Pourquoi Caroline Fourest est-elle si fortement détestée ? (Deuxième partie)

CAROLINE ET LES ISLAMOPHOBES

Dans la partie précédente «  Vrai pouvoir et « amour de la haine » de Caroline Fourest », je montrais que différentes méthodes d’attaques de Caroline suscite une réprobation de plus en plus forte, voyons ici d’autres cas : son jeu de chat et de souris avec ceux qu’elle accuse de « racisme anti-musulman ».

La violence commence là où les paroles  ne sont plus possibles. Or  Caroline ferme la voie du dialogue, de la parole. Ou plutôt elle n’utilise la parole que pour en faire dire suffisamment par sa proie pour pouvoir retourner ses propos contre elle. Trompant sa proie, se moquant d’elle et la narguant. Ce qui inévitablement produit une exaspération, un énervement et un désarroi, que Caroline présentera comme de la « rage ». Caroline parle tant de la « rage »  ou de la « fureur » de ses proies piégées, qu’elle parait y prendre un évident et malsain plaisir (  « Il faut désormais les appeler par leur nom. La rage, la haine de ces ligues » http://www.huffingtonpost.fr/caroline-fourest/islam-fete-de-l-humanite_b_1888441.html

« Saïd Bouamama, connu pour sa rage contre l’universalisme. Leur état de passions, de vengeance, me fait dire qu’ils ont drôlement soufferts de mes méthodes à moi : l’enquête et l’argumentation. »

http://carolinefourest.wordpress.com/2011/12/10/lintimidation-version-marine-le-pen/  « notre livre sur Marine Le Pen. Il s’agit d’une « contre-biographie » sérieuse, mais qui l’a rendu furieuse. »)

Ri7Fourest Venner - CopieLà encore dans  sa misère morale, Caroline confond l’émotion, la sensation réactive, momentanée (énervement, désarroi) avec le « péché capital » de « colère », ce mouvement qui consiste à entretenir l’énervement ressenti lors de l’agression et le dépit ressenti lorsque le piège s’est refermé (« rage ») pour mieux préparer une vengeance.

Tous ces moyens ne peuvent susciter que l’écoeurement. Mais par ailleurs Caroline suscite aussi le rire, même quand elle accuse à tort et à travers les critiques de l’islam de racisme, en expliquant   que l’intégrisme est la dérive politique d’une religion, que l’islamisme ne doit pas être confondu avec l’islam, « l’islam n’est pas incompatible avec les valeurs républicaines, pas plus que n’importe quelle autre religion » et en répétant « qui peut sincèrement croire que je suis raciste ou même islamophobe ? Quand tous mes écrits dissocient l’Islam de l’islamisme » http://www.huffingtonpost.fr/caroline-fourest/islam-fete-de-l-humanite_b_1888441.html

Assurément une femme qui affirme tout au contraire : «J’ai décidé de combattre l’islam. Attention, je dis bien : combattre l’islam. Pas l’islam politique, pas l’islam militant, pas l’islam radical, pas le wahhabisme, mais l’islam tout court. Je crois vraiment que l’Occident a inventé ces termes pour satisfaire au politiquement correct. En Syrie où j’ai grandi, on dit juste islam. L’islam n’a jamais été mal compris, l’islam est le problème. Mais personne ne dit la vérité, personne ne regarde en face la cause du terrorisme qui est cette machine à laver le cerveau appelée islam. L’islam ne dépend pas de moi, ni d’aucun musulman, l’islam, c’est précisément ce que le prophète Mahomet a dit et fait. Pour comprendre l’islam, il faut lire la biographie de Mahomet. C’est très traumatisant, très choquant. » est une fieffée salope de raciste qui « relève de la justice et de la médecine ».

Ces propos sont du Dr Wafa Sultan, psychiâtre devenue américaine.

La même recommande le livre de André Bostow sur l’héritage de l’antisémitisme islamique (qui cite : « Le coran bien sur devint une mine de passages anti-juifs. Les hadiths n’étaient pas en reste. Les prêcheurs populaires utilisèrent et embellirent ce matériel » (Moshe Perlmann 1964)), et affirme « Jusqu’au jour où j’ai immigré aux USA, je pensais que les juifs n’étaient pas des créatures humaines, qu’ils avaient des formes différentes, des voix différentes de la race humaine. Malheureusement c’est la façon dont j’ai été élevée. »

Ri7Fourest pas laïque racisteMais selon Caroline, critiquer l’islam est raciste, seul un « islamisme » serait antisémite ! Wafa Sultan a étudié l’islam tous les jours pendant sa scolarité, est auteur de livres et de conférences sur l’islam, est devenue médecin psychiâtre, mais que vaut sa parole de pauvre « dissidente de l’islam » « incapable de nuances » ( Fourest, le Monde 2008 « les Dissidents de l’islam ») face au « savoir raison garder » d’une Caroline … ?

