Pourquoi est-ce le 14 juillet et le 31 décembre qu’il y a le plus de voitures incendiées ?

Publié le 9 janvier 2012 - par - 1 292 vues
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Plus d’une semaine a passé depuis la nuit du nouvel an et, cette année, pour la première fois depuis plus d’une décennie, on n’a pas entendu parler des incendies d’automobiles. Le journal « Libération », qu’on ne peut soupçonner de complaisance à l’égard de Claude Guéant, a brièvement mentionné une quarantaine de voitures brûlées en Alsace, seule région gouvernée par la droite, et ce fut tout. Rien concernant les autres régions métropolitaines ; à croire que les régions dirigées par la gauche sont par nature exemptées de ce type de délinquance urbaine ou que la politique de sécurité du gouvernement UMP est un succès éclatant. Comment interpréter ce satisfecit décerné au Ministre de l’Intérieur par « Libération » qui, habituellement, ne manque pas de l’éreinter ?

Aucune information sur le décompte exact des autos incendiées durant la nuit du 31 décembre au 1er janvier n’a filtré, ni dans la presse, ni à la télévision, ni par le service de presse du Ministère de l’Intérieur. Mieux encore, aucune information sur ce sujet n’est disponible nulle part ! C’est le black-out total, la censure consensuelle organisée conjointement par les médias bien-pensants de gauche (c’est-à-dire la majorité des médias) et le gouvernement de droite (c’est-à-dire la majorité politique). Cette censure unanime de l’information est d’autant plus surprenante qu’elle associe une gauche traditionnellement laxiste en matière de sécurité à une droite soi-disant répressive dans ce domaine. A quelques mois de l’élection présidentielle qui devrait les opposer, une telle complicité ne peut signifier qu’une chose : au-delà de leurs divergences superficielles, droite et gauche ont un intérêt commun à minimiser (voire à nier) les incendies de voitures de la fin de l’année civile. La gauche, parce qu’elle ne veut pas stigmatiser les banlieues et s’aliéner l’électorat des français issus de l’immigration, la droite parce qu’elle ne veut pas admettre son incompétence sécuritaire et livrer encore une partie de son électorat au FN. Nonobstant, gauche et droite se trompent : d’une part, beaucoup d’immigrés ou de français issus de l’immigration ne se satisfont pas des violences générées par une minorité de délinquants et réclament davantage de sécurité pour leur famille et pour leurs autos (ceux-là ne voteront pas pour davantage de permissivité !) ; d’autre part, les Français habitant en banlieue et votant FN ne cesseront pas de le faire tant qu’ils continuent à constater l’insécurité et les incendies de voitures (parfois de leurs voitures !), même si les médias ont décidé de pratiquer l’omerta à ce sujet..

Quoiqu’il en soit et pour de sordides considérations électoralistes, les statistiques des incendies d’autos sont occultées. Si les chiffres réels étaient diffusés, ils témoigneraient de l’échec cinglant de la politique de Monsieur Guéant et de celle de ces prédécesseurs, messieurs Hortefeux et…Sarkozy, autrement dit de l’échec matériel de la droite dans son domaine de prédilection : la sécurité des biens et des personnes. Ces chiffres témoigneraient aussi de l’échec inquiétant de la politique d’immigration incontrôlée, autrement dit de l’échec moral de la gauche dans son domaine de prédilection : le politiquement correct. Cachons donc les chiffres de la délinquance et…il n’y aura pas de délinquance, donc pas d’autos incendiées ! Par conséquent, il n’y aura pas non plus d’échec de la politique de sécurité et il n’y aura pas enfin d’échec de l’intégration. Tout va très bien, Madame la marquise…

Cependant, au-delà de la vision angéliste de la gauche en matière d’insécurité et de l’incurie du gouvernement de droite dans ce même domaine, il convient de s’interroger sur la signification des deux pics annuels de voitures brûlées: le premier pic (nuit du 14 juillet) correspond à la Fête Nationale, soit un symbole républicain ; et le second pic (nuit du 31 décembre) correspond à une fête religieuse, soit un symbole chrétien à l’origine, même s’il est aujourd’hui largement sécularisé.

A priori, ces deux dates du 14 juillet et du 31 décembre semblent donc n’avoir aucun rapport, surtout dans notre pays censé être laïc. Alors, quelle explication apporter aux incendies de voitures? Ces deux jours (ou plutôt ces deux nuits) étant fériés, s’agit-il de dégradations perpétrées par des salariés ne disposant que de ces moments chômés pour exercer leurs pulsions pyromanes? Ou bien s’agit-il de la colère de travailleurs précaires et mal payés protestant contre la baisse de leur pouvoir d’achat ? Non, car d’une part ce sont souvent des voitures de salariés travailleurs pauvres qui sont brûlées, et, d’autre part, les rares arrestations (et les encore plus rares condamnations) montrent que les incendiaires ne sont pas des travailleurs et sont encore moins des pauvres, bien au contraire, dans la mesure où ils ne travaillent pas, du moins pas officiellement dans des activités légales et déclarées… On remarque en effet que les coûteuses et grosses cylindrées de marque allemande appartenant à des « jeunes » sans emploi déclaré ne sont jamais incendiées durant ces nuits festives.

Il faudrait peut-être avoir le courage de se libérer du carcan et de la grille d’analyse du politiquement correct afin de chercher une signification politique à ces incendies d’autos récurrents et devenus un rituel. Autrement dit, faire l’effort intellectuel de court-circuiter l’autocensure bien-pensante qui régit nos pensées pour chercher du côté d’une idéologie prônant la violence et détestant à la fois les symboles républicains et les symboles chrétiens; symboles qui ont pourtant peu en commun tant la lutte fut âpre entre les institutions républicaines et les institutions chrétiennes à l’époque de la séparation de l’Église et de l’État.

Bien entendu, des autos sont brûlées en banlieue tout au long de l’année : c’est même un vandalisme devenu quotidien et banalisé par la quasi-impunité des incendiaires, souvent mineurs. Mais la recrudescence des incendies d’autos pendant les nuits du 14 juillet et du 31 décembre n’est pas un hasard du calendrier, elle ne peut s’expliquer que par une dimension symbolique antirépublicaine et antichrétienne, elle ne peut se justifier que par une posture d’antagonisme civilisationnel des incendiaires à l’égard de la société dans laquelle ils vivent, elle ne peut se perpétuer que par un lâche et suicidaire renoncement des autorités de la polis à faire régner la sûreté qui, rappelons-le, est un des Droits de l’Homme cité par la Déclaration de 1789.

Autrefois, dans les années 30 et 40 du XXème siècle, il y eut le nazisme qui, en tant qu’idéologie mystico-politique totalitaire, fut l’ennemi commun de la République et du christianisme.

Aujourd’hui, quelle idéologie mystico-politique totalitaire, hostile à la République et au christianisme, a remplacé le nazisme ? Que se passera-t-il quand les incendiaires seront las de brûler des automobiles, ou des supermarchés, des écoles, des postes et des bibliothèques, comme lors des émeutes de 2005 ? A quoi le tour ? A qui le tour ?

 Ce qui se passe actuellement au Nigeria nous donne sans doute des réponses.

Marc Nièvre

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