Pour sauver leur fonds de commerce, les anti-racistes ont dénaturé le mot racisme

Publié le 2 mai 2011 - par - 858 vues
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« Raciste » est devenu aujourd’hui l’insulte la plus facile à lancer. « Vous critiquez l’islam, vous êtes racistes ! » nous disent certains membres de l’Ufal. Nous avons beau répliquer que « L’islam n’est pas une race, mais une religion. », nous n’arrivons à convaincre personne. Or, si le dialogue s’arrête avant même d’avoir commencé, c’est parce qu’en fait, il y a un quiproquo : le mot « racisme » n’a pas le même sens pour eux et pour nous. Pour ne prendre que la référence la plus facile d’accès, Wikipedia écrit : « Le racisme est une idéologie établie sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes naturels humains, désignés sous le terme de races, qui ont des caractères semblables (physiques, psychiques, culturels, etc.) Le terme racisme peut également désigner un comportement inspiré de cette idéologie ou une attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes : racisme antivieux. »

La ligne de partage entre la bien-pensance vertuiste et la lucidité politique passe par le mot « racisme », que les antiracistes actuels, dans leur angélisme armé, utilisent non pas au sens premier, mais au sens second « d’attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes ». Cette acception du mot « racisme » est absolument nouvelle, elle n’existe que depuis une vingtaine d’années. Il ne sert à rien de dire aux mollusques effarouchées qui n’ont que le mot tolérance à la bouche, que l’islam n’est pas une race, parce que ce n’est pas de cela dont ils parlent: ce qu’ils haïssent de toutes leurs belles âmes gluantes, c’est l’hostilité en tant que telle !

En Occident, l’antiracisme n’est plus le combat contre une « idéologie établie sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes naturels humains, désignés sous le terme de races ». Il n’y a plus que quelques néo-nazis attardés, folkloriques et marginaux pour correspondre à cette définition. Leurs véritables ennemis éradiqués, les antiracistes ont été pris de panique, comme des chasseurs de baleines qui auraient exterminé l’ensemble de l’espèce, car sans véritables racistes, plus besoin d’antiracistes. Aussi se sont-ils donnés pour objectif de sauver le racisme : il m’a toujours semblé étrange que SOS Racisme soit censée combattre le racisme, alors que SOS Baleines veuille sauver les baleines !

Pour sauver le racisme, les professionnels de la dénonciation en ont changé le sens, un peu comme des chasseurs de baleines qui auraient décidé de rebaptiser toutes les sardines « baleines ». Certes, il fallait convaincre ensuite les consommateurs que la sardine, c’est de la baleine, mais à force de matraquage médiatique, rien n’est impossible. Faire émerger ce second sens du mot « racisme », a assuré un gisement infini de « racistes » à ceux qui font le métier de les traquer. Car si être raciste, selon la novlangue des bien-pensants, c’est éprouver une « hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes » tous ceux qui pensent un tant soit peu par catégories et qui ne croient pas que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » deviennent de facto des « racistes ».

L’antiracisme en ce sens n’est que la traque infinie de tous ceux qui ont le malheur d’élaborer la théorie de leurs inquiétudes et de leurs détestations. C’est un angélisme dogmatique, qui part du postulat fallacieux que toute inquiétude et toute hostilité entre les hommes ne peut être que folie et crime. C’est aussi un infantilisme intolérant, car il combat toute pensée critique, c’est-à-dire qui réfléchit par catégories.
Pour le dire plus simplement : dans la vie réelle, n’en déplaise aux imbéciles qui pensent pouvoir décréter l’entente entre les hommes, « l’hostilité entre des catégories de personnes » existe depuis toujours. En redéfinissant le racisme comme « une attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie de personnes », les antiracistes ont commis une escroquerie commerciale : ils ont trafiqué l’étiquette que portaient nombre d’actes humains banals. Cela explique pourquoi, alors que plus personne n’accorde de crédit aux théories raciales, un tiers des Français se serait déclaré raciste en 2005, selon des sondages fortement médiatisés (1).

Selon le nouveau sens du mot, tout le monde est susceptible d’être raciste, puisqu’à moins d’être complètement insensible, on a tous de temps à autre des mouvements d’humeur hostile vis-à-vis de telle ou telle catégorie déterminée de personnes. Ce qui est grave, c’est que ce néo-antiracisme postule d’emblée qu’aucune hostilité ne saurait être justifiée vis-à-vis de personne, (à part peut-être les laïques, les catholiques, les pédophiles, les violeurs et les chasseurs, reliques des âges farouches qui doivent absolument disparaître au plus vite). Or il est bien certain que s’il y a des haines qu’il faut absolument combattre, car elles ne sont basées que sur des préjugés, il y a des hostilités qui sont parfaitement justifiées, car elles réagissent à des comportements inacceptables pour la paix sociale (2). En ce sens, l’antiracisme contemporain est un irénisme dictatorial (3): le désir de paix et de conciliation de ces grands enfants et leur haine de l’hostilité sont à ce point fanatiques qu’ils combattent sans pitié toute réaction d’intolérance par rapport à des comportements graves.

