Pourquoi je ne signerai pas la pétition de SOS éducation bien qu'en accord avec ses termes.

C’est un choix cornélien qui s’offre à moi. Comment ne pas s’associer à ceux qui réclament que les enfants sachent lire et compter et que l’on supprime le collège unique, qui va de mal en pis ?
Ma prise de position peut paraître absurde et paradoxale à première vue, mais elle est réaliste quand on voit la video qui précède et accompagne la dite pétition.
En effet, si un certain nombre de choses justes y sont dites, et notamment la vacuité des revendications syndicales du « toujours plus de moyens », le discours tenu a des relents de poujadisme qui me mettent mal à l’aise.
Certes, la plupart des syndicats enseignants, depuis des lustres, sont les complices objectifs de la dégénérescence de l’école, ayant applaudi des deux mains aux innovations du pédagogisme, du collège unique et autres gadgets ayant conduit à mettre l’élève et non le savoir au centre du système,  pour ne pas parler de leur opposition à la loi sur les insignes religieux à l’école…
Mais faire des administratifs et des responsables syndiqués ayant des décharges les boucs émissaires des dysfonctionnements de l’école, c’est non seulement un mensonge mais une faute, grave. Réclamer au Président de la République, dès les premiers mots de la pétition, de « ne pas céder à la pression des syndicats », au lieu d’affirmer que l’on veut une autre école et rien d’autre, c’est entrer dans le jeu des politiques qui sont en train de faire disparaître, dans l’Education nationale comme ailleurs, les fonctionnaires pour les remplacer par des contractuels, des CDD et même CDI de droit privé qui ne pourront qu’appliquer les desseins ignobles en terme d’éducation de nos élites.
De plus, utiliser un classement américain pour fustiger nos universités, quand on sait à quel point le système scolaire américain, qui faisait tant rêver Claude Allègre, est éloigné de nos traditions, de nos critères de qualité et de notre intérêt est malhonnête.
Mais le fond du problème est bien idéologique.
Quid des dégâts causés par le pédagogisme,  l’influence de Meirieu et les réformes des Jospin, Allègre Royal et consorts ?
Quid des préconisations de l’OCDE (et donc de Bruxelles) pour que la quantité remplace peu à peu la qualité ?  Le taux élevé de chômage des jeunesrésulte peut-être de leur mauvaise préparation au marché du travail, mais il est dû aussi au salaire minimum trop élevé et à la législation de protection de l’emploi. Il se peut en outre qu’il tienne à la réticence des jeunes à prendre un emploi subalterne de peur d’être piégé au bas de l’échelle sur le plan professionnel. Ce dernier facteur est peut-être lié à son tour à l’importance excessive que les employeurs accordent aux diplômes officiels, tant dans leurs décisions de recrutement que dans celles concernant la progression des carrières, au détriment des mesures des performances et des résultats obtenus dans l’emploi.
ll y a là convergence entre l’OCDE et les lobbies des entreprises, comme en atteste ce passage « lumineux » d’un rapport de l’OCDE cité par C. Morrisson dans « Cahier de politique économique n°13″ (1996), « Pour réduire le déficit budgétaire, une réduction très importante des investissements publics ou une diminution des dépenses de fonctionnement ne comportent pas de risque politique. Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse».
Quid enfin, bien que la liste ne soit pas exhaustive, des accords signés entre Bruxelles et les pays exportateurs de pétrole pour que, en échange d’une limitation du prix du pétrole, les Européens favorisent la construction d’instituts du monde arabe et fassent la part belle, dans les programmes scolaires, à la civilisation arabo-musulmane et à l’islam, aux dépens de notre histoire et de nos héros ? (Lire à ce sujet les ouvrages de Bat Ye’or)
SOS éducation joue un dangereux qui pourrait déconsidérer totalement le combat mené par cette association pour l’école. En voyant la video en question, on a le sentiment qu’on essaie de nous manipuler  et de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.   C’est dommage, mais c’est un fait.
L’école doit être remise à plat et reconstruite de fond en comble, or ce n’est pas en s’acharnant sur quelques boucs émissaires, quelles que soient leurs responsabilités et leurs mauvaises actions qu’on la changera. Oui il est honteux que des syndicats ne réclament que des moyens sans s’attaquer au fond du problème, oui il est honteux que des syndicats utilisent l’argent des syndiqués et les subventions gouvernementales pour manifester en faveur des sans-papiers ou en faveur de Gaza, oui les syndicats depuis des années ont encouragé le pédagogisme et ont cassé le service public et tout cela mérite un sévère recadrage, mais cette paille ne doit pas nous faire oublier la poutre, le combat contre la culture, l’esprit critique,  nos valeurs et traditions, la notion de nation. Ce sont nos élites nationales et internationales qui ont engagé ce combat contre nous, avec la complicité de la majorité des syndicats enseignants, certes, mais n’accablons pas les complices pour mieux exonérer les coupables et leur donner un blanc-seing pour continuer.
Christine Tasin
http://christinetasin.over-blog.fr/

image_pdfimage_print