Pourquoi la France aurait besoin d’un Victor Orbàn

Publié le 1 mai 2013 - par - 1 884 vues
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Mais qui est Viktor Orbán ? C’est l’actuel « ministre-président » de la Hongrie

La vie de Viktor Orbán est un vrai roman. Très cher au coeur de beaucoup de Hongrois, il ne s’est pas immolé par le feu comme Jan Palach étudiant en histoire en Tchécoslovaquie le 16 janvier 1969, mais encore simple étudiant, en 1989,  il a osé réclamer publiquement, le départ de l’Armée rouge et l’organisation d’élections démocratiques.  9 ans plus tard, en 1998, son parti de droite, la Fédération des jeunes démocrates (Fidesz), prenait les rennes du pays et à l’âge de 35 ans, il était nommé ministre-président  jusqu’en 2002.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Viktor_Orb%C3%A1n

En avril 2010 le Fidesz  a remporté une victoire historique avec 68 % des sièges au Parlement. Un raz de marée qui traduit un rejet massif par le peuple hongrois des socialistes (ex-communistes) et des libéraux aux commandes du pays et dont la gestion avait plongé la Hongrie dans l’abîme – incurie économique, corruption massive et récession… Cela ne vous rappelle rien !!

Depuis son retour au pouvoir, il y a trois ans et  Viktor Orbán incarne à nouveau la volonté d’un changement radical.

Par son ampleur, la victoire de Viktor Orbán a été le tournant d’un important basculement dans l’opinion. Même si le pays avait été métamorphosé après vingt ans de chamboulements tous azimuts, les pauvres Hongrois étaient las de choix politiques qui ne menaient nulle part.

Le parcours et la réussite de Viktor Orbán impose une comparaison avec la situation actuelle en France, d’où il ressort une grande lassitude des français pour la clique socialo-libérale qui a dirigé le pays pendant plus de 30 ans

Pareillement en Hongrie, la prospérité économique tant promise par toutes les cliques au pouvoir depuis vingt ans n’était pas au rendez-vous. Un chômage de masse perdurait depuis vingt ans avec une fatigue sociale se greffant sur un rejet croissant de toutes les élites technocratiques reconverties non libérées de leur idéologie socialo-communiste. Un ministre du  gouvernement Viktor Orbán de passage à Paris sous Sarkozy, l’exprimait ainsi «  Il est difficile de vanter les mérites de la démocratie alors que 3 millions de Hongrois, sur une population de 10 millions, sont les perdants du changement de régime ».

Face à cette situation, la confiance dans le nouvel ordre démocratique post-communiste s’est effritée causant  la percée d’un parti classé à l’extrême droite (Jobbik) obtenant 16 % des voix en 2010. Et quand Viktor Orbán revient au pouvoir, il y a 3 ans , il sait que les Hongrois sont à bout et qu’il y a une profonde attente de renouveau.

Dès son premier discours, le soir de sa victoire, il prend acte de ce climat d’impatience et donne le ton de son mandat : « Le peuple hongrois s’est aujourd’hui débarrassé du régime des oligarques qui a abusé de son pouvoir, et le peuple a instauré un nouveau régime d’unité nationale. »

Il y a là, en filigrane, les grands thèmes qui dictent la conduite de son gouvernement depuis maintenant trois ans : la volonté d’en découdre, une fois pour toutes, avec un héritage mêlant  socialo-communisme et libéralisme, un scepticisme prononcé envers une forme de capitalisme mondialisé et un farouche attachement à l’indépendance nationale.

Pugnace et volontaire, selon ses partisans, autoritaire et démagogue, d’après ses adversaires, Viktor Orbán n’hésite pas à bousculer le consensus et à remettre en cause les dogmes des vingt dernières années. Son constat est implacable : l’architecture économique et institutionnelle n’a pas produit les résultats escomptés. Il est donc urgent d’en modifier le fonctionnement pour remettre le pays sur les rails. En France, on aurait dit mettre en place les fondements d’une 6ème République.

