Pourquoi, malgré l'augmentation du chômage, maintenir l'immigration de travail et de peuplement ?

La libre circulation éhontée et sans frein des capitaux, des biens et des services vient d’aboutir à l’éclatement d’une crise du système financier et économique planétaire, dont il est sûr qu’il va se relever en puisant largement dans les ressources (et en utilisant la garantie) des Etats-Nations dont la même mondialisation à outrance veut détruire la réalité.
Encore une fois, la ressource publique relancera le marché et l’économie privée, après avoir disserté longuement sur les régulations nécessaires, les oubliera illico pour le plus grand profit de la haute finance dominatrice, sans foi ni loi, sans frontières ni limites, insatiable par nature, la recherche permanente du taux de profit maximum étant son seul « credo ».
Mais tous les discours des économistes et autres représentants des « élites gouvernantes » (politiques, syndicales, associatives) oublient volontairement de parler de cette autre composante de la mondialisation et de la division internationale du travail qu’ils s’attachent à remettre sur leurs pieds, la libre circulation de la main d’œuvre, tant cet aspect est essentiel pour jouer contre la baisse tendancielle du taux de profit qui caractérise le mode de fonctionnement du système capitaliste.

Et pourtant, cette libre circulation de la main d’œuvre est d’autant plus lourde d’effets négatifs pour le travailleur « de base » et le citoyen ordinaire que « la crise » actuelle en accentue les perversions. Un fait encore isolé, mais dont la généralisation est à prévoir, devrait nous alerter : en Angleterre, des milliers d’ouvriers viennent de faire grève, spontanément, pour exiger des entreprises (en particulier de Total), l’embauche d’employés britanniques alors qu’elles venaient de faire appel à des ouvriers italiens et portugais (1). Jugez de l’embarras du travailliste Gordon Brown, d’autant qu’il s’agit ici de main d’œuvre issue de la communauté européenne. Faut-il beaucoup d’imagination pour envisager ce qui va se passer quand les travailleurs d’Angleterre ou de France auront pris conscience qu’en cette période où le chômage s’accroît, il devient indécent d’envisager l’embauche d’une main d’œuvre immigrée dont il apparaît de plus en plus que notre pays n’a nul besoin ?(voir « Riposte Laïque » 59 à 62)
La situation est claire en France : 45 000 demandeurs d’emplois de plus en décembre, un rythme identique annoncé pour les mois à venir… Et l’on continuerait à appeler une main d’œuvre extérieure ?
Qui n’a pas entendu que le secteur du BTP est en récession forte et, donc, en suppression forte d’emplois ? C’est un secteur où 50% de la main d’œuvre est immigrée, et souvent en situation irrégulière…Les « dégraissages » vont la toucher de plein fouet : ceux qui sont en situation régulière seront pris en charge par les Assedic, et ceux qui sont en situation irrégulière émargeront aux différentes aides sociales…
Mais quand, de plan de relance en plan de relance, l’activité reprendra, fera-t-on encore venir une main d’œuvre étrangère pour travailler dans le BTP tout en maintenant sans emploi celle actuellement présente ?
Ce qui est vrai pour le BTP l’est aussi dans les secteurs des services et de l’agriculture, fortement pourvus en employés immigrés trop souvent en situation irrégulière, de surcroît…
Continuera-t-on également à fermer les yeux sur les effets négatifs de l’immigration illégale ? Osera-t-on toujours demander la régularisation de ceux qui ont bénéficié indûment de ce non-droit afin d’amorcer la pompe aspirante de nouvelles populations en situation illégale ?
Pourquoi « nos » responsables ne décident-ils pas du moratoire nécessaire en ce domaine ?
Il n’y aurait que des avantages à cela : outre qu’il laisserait le temps à la mise en place d’une véritable action de compression et d’étouffement de l’immigration illégale, il permettrait la mise en place de plans sociaux opérationnels dans le domaine de la formation comme dans celui de l’intégration républicaine, afin de permette à tous ceux qui veulent rester en France de se préparer à la reprise et de le faire dans le respect indispensable des lois, des valeurs, des principes de la République qui les a accueillis. Par parenthèse, ces investissements dans la formation pourraient aussi concerner tous ceux que le chômage technique, les licenciements frappent , tous ceux qui souffrent d’un manque de qualification, afin de mieux les préparer à retrouver le monde du travail dans les meilleures conditions au fur et à mesure du retour de la croissance…
Certes, nous ne sommes pas des naïfs et nous ne jouons pas les « candides ». Nous savons pertinemment combien la libre circulation de la main d’œuvre est un moyen d’extrême efficacité pour, à l’intérieur d’une Nation donnée, organiser une concurrence déloyale au sein de la demande d’emplois, peser sur les salaires et les conditions de travail, casser le mouvement revendicatif et social…bref, permettre l’augmentation du taux de profit pour un investissement donné.
Nous savons aussi combien l’Europe politique que l’on nous impose (le non respect des votes des peuples en est la preuve la plus ahurissante) se construit sur cette donnée : par exemple, on trouve sur « Internet » de multiples sites du type http://www.agence-interim-europeen.fr. qui proposent leurs services pour aider à l’embauche en France d’une main d’œuvre européenne.
Nous n’avons pas oublié ici la décision de « carte verte » européenne (2) qui va permettre l’entrée en masse d’une main d’œuvre de moyenne et de grande qualification qui sera en concurrence déloyale avec nos propres étudiants qu’ « on » laisse croupir dans nos facultés et autres instituts sans formation véritable ni perspectives affirmées.. Et nous avons su lire dans un organe de presse anglais que la CE prévoyait l’entrée de 50 millions d’Africains dans les années à venir (3)…
Rien de tout cela n’est remis en cause en ce moment de crise économique et financière aigue qui, justement, pourrait permettre des renversements de tendances plus conformes à l’intérêt national…Mais de cet intérêt national, les adeptes de l’Europe du traité de Lisbonne se fichent complètement, et ceux qui se disent leurs opposants, le PS ou le MODEN par exemple, tout autant..
Le gouvernement français, qui sait se passer des critères de Maastricht quand ça l’arrange, qui oublie sa « pureté libérale » en ouvrant largement la ressource publique pour que le privé (banques et industrie automobile, en particulier) y puise …a tout loisir de décréter un arrêt de la politique migratoire et de lancer un débat national sur cette question tout en dégageant les axes d’une politique d’intégration pour ceux qui le veulent, et de retour au pays pour les autres.
Croirions-nous sérieusement que l’on peut compter sur M Sarkozy pour cela ?
Sûrement pas….pas plus que sur Madame Aubry ou le sieur Bayrou…et encore moins sur les « petits partis » de la gauche extrême, nouvelle, seconde et même troisième !
Mais si chaque citoyen laïque et républicain assurait la défaite de toute cette caste politicienne aux prochaines européennes ?
Robert Albarèdes
1 – http://www.lefigaro.fr/international/2009/02/02/01003-20090202ARTFIG00257-premiers-troubles-sociaux-au-royaume-uni-.php
2 – Voir « Le Figaro.fr » du 26 /09 /08
3 – http://www.fdesouche.com/articles/19936

image_pdf
0
0