce qui s’est passé et qui risque de se passer en France.

Je suis allé 3 fois au Portugal. J’avoue que c’est un pays qui me plaît. Géographiquement, Lisbonne est une ville magnifique ; démographiquement, j’ai toujours eu de bons rapports avec les Portugais, il suffit de la jouer humble et discret, et concernant l’ambiance, c’est un pays où je me sens bien, peut-être mieux qu’en France.

Je me suis beaucoup intéressé à la révolution portugaise de 1974, j’avais presque 20 ans à l’époque et bien sûr plein d’idéalisme dans la tête. Aujourd’hui je regarde la situation française et je me dis que les conditions ne sont pas loin d’être réunies pour aboutir à une solution identique, les mêmes causes produisant les mêmes effets. S’il devait se produire quelque chose chez nous, nul doute que la population qui n’attend que cela soutiendrait les militaires en leur offrant des… roses peut-être.

Robert CLORIC

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23 Commentaires

  1. C’est clair que moi je soutiendrais une telle initiative et on offrirait des roses à nos soldats voilà une belle idée .

    • Ah non, pas de roses! On a trop vu celle de Mitterrand. Prenons des lys par exemple.

  2. « nul doute que la population qui n’attend que cela soutiendrait les militaires en leur offrant des… roses peut-être. » ou plutôt des chrysanthèmes à porter aux traîtres à la France.

    • plus émouvant encore des cerises , leur temps reviendra-t-il ?
      Les belles et beaux auront le coeur en fête…

  3. Le Mouvement des Forces Armées et le mouvement des capitaines étaient noyautés par des communistes .aux ordres de Moscou.
    A leur tête, les colonels Vasco Gonçalves et Otelo de Carvalho, deux membres assumés du Parti communiste portugais et sui recevaient leurs directives du KGB.
    Le but du coup d’Etat: livrer l’Afrique portugaise à Moscou et faire basculer le Portugal dans le camp soviétique.
    Ces ‘militaires patriotes’, en réalité d’infâmes traitres, ont préparé l’arrivée en Angola d’un contingent cubain de 40.000 hommes. Leur action a plongé les ex-colonies dans des guerres civiles qui ont entraîné des millions de morts, en Angola et au Mozambique, avec l’avènement de régimes sanguinaires se réclamant du marxisme orthodoxe.
    Votre article est une série de mensonges et un tissu d’inepties.

    • Le mouvement des militaires n’était pas homogène. Il y avait Ramalho Eanes, de Spinola, entre autres. Vous croyez que l’Angola, le Mozambique pouvaient rester éternellement portugais ? Personne ne croit plus aujourd’hui que le MPLA ou le Frelimo étaient « marxistes orthodoxes ». Pourquoi pas Mobutu (soutenu par la Chine et la Corée du Nord) pendant que vous y êtes ?

      • Le MPLA a tété soutenu, comme du reste le FRELIMO, par des contingents de mercenaires cubains. Ces militaires portugais n’étaient que des agents du KGB et des traîtres à leur pays. Du reste, ils ont été balayés par l’Histoire. Qui pense encore au Portugal à ce bouffon de Spinola avec son monocle?
        Ce n’est pas tant l’indépendance des colonies africaines que l’on peut déplorer, mais les conditions dans lesquelles ces terres portugaises depuis des siècles ont été honteusement bradées.
        Quant à la métropole, le Portugal est toujours le pays le plus pauvre d’Europe.

        • Compte tenu de l’espérance de vie dans les PALOP, et donc de la jeunesse de leur population, il est difficile d’y rencontrer des gens ayant connu la période d’avant l’abandon soudain par la métropole. Mais ceux qui s’en souviennent en ont tous la nostalgie. Le départ des fonctionnaires et techniciens ayant été si soudain et sans préavis, du jour au lendemain les écoles ont été sans instituteurs, les centrales électriques sans conducteurs et ouvriers, et l’éclatement immédiat des hostilités entre les diverses factions indépendantistes revendiquant (à tort) la « défaite » du Portugal n’a rien arrangé. Dans certaines régions, trente ans plus tard les générateurs électriques n’avaient pas encore été remis en marche depuis le départ précipité des Portugais…

          • J’ignore s’il y avait des mercenaires cubains dans le camp communiste comme il y avait parfois des mercenaires ou des unités corsaires sud-africains dans le camp de la liberté, mais l’armée régulière cubaine était assurément et officiellement présente tant en Angola, leur point d’entrée, que dans les pays voisins lusophones ou non jusqu’à la côte orientale. Par contre les « conseillers militaires » soviétiques (officiers de terrain présents par milliers car assurant les fonctions d’officier adjoint de compagnie, bataillon et régiment) encadraient les troupes nationales (africaines), qui restaient séparées des corps expéditionnaires cubains.

