Pourquoi l’occident soutient-il l’islam contre l’écrasante majorité des opinions publiques ?

Les intellectuels parisiens de salon ne s’embarrassent pas d’hypocrisie concernant l’islam en général qu’ils considèrent comme une religion honorable et le drame syrien en particulier au sujet duquel ils font de la manipulation à outrance en faisant passer le président Assad pour un méchant dictateur et les pseudo-révolutionnaires, pour des opprimés qui ne feraient pas de mal à une mouche. Pour eux, les djihadistes sont devenus par enchantement des résistants dignes des héritiers de Jean Moulin. A l’exemple du journaliste Claude Askolovitch qui défend l’islamisme contre vent et marées. Il est vrai qu’il est au service de la famille régnante qatarie Al Khalifa. Mais ses prises de position ne sont pas innocentes, car derrière sa défense du voile islamique, se cache une stratégie de l’islam politique qui, à coup de milliards de dollars corrompt les idiots utiles pour maintenir ses adeptes dans la servitude au bon vouloir du prince des croyants.

Donneurs de leçons sur les valeurs morales, ils se considèrent détenteurs de la vérité humaniste tout comme les islamistes se croient détenteurs de la vérité d’Allah. Les deux groupes font bon ménage et s’accordent à réduire au silence toute idée qui va à l’encontre de leur stratégie. L’un au nom des droits de l’homme, l’autre au nom de la pureté islamique. Les méchants, c’est le camp d’en face qui refuse leur oukase.
Depuis quelques jours, les pouvoirs occidentaux et leurs alliés turcs et arabes se sont lancés dans une guerre médiatique sans précédent pour faire plier le régime syrien, après leur échec en Egypte. Et aidés par la bien-pensance intellectuelle, qui manipule les opinions publiques comme une balle de ping-pong, pour désinformer, pour diaboliser, pour désorienter et pour déboussoler. Tout ceci dans un seul but, sauvegarder les intérêts des uns et des autres. Au nom de la mondialisation économique, l’oligarchie planétaire régnante a trouvé un allié stratégique qui se nomme islam. En effet la religion d’amour, de paix et de tolérance a sacralisé le commerce et la propriété. Les oligarchies dans ces pays se rejoignent sur un point : comment dominer les peuples. Les monarques du Golfe Persique qui se lèguent le pouvoir depuis des décennies ont trouvé auprès de l’Occident un rempart contre leurs ennemis laïcs et démocrates musulmans. Ils ont pris en otage l’islam qui leur sert de paravent pour mieux durer. Mais ils ont oublié que face à eux, il y a les Perses qui n’ont pas digéré que l’Occident les relègue au second plan, eux, les héritiers d’une grande civilisation.

Au nom d’Allah qu’ils ont colonisé à leurs profits, les monarchies pétrolières arabes se sont lancées dans une guerre ouverte contre tout progrès dans le monde arabo-islamique pour le grand bonheur de l’Occident qui tire les ficelles et qui leur garantit une protection en béton armé moyennant des milliards de pétrodollars.

Al Jazzera, la chaine qatarie spécialiste des coups fourrés et de la propagande islamique continue de mener une guerre des ondes belliqueuse contre les laïcs et apostats musulmans qui cherchent à se soustraire de la tutelle de l’islam conquérant qui nie l’existence de l’individu. Et sans le concours de l’oncle Sam, elle serait déjà pulvérisée et passée aux oubliettes. Au fait, qui a suggéré à l’émir du Qatar la création de cette chaine pour propager l’islam politique et servir la politique d’Israël et des US dans la région? Les frères David et Jean Friedman, deux juifs français… Cela explique en partie l’orientation d’Al Jazzera qui fait la propagande de la secte des frères musulmans et du fameux printemps arabe (lire le livre de Jacques-Marie Bourget et Nicolas Beau, le vilain petit Qatar).

Syrie, l'alliance guerrière humanitairePourquoi l’Occident soutient-il l’islam contre l’écrasante majorité de ses opinions publiques? Ce positionnement ne date pas d’hier. Il faut remonter à la fin du dix-neuvième siècle pour comprendre comment l’islam a été utilisé par les anglo-saxons. Et notamment après la naissance du sionisme et surtout son premier congrès mondial à Bâle (Suisse) en 1897 sous la présidence du journaliste hongrois de confession juive Théodore Hertz.
Pourtant à cette époque, l’islam était en perte de vitesse. Il a commencé à régresser à partir de la défaite des ottomans devant Vienne (Autriche) le 12 septembre 1663. A compter de cette date, il a perdu sa supériorité face au christianisme. Et même, en Asie, son déclin avait débuté notamment en Inde. Son reflux était sur la bonne pente…
Pour abattre l’empire ottoman qui était malade, les anglo-saxons avait misé sur le réveil du nationalisme arabe qui est intimement lié à la religion de Mahomet.

