Pourquoi j’ai renoncé à mon sac acheté en Israël pour sortir dans la rue

Publié le 31 octobre 2012 - par - 4 686 vues
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29 Octobre 2012. Une journée ordinaire.
Ce matin, je devais me rendre à un contrôle médical. On m’avait demandé d’apporter des radiographies anciennes. Je voulus les mettre dans un grand sac. Je trouvai un vaste sac plastique.
Le sac était celui du musée d’Eretz Israël à Tel-Aviv, visité le mois dernier, où j’avais acheté souvenirs et futurs cadeaux.
Alors, une réflexion soudaine, un réflexe plutôt, m’a fait voir l’impossibilité  sécuritaire de balader ce sac dans le métro.
Alors, une grande colère m’a secouée : oui,  je vais  balader ce sac où je veux et quand je veux et  la haine d’Israël en vogue dans mon pays ne doit pas me contraindre à dissimuler le choix de mes voyages.
Alors, je me suis trouvée ridicule d’être aussi craintive, peut-être que  j’exagérais, comme le souligne souvent la presse, ce danger.
Alors me sont venus en mémoire tous les récits d’attaques antisémites, ces rapports du SPCJ, liés ou non à l’image d’Israël, mais on sait bien que les deux vont  de pair.
Alors, j’ai pensé qu’il était stupide de jouer au petit soldat et de risquer des violences, verbales ou physiques et qu’on a le devoir de ne pas se mettre en danger.
Alors, j’ai réfléchi que je jouerais le jeu de l’ennemi, que j’agirais en dhimmi si je cédais à la peur imposée par les ennemis d’Israël, du monde juif, de la liberté, de toutes les valeurs qui me sont chères et que je défends, sans être juive moi-même, mais amie d’Israël.
Alors j’ai évoqué mes proches, agressés sans raisons apparentes, la semaine dernière et je n’ai pas voulu , comme eux, me faire recoudre la lèvre et soigner les ecchymoses à l’hôpital voisin.
Alors, j’ai changé de sac.
Qui me donnera raison ou qui me jettera cette fameuse pierre ?

Laurence Nguyen

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