Pour tous les Mohamed Merah, il faut tuer ceux qui ne partagent pas l’idéal islamiste !

Publié le 26 mars 2012 - par - 1 184 vues
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On ne cesse de s’étonner qu’un garçon aussi gentil que Mohamed Merah ait pu commettre les actes que l’on sait. Ce faisant, on oublie que n’importe qui peut tuer volontairement, qu’il soit gentil ou pas, cultivé ou pas, tolérant ou pas, croyant ou athée. Le meurtre et l’assassinat relèvent de l’homme. Aucun animal ne tue ! Aucun animal n’assassine ! Et pour cause : aucun animal ne dispose d’un discours préalable, d’un livre de référence, d’une intention politique, d’un dessein ou d’une résolution, bref d’une idée de lui-même, de l’homme et du monde. Aucun animal n’est animé de haine ou de vengeance. Aucun animal n’obéit à quelque consigne ou quelque Dieu que ce soit ! L’animal cherche la nourriture et l’abri : il ne cherche pas la lumière. La lumière est  un fait de l’homme. La barbarie aussi ! Car la barbarie a sa lumière. Un attentat peut être revendiqué, un meurtre célébré, un massacre fêté, un génocide valorisé : les exemples historiques ne manquent point !

C’est donc une erreur monstrueuse que de vouloir nier la monstruosité naturelle et culturelle qui habite en chaque homme. Tuer peut être un plaisir, et un plaisir d’autant plus facile qu’il est facile de tuer quand on nous dit qu’il est juste de le faire ! Il suffit alors que ce plaisir soit sanctifié par une idéologie ou une Transcendance, et le meurtre devient le sens même d’une vie ! C’est tout le problème de l’intégrisme.

L’intégriste est convaincu de la valeur incomparable de son acte, car son acte l’engage pour de bon. L’intégriste ne fait pas semblant : c’est l’homme d’une seule cause à laquelle il dit «oui !». Ce «oui !» est absolu, au même titre que la cause. Cette cause lui permet d’échapper à l’enfermement de l’ego : qu’elle soit politique, morale, métaphysique, religieuse ou autre, elle est toujours un idéal, et l’idéal est toujours à servir, puisque c’est l’idéal !

Voilà pourquoi l’intégriste s’oublie pour les autres, sans oublier de les tuer s’ils s’opposent à son idéal ! Peu importent ici les risques encourus ou la monstruosité de la tuerie : l’idéal qui les sous-tend valide l’intégralité du projet. La vie à haute tension est déjà une récompense. Le passage à l’acte lui-même est la certitude d’un prestige qu’une raison supérieure saluera immanquablement. D’où l’obstination, l’intransigeance et la fierté de ce type d’individu. D’où l’immuable des valeurs qu’il fait siennes. D’où la lecture conjoncturelle de la société à des fins de renouveau radical. D’où cette redoutable «vérité» qu’il possède et qui le possède jusqu’à vouloir tuer et mourir pour elle. Ceux qui tuent et meurent volontairement pour ce genre de «vérité» ne tuent point et ne meurent point : ils vivent éternellement !

Il va falloir apprendre tout cela, car les Mohamed Merah sont plus nombreux qu’on voudrait nous le faire croire.  Il va surtout falloir comprendre qu’on ne peut se défaire d’une telle «vérité» sans se défaire de notre frilosité à l’égard de l’intégrisme politico-religieux. Bref, il va falloir accepter l’idée qu’on ne pourra jamais se défaire de cette barbarie par la tendresse !

Maurice Vidal

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