« Pour en finir avec les violences faites aux femmes » de Chantal Brunel

A la question de savoir s’il est possible d’en finir une fois pour toute avec les violences faites aux femmes, Chantal Brunel répond par l’affirmative dans cet ouvrage de 255 pages qu’elle vient de publier aux éditions Cherche Midi.
Mais que trouve t on de nouveau dans ce livre, qu’apprenons nous de nouveau sur ce problème de société que les luttes féministes des années 70 ont mis en exergue sans parvenir à imposer des mesures efficaces pour l’enrayer, de la part de nos responsables politiques de droite comme de gauche? Nous y trouvons, au fil des différents chapitres, des témoignages, des réflexions, des analyses très documentées et actualisées sur la situation toujours aussi tragique pour un trop grand nombre de femmes. Nous y trouvons surtout une liste de solutions concrètes que Chantal Brunel a rédigées et dont certaines ont fait l’objet d’une proposition de loi à l’Assemblée Nationale au cours du premier trimestre 2010.
On se demande ce qu’attendent les législateurs pour mettent en place ces propositions le plus rapidement possible. Car, malgré les luttes et les dénonciations incessantes des organisations de défense des droits des femmes, il y a dans notre pays, des insuffisances notoires en matière de prévention, d’énormes lacunes dans notre droit pénal et les dispositifs mis en place pour lutter contre ce fléau ne sont toujours pas à la hauteur des enjeux par manque de moyens et de volonté politique.
Chantal Brunel passe en revue les différents domaines dans lesquels les violences contre les femmes s’exercent. Depuis les violences dites “domestiques” aux atteintes à l’intégrité des femmes via les sites internet et les pratiques sexuelles déviantes en passant par les violences “ coutumières” encouragées par les tenants d’un multiculturalisme qui détruit nos valeurs et qui déstructure notre société, elle dresse un constat alarmant qui ne laisse personne indifférent.

Dans le troisième chapitre de son livre, elle aborde l’influence des dogmes religieux et des croyances traditionnelles qui maintiennent les femmes en état de soumission et les vouent à des pratiques barbares qui vont des mariages forcés, difficiles à comptabiliser, à l’excision qui concernerait aujourd’hui, en France, au moins 20 000 femmes et 10 000 fillettes, un chiffre effrayant. Chantal Brunel dénonce le relativisme culturel qui « sape nos valeurs républicaines conquises », elle accuse l’intégrisme musulman d’être l’une des cause majeure de la régression des droits des femmes.
Sur ce dernier point, elle précise cependant, comme on l’a souvent entendu lors des auditions de la mission parlementaire, que c’est une secte (le salafisme) qui agit en imposant des préceptes qui n’ont rien à voir avec les textes religieux. Elle accuse certains imams d’être à l’origine, entre autres, de la multiplication des mariages forcés ou arrangés, elle considère qu’une loi est nécessaire pour interdire le port du voile intégral. Chantal Brunel est prudente au sujet de l’islam et elle préfère faire la différence entre islam et islamisme, mais il n’en reste pas moins vrai que la religion musulmane, en dehors du salafisme si décrié qui en radicalise la pratique, est une religion qui n’aime pas les femmes, qui ne leur accorde qu’une place d’éternelle mineures et les relègue ad vitam aeternam au second rang de l’humanité.

Je suis personnellement moins optimiste que Chantal Brunel lorsqu’elle affirme que « l’émancipation des femmes est un processus irréversible ». Je pense que ce qui se passe aujourd’hui en France, comme en Europe, doit nous faire craindre la pire pour l’avenir de nos sociétés occidentales, que les acquis des femmes issus des luttes émancipatrices de notre histoire sont fragiles face à l’offensive de l’islam. La mission parlementaire sur le voile intégral nous montre, malgré tout, que nous sommes à la merci d’une politique préférant le compromis à la fermeté et il nous faut rester vigilant devant la multiplication des atteintes aux droits des femmes dont les musulmanes sont les premières victimes.
Chantal Brunel est une femme de combat qui a des convictions, de l’ambition et beaucoup de courage. « J’écris ce livre parce que je ne décolère pas. Je l’écris comme un coup de gueule » déclare t elle. Mais ce livre, ce n’est pas qu’un « coup de gueule ». Il faut le lire pour comprendre l’ampleur du travail de Chantal Brunel. Il faut le lire pour comprendre qu’il est absolument urgent et nécessaire de légiférer pour combattre, sur tous les fronts, les violences contre les femmes.
Brigitte Bré Bayle
Chantal Brunel est députée UMP de Seine et Marne. Elle est membre de la Commission des finances et vice présidente de la Commission spéciale de l’Assemblée nationale qui examine la proposition de loi pour lutter contre les violences faites aux femmes.

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