Le Cheikh Si Hamza Boubakeur, fort modéré père du fort modéré Dalil Boubakeur, devrait écouter Caroline et supprimer de son manuel de théologie les malheureuses coquilles qui expliquent :

«  Dans une conception aussi théocratique du pouvoir que celle de l’islam, le politique se confond avec  le religieux ».

«L’Islâm est un dogme (dîn) une loi (sharî’a), une communauté et une culture. Intransigeant sur l’unicité et la transcendance de Dieu, le dogme est assorti d’une loi positive qui s’exprime dans un système juridico-théologique complet, cohérent, adapté dans sa construction à la com­munauté humaine dont il entend réglementer le comportement … »

L’imam Mahmoud Chaltut de l’Université Al-Azhar devrait également gommer la regrettable étourderie qui lui fait écrire dans un de ses ouvrages «L’islam est dogme et législation », puisque Caroline lui explique, patiemment, que l’islam est une religion innocente de toute politique …

Messieurs, enfin voyons …

Caroline répète aussi depuis 2006  «  Je me bats pour rappeler à ceux qui seraient tentés de penser que l’islam est moins compatible avec la démocratie que le christianisme qui n’a jamais voulu de la laïcité même s’il est écrit de rendre à César. Dans le coran il existe un très beau verset (..) qui dit «les hommes délibèrent entre eux de leurs affaires »  (Nouvel Obs 9/1/2006).

Il est tout de même dommage, quand on donne des cours à Sciences Po, de ne pas savoir différencier la théocratie de la démocratie. En démocratie, la souveraineté appartient au peuple. Pour l’islam le législateur est Dieu, les sources du droit sont le coran, la sunna etc, et effectivement, dans cette sourate, Dieu explique qu’il est préférable de se consulter plus plutôt que de se jalouser et de se diviser : depuis quand le fait de s’entendre entre citoyens change-t-il quoi que ce soit à la souveraineté ? Ce n’est pas à Jésus que la démocratie a été « arrachée » mais aux Rois, le Vatican ne s’occupe que des domaines restreints du « droit canon » et non d’ « un système juridico-théologique complet », puisque Jesus a estimé que son royaume n’était pas de ce monde et « accomplit la loi » en la remplaçant par un principe, une direction morale, par le « cœur »…

Caroline dit aussi : « Quand j’ai lu le Coran, pour les besoins de mes recherches, j’ai souvent été surprise de son contenu souvent plutôt progressiste. Mahomet s’est battu pour  (…) que l’excision soit modérée (…) » (Nouvel Obs 9/1/2006). Chaque femme appréciera  ce « féminisme d’avant-garde » sans doute… On connait l’épisode de Jésus empêchant l’exécution d’une femme, six siècles plus tard, Mahomet lui a pris comme preuve de la falsification de leurs textes par les juifs, le fait que les rabbins aient voulu l’empêcher de lapider une femme adultère… c’est le progressisme en rétropédalage sans doute.

On pourrait aligner encore des perles. Mais le rire est un peu jaune devant la « fureur » mise par Caroline dans ses accusations de « racisme anti-musulmans » et la déformation honteuse qu’elle fait ou publie de propos d’autrui pour accréditer ses accusations. J’ai découvert récemment, que dans l’article de Caroline Brancher que Caroline publie en 2009 sur une prétendue dérive de Riposte laïque, figure après la citation d’une de mes phrases, un commentaire disant «En résumé, être de culture musulmane, c’est être coupable». Autrement dit, il y a une dénaturation totale d’une de mes phrases, qu’il n’est même pas besoin de rappeler ici, car aucune de mes phrases n’a un tel sens, ne signifie une telle horreur. Pourquoi se gêner n’est-ce pas ? Pourquoi se gêner : mais il ne faut pas s’étonner alors que le public, qui n’est tout de même pas complètement demeuré, fasse savoir haut et fort le peu d’estime qu’il a pour les auteurs de telles calomnies.

Elisseievna

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