            • Il semble que l’armée cubaine, professionnelle et aguerrie, assumait la guerre avec les autres armées régulières (Afrique du Sud notamment) ou les conquêtes territoriales impliquant passage de frontière (sur appel à l’aide d’un mouvement communiste local). Les armées locales, régulières ou milices communistes, s’occupaient des conflits internes, des « pacifications » de régions prises aux milices anticommunistes, mais en dépit de leur renfort en encadrement soviétique (inutile sans artillerie) ou de la formation de certains de leurs officiers en France (eh oui, sous Giscard !), elles n’étaient pas considérées par le commandement cubain comme suffisamment solides pour leur servir de deuxième échelon.

      • Paskal, « personne ne croit plus aujourd’hui que le MPLA ou le Frelimo étaient “marxistes orthodoxes” est une assertion erronée ou mensongère. Personne ne « croit » mais tout le monde sait que le MPLA, comme le FRELIMO, a toujours proclamé et jamais abandonné le marxisme. Même après la transformation des FAPLA en FAA et la prétendue ouverture politique du régime (autorisation de façade du multipartisme) avec confiscation (interruption) des élections par Dos Santos au début des années 90 (fin du soutien soviétique et retrait cubain), le régime est resté monobloc, et bien que prétendu « de marché » par les pays occidentaux dont les compagnies y exploitent le pétrole, il n’a jamais renoncé à l’idéologie communiste. Seule l’UNITA a été idéologiquement ambigüe, pour recevoir de l’aide chinoise.

  4. Militaires patriotes, vous n’avez qu’un millier de politicards traîtres à la France à interpeller pour assurer le changement politique.

  5. Moi aussi je me souviens tres bien de cette revolution . Un des rares coup d etat a avoir ramene la democratie . A cette epoque, le service militaire existait au Portugal comme en France . Les appeles etaient partis prenante de cette revolution. De nombreux jeunes dont moi meme avons appris a se servir des armes et nous n avons jamais oublies . Messieurs les officiers superieurs , nous n avons pas votre entrainement mais nous n avons pas oublier le maniement des armes . Je suis sure que vous pourriez compter sur l appuis de nombreux anciens reservistes pour vous soutenir aussi en cas de combat , J en fais partis . Creer une garde nationale avec port d arme possible pour tous ceux qui ont effectue leur service national avant 1981 , ceci eliminera les possibles candidats a problemes …

    • Chris Franclibre, en considérant comme « possibles candidats à problèmes » tous les gens de moins de soixante ans vous réduisez singulièrement le vivier de recrutement, et l’espérance d’efficacité et durabilité au combat, de votre « garde nationale ». Vous vous adressez aux « officiers supérieurs », mais toute troupe a aussi besoin d’officiers subalternes, or il n’est pas aisé de commander une section ou une compagnie quand on est sexagénaire… même si la troupe est septuagénaire. D’autant plus qu’en face, le régime et les autres engageront des troupes plus jeunes que les vôtres. Au fait, votre arme de dotation pendant votre service militaire des années soixante, c’était le FSA ou le PM ?

      • Pardon, votre service militaire des années soixante-dix.

  6. Si je me souviens bien, c’est Mario Soares qui a évité le communisme au Portugal. Franco était encore vivant. On a frôlé la guerre..

  7. Les militaires portugais ont chassé une dictature pour mettre en place un régime démocratique.
    C’est amusant de voir les gens qui souhaitent que l’armée chasse le président et le parlement élus en France se réclamer d’eux.

  8. Je me souviens de Jacques Bal le matin sur France inter, il nous passait :
    VÔ BATÊ PÁ TU – BAIANO E OS NOVOS CAETANOS . https://youtu.be/BfPVuhY9Myc Maintenant, France inter on la fuit…. Sympa ce jacques Bal.

  9. Je me souviens d’un gars qui n’avait pas respecté un contrôle de l’armée, et en s’enfuyant, il s’est fait éclater la tête dans une Mini Austin….

  10. Qu’on l’appelle révolution ou coup d’Etat, c’était effectivement l’instauration par la force d’un régime ouvertement communiste avec mise en place d’une économie planifiée. Si le Portugal avait été frontalier des « pays frères », le 25 novembre 1979 (confrontation ultime entre les communistes radicaux et les réformistes libéraux) se serait terminé comme les contre-révolutions de Budapest en 1956 et Prague en 1968, au lieu de voir la défaite du communisme un an et demi après son avènement, et l’exil de certains des révolutionnaires d’avril 1974 vers Cuba, l’Angola ou l’Allemagne de l’Est.

  11. Le 25 avril 1974, c’est aussi la date d’un magnifique fait d’arme, coup de main ou coup de poker selon comment on voit les choses, la prise de l’aéroport de Lisbonne (géré et protégé par l’armée de l’air -légaliste-) par le capitaine José Inácio da Costa Martins, très poliment, sans coup de feu, sans arme et, d’ailleurs, sans troupe. Son exploit, trop méconnu, devrait être un cas d’école.

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