Pourquoi Caroline Fourest est-elle si fortement détestée ? (première partie)

Vrai pouvoir et « amour de la haine » de Caroline Fourest

Caroline Fourest  a bien de la chance de disposer de 20 cars de CRS  quand 200 personnes viennent la huer sur un appel lancé au dernier moment : 20 cars, c’est plus que le Président de la République lui-même lorsqu’il se déplaça dans les studios de télévision où devait l’attendre un rassemblement de la « Manif pour Tous » annoncé plusieurs jours à l’avance. ( http://carolinefourest.wordpress.com/2013/04/14/les-homophobes-sont-alles-trop-loin-a-nantes/).

Visiblement, les appuis de Caroline Fourest sont très hauts placés. On comprend mieux la phrase de de Marc Endeweld dans son portrait de Caroline pour la revue Charles « Plusieurs interlocuteurs nous ont même confié – off the record bien sûr – la craindre. Car « Madame Caroline Fourest » (…) s’est fait une place de choix dans l’univers politico-médiatique. »

Bref, même si comme toute femme, elle subit l’expression violente de fantasmes orduriers…  On n’a pas vraiment de crainte pour la sécurité de Caroline. Il n’y a pas non à en avoir pour son opposition aux « islamistes », car elle ne risque pas d’être accusée de blasphème étant donné sa défense bec et ongle de « l’islam-qui-ne-pose-pas-de-problème », au point que Sadri Khiari la qualifie d’avocate de l’islam.

 Il y a par contre des raisons d’en avoir pour ceux à qui elle s’en prend.

« Pourquoi tant de haine » se lamentent Caroline et ses amis ?  

fourest-femenLa réponse en résumé est dans l’article de Caroline elle-même : elle suscite ce qu’elle aime, or elle aime être haïe : elle trouve cela « glorieux » : « J’en suis même flattée. Comme dirait Diderot, « il y des hommes dont il est glorieux d’être haï » ».

Misérable « gloire » … tout découle de cette erreur à la fois morale et politique, sur laquelle elle a basé jusqu’à  présent, avec Fiammetta Venner, toute leur action.

Caroline tente de faire croire qu’elle serait  victime de « haine, rage , fureur et excès hormonaux »,  dues à ses vaillants combats de « féministe » contre « les intégristes », au fait qu’elle est « femme, féministe, homosexuelle, engagée, prônant l’universalisme  et dénonçant le patriarcat, tous les extrêmes en général »  et enfin , « populaire »  selon ses admiratrices (  http://www.marianne.net/martinegozlan/Les-commandos-de-la-haine-contre-Caroline-Fourest_a66.html)

Caroline populaire ? Oui, chez ceux  dont elle flatte une certaine paresse intellectuelle pour les uns – la lire est moins difficile que lire les vrais orientalistes ou juristes  – et un forme d’émoustillement de midinette pour les autres, devant cette fille qui sait se faire craindre, employer des « moyens radicaux » contre « les ennemis », un vrai mec quoi…

En réalité, Caroline est plus pro-gay que féministe (elle est pour la GPA), et ses actions sont contreproductives, à la fois pour le féminisme et contre la violence religieuse. Elle ne fait progresser aucune réalisation féministe et laïque, (refuges, planning, réformes.. ). Son but n’est pas là, son but est l’agression des « ennemis », l’agrandissement de son « tableau de chasse » et par là de sa « gloire ». Et ce par les moyens les plus malhonnêtes et les plus pervers … dont son article d’aujourd’hui même montre l’emploi.

En réalité, Caroline suscite du dégout, de l’exaspération, de l’indignation, chez des personnes parfaitement tempérées, en raison non pas de ses opinions de fond, mais de l’usage de ces méthodes malhonnêtes et perverses.

Un respectable magistrat, avocat général, ni « enragé » ni boutonneux, comme Philippe Bilger a exprimé son « agacement » de ses méthodes : (http://www.philippebilger.com/blog/2011/06/sainte-fourest-.html). Il cite le manque de rigueur, l’usage des « réflexes » politiques, l’insinuation,  et le « serial-mensonge », il parle de « l’impression qu’elle donne parfois de s’adresser avec patience et componction à des débiles,  puisqu’ils ne pensent pas comme elle « , ce qui est un des ingrédients du terrorisme intellectuelle : l’art de susciter la peur d’être évidemment débile si on « ne pense pas comme elle » quand bien même ses arguments ne valent pas tripette. Sur le pouvoir de Caroline comparé au sien, il affirme (en juin 2011) : «  J’ai été évincé d’une émission théoriquement de libre parole (« Cactus » sur Paris Première, aujourd’hui supprimée) parce que je m’en étais pris trop vivement – j’en suis persuadé – à elle qui devait demeurer « intouchable ». »

Sur le fond, l’action de Caroline et Fiammetta est fondamentalement nocive, parce qu’elles appliquent la politique de tous les régimes de terreur depuis la Révolution,  à savoir, la priorité donnée à l’élimination des « méchants », des « ennemis ». Détruire est facile, détruire est sans fin …

Le fait que Caroline fasse « fausse route », route à l’envers même, peut se résumer en un mot, un seul, son mot préféré, selon une interview qu’elle donna en 2008 : « Combat ». Mon combat : Mein Kampf. Mal barré quand on se veut anti-facho.  (http://carolinefourest.wordpress.com/2008/09/11/portrait-de-caroline-fourest-dans-liberation/ )

Or il ne s’agit pas d’un jeu de mot mais bien d’un problème d’orientation politique fondamentale. Lorsque l’on veut vraiment empêcher les totalitarismes, il faut au contraire ne rechercher ni combat, ni ennemis qui vous haïraient, comme l’explique par exemple Liu Xiabo.

