Pour éclairer M. Guidère : les femmes, la polygamie et l’islam

Publié le 31 octobre 2011 - par - 249 vues
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J’ai lu avec intérêt l’entretien accordé par M. Mathieu Guidère, professeur à l’université de Toulouse, expert de l’islam et du monde arabe, au JDD suite à la déclaration de Mr Abdeljallil, président du CNT, nouveau maître de la Libye, après le lynchage de l’ancien autocrate de Tripoli, sur l’application de la charia et de la polygamie.
Je suis resté perplexe devant les réponses apportées par M. Mathieu Guidère.
Mon but n’est pas de me lancer dans une polémique stérile mais d’essayer d’apporter quelques éclairages sur la situation des femmes depuis l’apparition de l’islam dans les contrées qui sont sous sa domination, dans la limite de mes connaissances, car je ne prétends pas être un expert en la matière.
Je commence par l’exemple du mariage de Mahomet avec Aïcha. Après la mort de Khadija, la première épouse du prophète qui était plus âgée que lui de plusieurs années et en même temps une riche commerçante de la Mecque et qui jouissait d’une grande liberté, il se fiança avec Aïcha qui avait alors 6 ans et il consomma le mariage lorsqu’elle atteignit l’âge de 9 ans. S’est-il marié avec elle parce qu’elle était déjà veuve pour la préserver d’une déchéance ?
Le deuxième cas que je prendrai, c’est le mariage de Mahomet avec Zaynab bint Jahsh qui était sa cousine et la femme légitime de Zaîd, son fils adoptif.Un jour, il se rendit chez ce dernier mais il s’avère qu’il était absent. Zaynab était en tenue légère. Elle demanda à son beau-père d’entrer mais frappé par sa beauté, il s’exclama ; « Doux Seigneur ! Dieu du Ciel ! comme tu tournes le cœur des hommes ! » et repartit aussitôt. Zaynab rapporta ces paroles à son mari qui alla immédiatement chez le prophète et lui offrit fort obligeamment de divorcer mais il refusa en ajoutant : « garde ta femme et crains Dieu. » Un jour, assis à côté de sa femme favorite Aïcha, Mahomet entra dans une de ses transes prophétiques et quand, il revint à lui, il dit : « qui ira féliciter Zaynab et lui annoncer qu’Allah l’a unie à moi en mariage. » Et Aïcha lui répliqua : « en vérité, ton Dieu semble avoir été rapide pour satisfaire tes prières. »
Dans la sourate XXXIII-2-37 : « Dieu n’a pas placé deux cœurs dans la poitrine de l’homme. Il n’a pas fait que vos enfants adoptifs soient comme vos propres enfants. Appelez ces enfants adoptifs du nom de leur père- ce sera plus juste auprès de Dieu. Lorsque Dieu et son Prophète ont pris une décision, il ne convient pas ni à un croyant, ni à une croyante de maintenir son choix sur leur affaire. Quand tu disais à celui que Dieu avait comblé de bienfaits et que tu as comblé de bienfaits : « garde ton épouse et crains Dieu », tu cachais en toi-même, par crainte des hommes, ce que Dieu allait rendre public.Puis quand Zaïd eût cessé tout commerce avec son épouse, nous te l’avons donnée pour femme afin qu’il n’y ait pas de faute à reprocher aux croyants au sujet des épouses de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci ont cessé tout commerce avec elles.L’ordre de Dieu doit être exécuté.Il n’y a pas de faute à reprocher au Prophète au sujet de ce que Dieu lui a imposé. Mohammed n’est pas le père d’aucun homme parmi vous, mais il est le prophète de Dieu, le sceau des prophètes. »
Ce mariage avait-il été contracté suite au décès de Zaïd tombé en martyr dans un combat contre les infidèles d’Allah, afin de protéger Zaynab d’une mauvaise tournure de la vie? Le doute est permis, car tel n’est pas le cas…
Le troisième exemple que je prendrai est celui de Safia, la juive. Après avoir tué son père, son mari, et toute sa famille, le prophète la prit pour épouse et le soir même de la mort des siens, il fit commerce avec elle.
Y avait-il un prétexte pour l’épouser aussi rapidement ? Pourquoi s’était-il précipité sur elle alors que les autres femmes juives de Yathrib furent vendues comme esclaves?
Je souhaite avoir une réponse précise de la part des spécialistes de l’islam pour ce cas précis.
Et enfin, comment interpréter le refus de Mohamet d’autoriser son cousin et gendre Ali, le quatrième Calife » bien guidé » de pratiquer la polygamie. A ce sujet, les chroniqueurs musulmans rapportent ce qui suit : « un jour, Ali demanda au prophète l’autorisation de se remarier. Celui-ci le regarda, les larmes aux larmes il lui dit : Fatima est ma fille, ma chair et son sang, si elle pleure, je pleure, et si elle rit, je ris. » Ali ne devint polygame qu’à la mort de son beau-père mais surtout le jour de la disparition de Fatima, la fille bien-aimée de son père.
Deux poids, deux mesures. Et pourtant, le verset IV-3 est clair en ce qui concerne la polygamie : « Si vous craignez de ne pas être équitables à l’égard des orphelins.. Épousez, comme il vous plaira, deux, trois ou quatre femmes.Mais si vous craignez de ne pas équitables, prenez une seule femme ou vos captives de guerre… »
On voit que la polygamie n’a pas été instaurée pour sauvegarder l’ intérêt des veuves et de leurs enfants mais pour autre chose…Je laisse le soin au lecteur de faire sa propre interprétation.
A mon humble avis, l’islam, au fur et à mesure de sa progression devint misogyne. D’ailleurs comment le prophète et les musulmans traitent le sexe faible ?
Mahomet a dit selon le chroniqueur musulman El Mouslim :
« la femme qui meurt et dont le mari a été satisfait ira au paradis. »
« une femme ne doit jamais se refuser à son mari, même si c’est sur la selle d’un chameau. »
« mieux vaut être éclaboussé par un cochon que d’être effleuré par le coude d’une femme qui est défendue. »
« trois choses peuvent interrompre la prière si elles viennent à passer devant l’orant : un chien noir, une femme, un âne. »
Omar le second calife ( 581-644) dit selon le chroniqueur musulman Ibn yshak: « empêche les femmes d’apprendre à écrire.Dis non à leurs caprices. »
Ali, le quatrième calife ‘600-661) va plus loin en disant selon le chroniqueur musulman Tirmhidi: « toute la femme est maléfique et le pire c’est que c’est un mal nécessaire. »

