Pourquoi nous n’avons plus envie d’être généreux

Publié le 11 mai 2014 - par - 1 575 vues
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Qui a le monopole du cœur ?

Ce matin, dans un supermarché, je lisais dans le journal Libération, l’incroyable histoire du réfugié afghan Assef Husseinkhaïl, 33 ans, qui cherchait à gagner l’Angleterre sur un improbable radeau muni d’un drap en guise de voile.

A lire un tel récit, le cœur se serre.

Mais, après un moment d’attendrissement, le cœur, qui « a ses raisons que la raison ignore » a deux possibilités : soit le faire parler, soit laisser s’exprimer sa raison.

C’est l’expérience vécue qui me l’a appris , comme à beaucoup d’autres.

Parce que le résultat de notre générosité est catastrophique.

Parce que les responsables de cette fatigue, de ce dégoût d’accueillir, ne sont autres que ceux (pas tous, mais  beaucoup trop) que ceux que nous avons accueillis en masse.

En effet, que nous a apporté cette générosité, appuyée sur les multiples promesses, la main sur le  cœur… d’enrichissement mutuel ?

– Une délinquance violente qui n’existait pas à ce point ;

– Des profs qui ont peur ;

– Des prisons pleines à craquer ;

– Des services sociaux mis à sac ;

– Des communautés qui n’existaient pas ;

– Une dette plus grande  etc.

Dans un sentiment trouble de « chute de l’Empire romain d’occident » un retour à un désir d’ordre.

Et pour digéré les fruits amers de notre générosité, la perte de nos meilleurs idéaux d’ouverture et de bonté envers les autres.

Vous, les bons, les généreux, les magnifiques droits-de-l’hommistes patentés (Licra, Mrap, Sos-raciste Ldh, Cimade) subventionnés, vous  étiez si sûrs de garder le magistère de la morale, dans cette lutte sourde entre les bons et les mauvais.

Vous en étiez tellement sûrs mais nous avons tiré des conclusions de l’expérience et surtout de la réalité  que nous vivons depuis 40 ans.

Cette réalité que vous avez tendance à ignorer.

Nous sommes obligés de réfréner nos élans du cœur.

Nous avons compris que cette générosité  était, outre catastrophique, ingérable.

En effet, pourquoi accueillir ce demandeur d’asile et pourquoi pas les autres.

Le nombre est trop grand. C’est le tonneau des Danaïdes.

Après tout, ils sont des millions à attendre.

Il y a aujourd’hui en pleine crise économique, environ 15 millions de personnes d’origine étrangère en France,  et les problèmes du monde n’en sont pas changés pour autant . Alors !

Si nous sommes de plus en plus nombreux à refuser ceux qui frappent à notre porte, ça n’est pas pour regretter d’ avoir beaucoup donné ( logement, santé, école…) sans avoir rien reçu, à part critiques, récriminations et même insultes, ni pour avoir vu notre ancienne compassion trahie, salie, niée, traînée dans la boue.

C’est pour avoir compris que nombre de ceux que nous accueillerons seront probablement comme ceux que nous avons déjà accueillis.

La responsabilité de notre « soi-disant » égoïsme, et de qui serait notre refus de recevoir la misère, c’est largement une grande partie de ceux que nous avons accueillis qui la portent !

Luis Bravo

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