Viktor Orbán s’est fixé une méthode et une priorité. Sa méthode : il y a urgence à agir pour prévenir l’effondrement du pays et pour restaurer la crédibilité de l’Etat, ébranlée par l’incompétence et le clientélisme effronté de la gauche socialo-communiste qui a mené la Hongrie au bord de la faillite. L’heure n’est donc pas aux tergiversations mais à l’action. Sa priorité : éviter d’imposer une nouvelle cure d’austérité à un pays épuisé, pour échapper au naufrage grec.

C’est surtout sur le terrain économique que Viktor Orbán sera jugé par les Hongrois lors des prochaines élections en 2014. Sa méthode tranche avec les pratiques précédentes. Lorsqu’il est revenu  au pouvoir, Viktor Orbán est devenu l’un des plus virulents pourfendeurs des dérives du capitalisme financier. Il a fait adopter alors une série de mesures qui le classent nettement à gauche sur l’échiquier européen : nationalisation des fonds de pension, imposition exceptionnelle des multinationales. Et il tente, aujourd’hui, d’arracher une réduction de 10 % sur les tarifs du gaz et de l’électricité aux fournisseurs d’énergie. Parallèlement, il a aussi engagé (et remporté) un combat homérique avec le lobby bancaire pour l’obliger à renégocier les taux de remboursement des crédits qui étranglent plus d’un million de ménages hongrois.

Economiquement à gauche mais culturellement à droite, Viktor Orbán échappe aux clivages politiques traditionnels. Son vrai credo est le souverainisme. En cela, il reflète l’évolution des temps..

La Hongrie a cessé d’être un disciple obéissant du libéralisme et affiche désormais une revendication plus sourcilleuse de son indépendance. Par la radicalisation du rejet d’un ancien modèle, la Hongrie est devenue le laboratoire d’un nouveau modèle.

 L’Union européenne ne doit pas construire son avenir sur l’immigration

Extrêmement lucide et très attaché à l’identité Magyar à travers une politique favorable aux familles de souche, Viktor Orbán,  lors d’une réunion informelle des ministres en charge de la politique familiale et démographique,  a déclaré « l’Union européenne ne doit pas construire son avenir sur l’immigration, elle doit renverser les tendances démographiques pour pouvoir préserver sa compétitivité internationale ».

Selon Viktor Orbán, l’Europe est en train de perdre la compétition démographique des grandes civilisations  car la population vieillit et recule. Il a comparé le taux d’emploi de l’Union européenne de 65 % avec ceux des Etats-Unis et de la Chine, respectivement de 75 % et de 85 %. Pour illustrer le vieillissement des Etats membres de l’Union, il a fait référence à des données statistiques indiquant que d’ici à 2050, le nombre de personnes de moins de 14 ans, aujourd’hui de 100 millions, diminuerait pour s’établir à 66 millions, que le nombre de personnes en âge actif, aujourd’hui de 331 millions, reculerait pour s’établir à 268 millions, tandis que le pourcentage de personnes âgées de plus de 65 ans, aujourd’hui de 17 %, atteindrait 31 %.

Pour accroître la compétitivité, il prévoit de renverser la tendance démographique, car la compétitivité ne sert à rien si le nombre de citoyens actifs diminue en Europe, « La compétitivité requiert avant tout qu’il y ait des gens, parmi nous, qui soient en mesure de remporter la compétition avec les civilisations qui sont dans une situation meilleure que la nôtre »

« Soyons clairs, notre patrie commune, c’est-à-dire l’Europe, est en train de perdre la compétition démographique des grandes civilisations », a scandé Viktor Orbán, soulignant que « l’Union ne devait pas construire son avenir sur l’immigration au lieu des familles », et que « pour que les sociétés puissent fonctionner de manière paisible et équilibrée sur le long terme, il était important qu’elles se reproduisent sans aide extérieure ».

Avant les présidentielles de 2017, vous êtes donc invités à observer les résultats de élections de 2014 en Hongrie, pour constater si la stratégie de Viktor Orbán continue de séduire et pourrait faire école.

Huineng

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