On voit bien que l’islam est contre la femme et ce n’est pas la conjoncture sociale et encore moins la situation politique du moment qui ont poussé le prophète de décréter la polygamie. C’était pour casser le statut respectable dont bénéficiaient les femmes arabes païennes.
Dans la paganisme arabe qui était d’orientation féminine, les déesses avaient un statut spécial. A la Mecque, la déesse AL-UZZA, à Taif la déesse AL-LAT et à Médine la déesse Manat étaient les plus populaires, et leurs statues étaient les plus vénérées, tandis que celle du sévère Allah était presque négligée. Et l’homme de la société préislamique était monogame et la femme avait le droit de faire le commerce, de sortir sans voile, de choisir et de répudier son mari de façon matrilinéaire. La polygamie fut introduit par le prophète pour que les femmes produisent plus de petits musulmans et en même temps rabaisser la femme arabe préislamique qui avait énormément de liberté.
L’apparition du nikah dans le coran réduisit le mariage à un simple esclavage sexuel et social…
Alors comment le professeur Mathieu Guidère peut avancer que le prophète a imaginé la polygamie pour protéger les veuves et les orphelins alors qu’il a interdit l’adoption et autorisé le mariage temporaire ou de jouissance ( el moutâa) qui permet à un homme musulman de faire commerce avec une femme en la payant et en la répudiant dans l’heure qui suit ? N’est-ce pas là une pratique qui s’apparente à de la prostitution déguisée ?…

Hamdane Ammar

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