Illustrant d’une manière caricaturale cet irénisme, SOS Racisme a déclaré à propos de l’agression dans le Noctilien: « Nous tenons en premier lieu à condamner fermement cette agression, et à rappeler que le racisme existe malheureusement pour tous. SOS Racisme n’est pas dupe de la récupération qui a été faite de cette vidéo. Nous déplorons l’usage qui est fait par certains, de cette agression raciste afin de véhiculer leurs propres idées et positions racistes sous couvert de dénoncer le racisme « anti blanc ». Ces personnes dévoient le combat contre le racisme en se parant des habits de l’antiracisme, SOS Racisme reste très vigilant vis-à-vis de ces dérives. » (4)

S’empêtrant dans la contradiction initiale de sa définition de l’antiracisme comme « hostilité à toute hostilité », SOS Baleines reconnaît tout d’abord que « le racisme existe pour tous », (ce qui laisserait entendre que même les Blancs pourraient en être victimes) pour affirmer ensuite que la résistance des « Blancs » et la dénonciation d’une « agression raciste » seraient du crypto-racisme. On est suspect si on crie au racisme anti-Blanc, car cela serait du racisme anti-non-Blanc. SOS Baleines pratique donc un antiracisme à deux vitesses. Ainsi, ces subtils jésuites désarment avec bonne conscience tous ceux qui s’indignent des agissements intolérables de certaines « catégories de personnes », et se révèlent de facto les fossoyeurs bien réels du « vivre ensemble » qu’ils prétendent défendre.

La paix sociale ne saurait avoir de plus fourbes ennemis. Celle-ci ne saurait être restaurée qu’en abolissant la nouvelle définition du racisme, et en reconnaissant l’existence de l’hostilité entre des « catégories de personnes » pour exiger de chacune civilité et respect de la loi, quelle que soit sa couleur de peau. Ne pas dénoncer le racisme de certains Noirs ou de certains Arabes envers les autres catégories de la population, sous prétexte que le faire, ce serait stigmatiser toute leur communauté ou leur « race », revient à accorder un statut privilégié à une communauté raciale, donc pratiquer un véritable racisme à l’ancienne.

Le nouvel antiracisme luttant exclusivement contre l’hostilité des Blancs envers les non-Blancs, fait des non-Blancs une race à part, discriminée positivement, parce que blanchie a priori de toute accusation de racisme. Or, à moins d’être véritablement un raciste à l’ancienne, on ne peut contester que les non-Blancs pensent aussi par catégories, et qu’ils puissent avoir donc une «attitude d’hostilité systématique envers une catégorie déterminée de personnes ». En dernière analyse, le nouvel antiracisme diffuse donc des préjugés à propos des non-Blancs, non plus des préjugés défavorables, comme l’ancien racisme, mais des préjugés favorables. Considérant les non-Blancs comme naturellement supérieurs aux Blancs, puisque incapables de racisme, le nouvel antiracisme n’est donc que l’ancien racisme à l’envers.

Le problème posé par l’antiracisme dépasse le cadre de la France, comme l’explique Alain Finkielkraut en parlant de Durban 2 : « Tout l’art de cette novlangue antiraciste est d’investir le discours du bien pour intimider toute dénonciation du mal. Je pense que cette novlangue sévit aujourd’hui à l’ONU, dans ces conférences de Durban, et qu’on ne peut pas cautionner cette imposture. (…) Je voudrais opposer à l’esprit de Durban 2, l’esprit de La journée de la jupe. » (5)

L’antiracisme, en tant que haine implacable de toute attitude hostile, est forcément en contradiction avec lui-même, mais méconnaît son intolérance radicale. Aussi peut-il se montrer particulièrement odieux, et révéler en toute innocence son aspect réellement raciste, comme vous pourrez le voir avec ce petit spot conçu par les cerveaux congelés de quelques élèves alsaciens, « pour sensibiliser les lycéens et apprentis de la région au respect de l’Autre dans ses différences », avec la bénédiction de l’Académie de Strasbourg. C’est une histoire de transports en commun, et on regrette pour une fois qu’il n’y ait pas eu de caméras de surveillance : Madame broie du noir. (6)

Radu Stoenescu

Philosophe

Publié le 14 avril 2009 par Radu Stoenescu – Article du nº 084

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Nationalisme_racial#Sondages_sur_la_question_du_racisme 

(2) Voir mon article L’islamophobie est-elle un humanisme ? https://www.ripostelaique.com/L-islamophobie-est-elle-un.html

(3) Irénisme : Attitude d’esprit selon laquelle on tolère de façon tranquille des erreurs graves, par désir exagéré de paix et de conciliation

(4) http://www.sos-racisme.org/SOS-Racisme-condamne-l-agression.html

(5) http://www.dailymotion.com/video/x8shm6_durban-2-novlangue-et-antiracisme_news

(6)
http://www.dailymotion.com/video/x8tckz_madame-broie-dunoir_shortfilms

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