C’est ainsi que le wahhabisme fut ressuscité pour la bonne cause. Et les britanniques en bons manipulateurs avaient poussé les Arabes à se soulever contre les Turcs. S’ensuivirent, l’accord de Sykes-Picot sur le partage du Moyen-Orient entre le Royaume-Uni et la France en 1916, la déclaration en 1917 d’Arthur James Balfour, ministre des affaires étrangères de sa majesté britannique sur la nécessité d’un foyer national juif en Palestine, le rôle trouble joué par Lawrence d’Arabie pour mettre les Al Saoud sur le trône d’Arabie.
En 1924, la fin du Califat Ottoman, et l’instauration de la république laïque de Turquie par Atatürk avait contrarié les objectifs des occidentaux. Ils répliquèrent (les Britanniques) alors par la création de la secte des frères musulmans qui avait pour but final la restauration du Califat islamique.

Cette secte islamique s’opposa frontalement au nationalisme égyptien incarné par Saad Zagloul (1859-1927) et surtout aux idées libérales de son parti Wafd qui avait lutté contre le colonialisme britannique. A la même époque, le combat des femmes égyptiennes avait commencé pour leur émancipation. La plus célèbre d’entre elles fut sans aucun doute Mme Huda Shaarawi, qui, en 1919, sur la place centrale du Caire avec d’autres femmes, se dévoilèrent pour lutter contre l’obscurantisme islamique. Leur courage allait à l’encontre des intérêts britanniques et fut réprimé avec l’assentiment de la Grande Mosquée d’Al -Azhar.
La collusion de l’islam obscurantiste et de l’occident avait déjà pris une longueur d’avance. Les libéraux musulmans étaient pris en tenaille entre les oulémas rétrogrades et les colonialistes.

L’exemple de cette collusion machiavélique est, sans aucun doute, la loi sur la laïcité de 1905 du député républicain socialiste Aristide Briand, votée par le gouvernement de la troisième république française d’où furent exclus les algériens qui étaient pourtant des habitants d’un territoire français. Au lieu de leur appliquer la loi sur la laïcité, le gouvernement de l’époque leur infligea le droit musulman comme ultime punition. Il y avait une intention délibérée de les maintenir dans leur statut d’origine pour leur éviter de s’émanciper.

La découverte du pétrole en Arabie et en Irak par les anglo-saxons accentua cette collusion pour garantir les intérêts des grandes compagnies pétrolières, qui étaient toutes aux mains des occidentaux. Les wahhabites furent chargés de maintenir cette région sous l’influence de l’islam rigoriste pour sauvegarder les acquis britanniques. Toute contestation fut réprimée dans le sang. D’ailleurs c’est durant cette époque que les Anglais avaient utilisé l’arme chimique contre la révolte des tribus irakiennes, pour la première fois dans cette région. Quelle étrange coïncidence avec ce qui se déroule actuellement en Syrie… Même prétexte et même but, encore du gaz dont la Syrie est immensément pourvue mais elle est aussi un carrefour obligé pour son acheminement vers les marchés européens.
Et l’occident ajoute la confusion à la confusion pour faire avaler la couleuvre aux uns et aux autres.

L’islam sert de puissant carburant pour la masse musulmane en grande partie désœuvrée, à la recherche d’un idéal perdu à jamais. Et l’occident, à l’affût de l’or noir, profite de leur faiblesse psychologique pour les enfoncer dans le tourbillon de la violence. Le djihad est remis à la page. Le wahhabisme, le salafisme et l’islam politique sont devenus ces dernières années les références idéologiques sur lesquelles les stratégies de domination du monde arabo-islamiques s’appuient. Plus le crétinisme est aigu, plus il s’affirme comme une valeur sûre, un solide refuge.
Le terrorisme islamique à grande échelle fait partie intégrante de ce panier idéologique sans consistance humaine, il n’est que semeur de mort et de désolation, au nom d’Allah. A part le nihilisme béat, l’islam n’apporte aucune solution aux problèmes démocratiques qui se posent avec acuité aux musulmans qui se sentent déboussolés et qui s’entretuent comme des hyènes pour une hypothétique place au paradis. Il sert plutôt les intérêts de l’Occident.

Après la deuxième guerre mondiale et la création de l’état d’Israël en Palestine, le jeu géopolitique de l’Occident était devenu clair. Avec la guerre froide, l’islam est une fusée à plusieurs étages, en fonction du temps et de l’espace, pour écraser toute idée d’émancipation des musulmans qui veulent sortir du carcan islamique.
On ne touche pas au grisbi, c’est-à-dire aux monarchies pétrolières du Golfe persique, car les Etats-Unis avec leur armada veillent sur leur sécurité. Et pourtant, la Qaeda organisation criminelle djihadiste est leur œuvre mais un jour ou l’autre, elle va certainement les broyer. On ne joue pas impunément aux jeux d’échecs sans y perdre à un moment donné la vie.

Hamdane Ammar

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