Pour Belkacem, la laïcité ne doit pas s'opposer aux revendications musulmanes

belkacemminutevaA la suite de la décision prise par le maire de Châlons-sur-Saône de ne plus servir qu’un seul menu dans les cantines scolaires de cette ville, la Ministre de l’Education nationale, interviewée par le Figaro a tenu des propos qui s’avéreraient d’une confusion inquiétante s’ils n’étaient pas en fait l’expression d’une pensée volontairement orientée.
Ainsi dans cet entretien Najat Vallaud Belkacem critique la décision prise par le Maire de Châlon-sur-Saône. Ce faisant elle assimile la consommation de viande de porc dans la restauration scolaire à une pratique confessionnelle chrétienne alors que les églises chrétiennes toutes tendances confondues n’ont jamais exigé de leurs fidèles qu’ils consomment telle viande plutôt que telle autre. Ainsi par un contresens probablement délibéré ou par ignorance la Ministre tend à faire passer pour une prescription religieuse chrétienne la consommation de viande de porc .
Partant de là elle considère qu’une cantine scolaire qui sert de la viande de porc , sert en quelque sorte un « menu confessionnel  » qui écarterait de fait les enfants de confession musulmane
Or s’agissant des cantines scolaires il faut rappeler un certain nombre de faits :
D’abord sauf erreur de ma part il n’y a pas d’obligation légale pour les communes de mettre à disposition des enfants scolarisés une cantine scolaire. A l’évidence c’est une facilité accordée aux familles dont l’utilité est indiscutable mais ça n’est pas juridiquement une obligation.
Si idéalement il serait souhaitable que les cantines des établissements scolaires puissent proposer au choix un double menu, pour des raisons évidentes d’économie cela n’est pas toujours possible. Sachant cela il faut quand même rappeler que les responsables de cantine scolaire ont naturellement en vue de diversifier, ne serait ce qu’un d’un point de vue diététique, les menus servis. La viande de porc n’est donc pas quotidiennement servie dans les cantines scolaires.
Les menus étant il me semble affichés à l’avance ou pouvant l’être, rien n’empêche les familles musulmanes – très pratiquantes – de prévoir ce jour là de faire déjeuner à la maison leurs enfants, les écoles primaires ou maternelles n’étant jamais bien loin des lieux d’habitation. Si toutefois les deux parents travaillent ce qui est loin d’être d’ailleurs toujours le cas dans ces familles de musulmans traditionalistes, leurs enfants ont toujours la possibilité, les jours ou la viande de porc est au menu de se faire servir à la place plus de légumes, de fruits ou de laitages.
En outre, dans les cantines qui disposent de four à micro ondes rien n’empêche les familles de préparer à l’avance un plat pour leurs enfants que les personnels des cantines pourront toujours faire réchauffer si toutefois les parents ne rentrent pas dans une logique folle de refuser que la nourriture qu’ils ont préparée pour leurs enfants puisse être réchauffée dans un four à micro ondes ayant pu réchauffer des aliments non halal…
Au fond, comme le précise Bernard Dick dans l’article qu’il a consacré au même sujet, la vision développée par la ministre dans son interview au Figaro, si elle était appliquée in extenso dans les cantines scolaires, viserait à faire des prescriptions alimentaires de la religion musulmane, une contrainte pour l’ensemble des enfants scolarisés dans nos écoles , quelque soit par ailleurs la religion ou non religion de leurs parents .
Ces remarques de Mme Najat Vallaud Belkacem me remettent en mémoire les arrêtés préfectoraux contestant à la mouvance identitaire la possibilité pendant l’hiver d’organiser pour les démunis des soupes populaires contenant du lard et donc de la viande de porc. Sans me prononcer sur les arguments qui avaient pu être mis en avant pour justifier ces interdictions préfectorales, celles-ci me paraissent d’autant plus contestables que les Identitaires n’ont jamais disposé d’un monopole quelconque en matière d’assistance caritative vis à vis des SDF en période de grand froid et que les sans abris de religion musulmane souvant des clandestins venus en Europe à la suite des conflits du Moyen-Orient ont à leur disposition le soutien de nombreuses organisations humanitaires. Mais surtout ce qui est le plus choquant c’est que ces arrêtés préfectoraux étaient en rupture avec les principes laïcs puisqu’ils partaient du principe que les personnes musulmanes ne disposeraient pas de leur libre arbitre et seraient par définition assujettis aux interdits alimentaires de leur religion, l’autorité administrative se chargeant en quelque sorte, en contradiction flagrante avec le principe de neutralité religieuse que sous-tend la laïcité de prendre en compte les interdits alimentaires propres à la religion musulmane. Un comble …. !
Pour revenir à la Ministre de l’Education nationale, si l’on s’en réfère à l’ensemble de ses déclarations : critique de l’interdiction du port du voile par des parents accompagnant des soties scolaires, critiques il me semble (à vérifier) contre la loi interdisant dans l’espace public le voile intégral et ces dernières déclarations au Figaro, on est fixé sur sa vision des choses : pour elle la laïcité, comme le précise Bernard Dick, ne semble pas opposable aux exigences propres à la religion musulmane. C’est plus qu’inquiétant pour une personne qui est à la tête de l’administration chargée de former les générations futures.
Rigdebert Rinocero
https://ripostelaique.com/pour-belkacem-manger-du-cochon-a-la-cantine-est-un-acte-confessionnel.html
https://ripostelaique.com/civitas-fait-sa-guerre-de-religion-contre-les-laiques.html

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