Le dissident chinois Liu Xiaobo, condamné en 2009 à onze ans de prisons, écrit du fond de sa prison tout le mal que produit « la mentalité d’ennemi » : « Aujourd’hui encore j’ai été poussé sur le banc des accusés par la « mentalité d’ennemi » du pouvoir. Mais je veux redire à ce pouvoir qui me prive de ma liberté que je persiste dans la conviction que j’ai affirmée il y a vingt ans dans ma « Déclaration de de grève de la faim du 2 juin » : « Je n’ai  pas d’ennemis, je n’ai pas de haine (…) Par ce que la haine peut ronger la sagesse et la conscience d’une personne, parce que la « mentalité d’ennemi » peut empoisonner l’esprit d’une nation, fomenter des luttes à mort, détruire l’humanité et la tolérance d’une société, et faire obstacle à la marche d’un pays vers la liberté et la démocratie, je souhaite être capable de transcender mon expérience personnelle pour envisager le développement du pays et les changements de société, pour faire face à  l’hostilité du pouvoir avec bienveillance, et répondre à la haine par l’amour ». (La philosophie du porc » Gallimard 2011)

La seule façon de ne plus avoir d’ennemis est d’en faire ses amis. ..

N’en déplaise à Diderot, être haï est toujours une défaite, jamais une gloire, une défaite de l’effort que chacun-e doit faire pour répandre le bien, pour désamorcer la haine. Jouir de voir que l’autre vous hait est pure perversion : jouir de voir autrui tomber dans la haine c’est prendre plaisir au mal, définition de la perversion.

Autre perversion, encouragement à l’agression :  Caroline et Fiammetta « excitent » leurs fans, contre les « ennemis », en leur faisant croire que leurs futures proies sont des êtres malfaisants qui veulent leur mort ou les haïssent, afin de pousser leurs fans à les attaquer avec la plus grande virulence. Je connais leur méthode « de l’intérieur » parce qu’elles  ont tenté  l’expérience sur moi, pour m’utiliser contre une féministe célèbre …  Caroline utilise probablement cette technique avec les Femen, si elle leur décrit les opposants au projet Taubira comme elle le fait dans l’article d’aujourd’hui, en utilisant le procédé insupportable du procès d’intention doublé de mensonges ….

Procès d’intention :  170 juristes français, dont les plus grands noms des professeurs de droit civil, dont une professeur(e) émérite connue pour sa défense des droits des femmes, expliquent que ce texte est inapplicable en pratique en raison de ses contradictions sur la filiation, et imposera obligatoirement en raison de la jurisprudence européenne, la gestation pour autrui et un marché des enfants. Caroline n’en a cure, elle assène que les opposants à ce projet sont mus par « la colère » « tournée vers le fait que d’autres puissent avoir les mêmes droit qu’eux : se marier et fonder une famille. . Quelle démence. Et quelle indécence. Il est temps d’y mettre fin».  Caroline sait bien mieux que 170 juristes réunis « déments et indécents », surtout lire les intentions dans les reins et les cœurs …

Et d’en rajouter un peu plus en accumulation d’ insinuations et de mensonges : « Qu’ils planifient de déborder les forces de l’ordre, les défient en faisant des saluts nazi, mettent leurs enfants au premier rang des échauffourées, rouent de coups des journalistes, ou bloquent un train ».

Déborder les forces de l’ordre ou bloquer un train, n’est certes pas légal, mais cela fait partie des actions banales des manifestations revendicatives, qui n’ont jamais tendu à renverser la démocratie, mais seulement, à faire usage du droit de manifester, surtout lorsque le droit de manifester n’est pas strictement respecté par un gouvernement qui délibérément prévoit des emplacements trop peu étendu pour une manifestation, mettant en danger les participants.

Les saluts nazis  ont été signalés sur la base d’une photo douteuse de gens qui se mettaient plutôt à tendre le poing.

« Rouer de coups des journalistes » : il s’agit d’une journaliste, Caroline, qui était venue avec les Femen asperger des familles avec enfant de la mousse toxique d’extincteurs : une telle agression a pu déclencher une réaction de colère violente contre elle, réaction condamnable, mais que Caroline ne peut présenter comme une action délibérée contre « les journalistes » présents, qui ont pu travailler exactement comme ils le souhaitaient.

Parler de la mise en d’avant d’enfant comme d’un acte systématique de la part des manifestants alors qu’il y a eu un cas d’un homme, réprouvé par les autres, est tout simplement odieux. Comme l’accumulation de toutes ces calomnies, et du qualificatif d’ « extrémistes », de « ligues tentant de renverser la République » contre des gens qui n’ont pour but que de manifester leur souci pour les enfants en utilisant le droit démocratique de manifester.

Voilà pourquoi, – surtout à cause de l’agression des Femen accompagnées de Caroline contre des enfants – les participant-e-s ne restent pas muettes quant Caroline parait en public.

Dans la partie suivante, je montrerais les aspects tragi-comiques de certaines de ces attaques, toutes aussi indignes …

Elisseievna

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