Pourquoi Marine Le Pen séduit-elle davantage les classes populaires et moyennes que Mélenchon-Besancenot ?

Les résultats du premier tour des cantonales sont un succès incontestable pour la nouvelle présidente du Front national. Malgré la manoeuvre de l’UMP, qui a relevé de 10 % à 12,5 % des inscrits le seuil permettant d’être au deuxième tour (soit 25 % des votants quand il y a 50 % d’abstention), le Front national sera présent dans 400 cantons, dimanche prochain, tandis que, arroseur arrosé, l’UMP se trouve souvent éliminé du second tour !
Alors que le rejet des duettistes UMPS est de plus en plus fort dans ce pays, les électeurs se réfugient dans deux types de protestation : l’abstention (20 % de progression en 6 ans, sur le même type d’élection) ou le vote Front national, qui devient la troisième force de ce pays, et menace à présent directement l’UMP.
Cela devrait interpeller quelque peu Besancenot et Mélenchon. Le président de Parti de gauche a beau clamer que ce sont les méchants bourgeois qui votent FN, et que les ouvriers vomissent le Front national, les faits lui donnent tort. Ce ne sont plus à présent les seuls quartiers populaires qui votent fortement pour le parti de Marine Le Pen, mais également des quartiers habités par les classes moyennes, voire par des bobos. Pourtant, depuis des années, Mélenchon et Besancenot se battent, de manière sincère, pour des idéaux de gauche et de justice sociale, contre la spoliation des richesses par la classe dominante. Alors pourquoi cela ne marche-t-il pas ?
Tout simplement parce qu’ils en restent à une lecture marxiste dévoyée de la société , comme l’expliquait Jacques Philarchein aux assises de Charenton, le 18 décembre. Pour eux, le seul sujet qui compte, c’est le social, la bataille de la plus-value, et le combat contre le capitalisme, avec une vision internationaliste. Ils refusent le mot Nation, ils combattent l’idée de souveraineté du peuple français, ils ont torpillé le débat sur l’identité nationale, amalgamant de manière grotesque toute référence à la France à une pensée d’extrême droite. Dans les faits, bien que dénonçant l’Union européenne, ils sont incapables de proposer un mot d’ordre audible, se contentant d’ânonner « Non à cette Europe, oui à une autre », comme si on pouvait transformer un lance-flamme en extincteur. Ils sont donc inaudibles pour le peuple, et laissent la seule Marine Le Pen proposer une alternative : la sortie de l’Union européenne, la sortie de l’euro, et le retour au franc.
La vision internationaliste dévoyée de Mélenchon-Besancenot les amène même à défendre la libre circulation des travailleurs, et parfois, en fonction des opportunités, la libre installation et le droit de vote de tous les immigrés. Que comprennent les Français ? Qu’avec eux, il y aura forcément davantage de chômage, mais aussi davantage d’insécurité, davantage d’islam, davantage de prestations sociales versées, donc davantage de problèmes sociaux pour de moins en moins de prestations possibles. Outre le fait qu’ils se comportent comme les idiots utiles du capitalisme, en offrant aux patrons une main-d’oeuvre plus malléable et moins coûteuse, comment les ouvriers, notamment du privé, pourraient-ils voter pour des candidats qui vont aggraver leurs conditions d’existence, par dogmatisme et irresponsabilité ? Ils savent bien que plus il y aura d’enfants d’immigrés non intégrés dans les écoles, plus le niveau scolaire continuera de baisser. Ainsi, seule Marine Le Pen a pris la dimension des événements de Lampedusa, et de leurs conséquences dramatiques, quand les autres familles politiques, dont Mélenchon-Besancenot, insultaient sa présence dans l’île italienne. Là encore, nos duettistes abandonnent à Marine Le Pen le seul discours réaliste, en temps de crise sociale et civilisationnelle, celui de l’arrêt de l’immigration, et de la préférence nationale, qui, faut-il le rappeler, existe dans tous les pays.
Sur la laïcité, c’est encore pire ! Alors que normalement, c’est le terrain de la gauche, ils ont réussi l’exploit de défendre le voile à l’école, ou de ne pas lutter contre, de réclamer des mosquées pour les musulmans, de défendre les prières dans les rues, de se taire sur le halal, sur le ramadan, sur l’islamisation des entreprises, subie par le monde du travail, et de tolérer de l’islam dix fois plus qu’ils n’auraient admis du catholicisme. A contrario, Marine Le Pen, pourtant issue d’un milieu politique hostile à la République, à la Révolution de 1789, à la laïcité (avec notamment le poids des catholiques traditionnalistes à l’intérieur du FN) a réussi, en quelques années, à s’approprier ce terrain. Elle est ainsi la seule à protester, en tant qu’élue régionale dans le Nord, contre le financement d’une boucherie halal par le conseil régional, admis par l’UMP, le PS, Parti de gauche et les Verts. Elle a été la seule à s’élever contre les prières musulmanes de la rue Myrha, créant l’évènement autour de ce fait. Gageons que pour le débat du 5 avril sur la laïcité, qui officialisera le financement public de la construction de mosquées, financées par le contribuable, à travers les baux emphytéotiques, seul le Front national montera au créneau pour dénoncer ce viol de la loi de 1905.
Mélenchon et Besancenot n’aiment pas la France, alors que le peuple aime son pays. Ils refusent d’avoir le courage d’aborder les thèmes qui constituent les préoccupations prioritaires des Français,alors que le peuple les subit. Pire, à l’instar du président de Parti de gauche, ils insultent les ouvriers qui ont le tort de ne plus voter à gauche, voire celui de se reconnaître dans les propos de la présidente du Front national. Le salariat – les employés et les ouvriers – n’est pas dogmtique, mais pragmatique. En préférant le catéchisme du politiquement correct aux réalités quotidiennes douloureuses du monde du travail, ces deux représentants de la gauche de la gauche jettent dans les bras de Marine Le Pen – qui n’en attendait pas tant – des pans entiers d’électeurs des classes populaires et moyennes qui étaient prêtes à se tourner vers eux, pour échapper à l’UMPS.
Tant pis pour eux, tant mieux pour Marine Le Pen !
Paul Le Poulpe

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