Pourquoi nous avons décidé d’arrêter les commentaires dès ce soir

Publié le 8 septembre 2019 - par - 8 958 vues
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La décision n’a pas été facile à prendre. Réunie ce samedi, comme cela se fait deux fois dans l’année, la rédaction de Riposte Laïque a examiné plusieurs dossiers importants qui touchent notre journal, dont notre situation judiciaire, suite à la multitude de procès que nous subissons.

Mais la question la plus délicate, et la plus passionnée, fut l’examen des commentaires. Depuis trois années, nous avons donné la possibilité à nos lecteurs de commenter les articles. Nous avons d’abord voulu relever un défi : contrairement à d’autres sites amis, nous avons décidé de laisser s’exprimer ceux qui n’étaient pas d’accord avec nous, pour permettre, par la réponse de nos fidèles, d’avoir des dialogues que nous voulions riches, et que nous espérions courtois.

Cela a commencé par 300 commentaires par jour, puis, le succès aidant, nous avons dépassé, ce jour, régulièrement, les 1 000 commentaires quotidiens. Cela représente un travail énorme, qui épuise les rédacteurs, bénévoles, chargés de les modérer. En effet, pour mille commentaires publiés, il faut en éliminer environ 200 par jour, parfois 400, pour grossièretés, menaces, appels au meurtre, injures, racisme, antisémitisme, orthographe déficiente, et autres lacunes. Sans parler de certains saboteurs qui multipliaient les pseudos différents, pour mettre le désordre.

Dans ce contexte, trouver la bonne mesure n’est guère facile. Certains nous reprochaient d’être trop tolérants, avec des commentaires qui, selon eux, n’auraient jamais dû être publiés. D’autres, au contraire, nous accusaient de censurer trop sévèrement certains de leurs écrits. Ajoutons, dans un contexte où la répression contre la réinfosphère va se durcir, que la publication de 1 000 commentaires par jour – dont beaucoup traduisaient l’exaspération de Français qui ne supportent plus la mise à mort quotidienne de leur pays – est un risque supplémentaire de voir des plaintes continuer à s’accumuler contre nous, et donc mettre en danger notre existence.

Enfin, et l’argument a été décisif dans notre choix, une modératrice, épuisée, nous a fait savoir, il y a quelques semaines, sa volonté d’arrêter de passer une grande partie de ses journées devant son ordinateur, et de se faire engueuler, voire insulter, régulièrement par des trolls qui venaient pourrir nos commentaires, et ajoutaient encore du travail à l’immensité de la tâche.

Et ce samedi, les autres modérateurs nous ont fait savoir qu’ils n’en pouvaient plus, que cela représentait vraiment trop de travail, et qu’ils souhaitaient mettre fin à leurs fonctions. Nous ne cachons pas à nos lecteurs que la pertinence même de publier des commentaires, de les ouvrir, ne faisait pas l’unanimité, certains estimant que les commentaires publiés n’étaient pas au niveau des articles, voire discréditait leur auteur. Même si ce point de vue n’était pas majoritaire, nous savons que cette approche existe, au sein de la rédaction, mais aussi chez certains de nos lecteurs.

Nous avons donc décidé, après de longues discussions, parfois très animées, de mettre fin, dès ce soir, dimanche 8 septembre, aux commentaires. Nous savons que cela sera une grosse frustration pour des centaines de lecteurs, qui, quotidiennement, ont enrichi nos articles par des commentaires dont certains étaient de grande qualité. 700 000 commentaires en trois ans, ce n’est pas une page facile à tourner, et nous remercions tous ceux qui, même parfois de manière polémiste, contribuaient à animer notre site.

Nous avons décidé, malgré tout, de revenir à un courrier des lecteurs, comme cela existait avant. La tenue de ce courrier des lecteurs dépendra de vous. Si vous n’envoyez pas beaucoup de réactions, il paraîtra une fois par semaine. Si, par contre, nous constatons une abondance de textes, nous pourrons envisager, dans ce cas, une publication quotidienne. C’est notre ami Gérard Brazon qui assumera cette responsabilité.

Pour nous écrire : redaction@ripostelaique.com

Nous remercions tous nos lecteurs de leur compréhension, et nous n’insultons pas l’avenir pour la suite…

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