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Pour Daoud et Sansal, la France est devenue le pays de la soumission à l’islam

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Kamel Daoud et Boualem Sansal ont échangé longuement, pour le Figaro, sur le naufrage de l’Algérie, sur la France, l’islam et même sur Albert Camus (article d’Alexandre Devecchio).
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Farouches adversaires de Bouteflika, les deux plus grands écrivains algériens épris de liberté font preuve d’un indéniable courage, alors que l’obscurantisme islamique s’est abattu sur tout le pays, interdisant toute évolution de la société vers la modernité.
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Daoud nous explique comment le souvenir de la colonisation et de la guerre d’indépendance sont exploités par le régime pour entretenir un très fort sentiment anti-Français, bien davantage ancré chez les jeunes que chez les anciens qui ont connu la période coloniale et la guerre.
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Rien de bien nouveau. Les dirigeants algériens se sont toujours exonérés de leurs échecs retentissants en faisant porter le chapeau à l’ex-colonisateur. Et ça marche ! La haine de la France prospère sur le terreau de l’islamisme.
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Après 1962, La période communiste et athée, suite au rapprochement avec l’URSS, n’aura duré qu’un temps. Très vite le pays s’est lancé dans une politique d’arabisation et d’islamisation qui conduira à la guerre civile des années 90, qui opposa le GIA à l’armée et qui fit 200 000 morts, victimes des pires atrocités.
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« Si la guerre est aujourd’hui terminée, rien n’est réglé. L’islamisme a été vaincu militairement, mais il l’a emporté culturellement », nous dit l’auteur.
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« Comme le gaz, l’islamisme occupe tout, il prend tout l’espace », dit Sansal. Toute la société est gangrénée.
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« Nous n’avons plus de citoyens mais des croyants ! »
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Pour nos deux écrivains, le pire est à craindre avec la disparition de Bouteflika, qui pourrait conduire à une alliance entre les islamistes et la nouvelle génération d’officiers, avec l’émergence d’un « Iran sunnite » de l’autre côté de la Méditerranée !
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« Dans les télévisions islamistes, il y a des appels au meurtre » contre nous dit Daoud.
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« Le jour où nous apparaîtrons comme une vraie menace pour quelqu’un du régime, nous finirons par être tués », renchérit Sansal.
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Tel est le climat qui règne en Algérie, après le ratage de l’indépendance, à cause d’une caste dirigeante aussi incompétente que corrompue, qui a dilapidé le pactole du pétrole et du gaz, ainsi que le fabuleux héritage légué par les Pieds-noirs. Impardonnable !
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Beaucoup d’Algériens rêvent de venir en France pour fuir un pays sans perspectives, dominé par des fanatiques qui imposent leur loi.
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Mais pour Daoud et Sansal, « la France n’est plus le pays de Voltaire mais celui de « Soumission » de Houellebecq. »
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Cibles des islamistes et du régime algérien, les deux « dissidents » sont aussi attaqués par certains intellectuels français, biberonnés au politiquement correct, qui leur reprochent de stigmatiser les musulmans et de faire le jeu de l’extrême-droite et des islamophobes.
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Coincés entre le marteau et l’enclume, Daoud et Sansal ne peuvent que faire l’amer constat qu’au pays des droits de l’homme et des libertés, la parole est muselée. Le terrorisme intellectuel fait loi.
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« Les communautés étrangères dans les pays occidentaux votent islamiste. Quel paradoxe ! » dit Daoud.
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L’Algérie est un volcan qui va entrer en éruption à la mort de Bouteflika.
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8 millions d’Algériens en 1962, plus de 40 millions aujourd’hui. À l’islamisme conquérant s’ajoute une bombe démographique à nos portes.
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La France pourrait bien subir le plus formidable tsunami migratoire qu’elle ait jamais connu.
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Et pour prévenir ce danger majeur, Macron n’a rien trouvé de mieux que de signer le Pacte de Marrakech ! C’est ahurissant.
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Jacques Guillemain