Poutine philosophe ou l’entretien d’un empire multinational

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« Le pays a vécu sous le monopole de pouvoir du Parti communiste de l’Union soviétique pendant 70 ans. Cette période représente une vie entière et de nombreuses personnes ont lié leurs vies avec celle de Lénine. Pour eux, l’enterrement de Lénine signifierait qu’ils ont vécu selon des valeurs factices, suivi un mauvais chemin et que leurs vies ont été vécues en vain »

Aussi Lénine est resté dans son mausolée sur la Place Rouge. Assumer son histoire, toute son histoire comme dirait Z. Et le colonel tchékiste décore Soljenitsyne.
Quand elle se mêle au passé, la politique touche la philosophie, plus intimement qu’ailleurs, et notamment que dans l’économie. L’auge du gogochon, qui est l’alpha et l’oméga des « faiseurs » mimes politiques (Pécresse s’en vante), ne dépend pas de l’histoire et de la mémoire. Nietzsche a bien décrit comment les degrés de lucidité varient avec la relation à l’histoire. Loin de l’équilibre entre l’oubli vrai rationnel et une mémoire trop pressante, le bobo a choisi de sortir carrément de l’Histoire, pour juste se branler comme un animal, au jouir sans entrave. Elle se rappelle à lui.

La société ne se pose QUE dans un temps long, et pour ça doit s‘imaginer « intemporelle ». Le social ne se fait que dans l’histoire, et non l’économique. Aussi Marx explique qu’il n’étudie que l’histoire et non l’économie ; il fait une « critique de l’économie politique » qui n’est qu’oxymore pour lui. Pour le Capital au contraire, le temps c’est de l’argent, il ne doit exister que le temps court de l’intérêt qui court sur l’ordinateur de la banque du spéculateur Soros, le chéri philanthrope des « No Border ». Aussi, effacer  l’Histoire, tuer le temps long, c’est ramener tout individu à ce temps court, anhistorique, donc sans imaginaire du temps long, c’est rendre impossible la révolution du social et du politique, car la mort individuelle stoppe toute vision à long terme de l’individu (en attendant la mort de La Mort, mais c’est un autre sujet). « Après moi le califat, rien à foutre » proclame vieux 68ard libidineux, tant que Micron lui assure sa retraite pour polluer vieux… C’est alors le gogochon, bobo nowhere, l’ « animal générique » de Marx qui n’a pas été « instancié » par une culture, une histoire, une civilisation, qui est « indifférencié » comme au sein d’une simple espèce animale, et ne se différencie que dans le choix du type d’auge (halal, biobio où végan). Aussi le conservateur libéral qu’est Poutine rejoint le philosophe marxiste Georges Cogniot :


« Le cosmopolite représente le dernier degré de l’inhumanité capitaliste. Pour le cosmopolite l’homme est un personnage schématique, “citoyen du monde” sans famille et sans peuple, sans traditions ni particularités nationales. Pour le marxiste, au contraire, l’homme est le produit d’un développement social déterminé, d’un certain nombre de conditions précises qui lui confèrent une formation psychique définie, un caractère national. »

Dans un empire multinational comme la Russie, les divisions sociales et ethniques menacent la cohésion, entretenir un patriotisme est prudence évidente. Aussi font de même les grandes nations empires comme la Chine, l’Inde.

Au contraire la Sissy des Caraïbes chie sur l’Histoire de France, sur Molière, la culture qui n’existe pas, organise la submersion islamique pour l’UE-Hidjab ; l’OTAN-Woke organise même le multilinguisme aux US. Le rêve d’une Cosmopolis occidentale, d’une féodalité ploutocratique dominant un troupeau sans holisme, s’oppose à la philosophie de Poutine, suicidaire pour lui, et pour Maurras en son temps d’ailleurs.

Commémorer, affirmer et assumer une histoire, soutenir les arts de sa civilisation et non l’art contemporain déraciné et spéculatif où chier sur Molière, tout ceci installe un climat de solidarité, et non l’archipel de Fourquet. Le don ne se fait que dans une communauté, l’avenir ne se construit que dans un temps long imaginaire humain commun. Au mieux le bobo nowhere accumule un héritage personnel.

« Le paradoxe, c’est qu’aujourd’hui ce sont les pauvres qui vont demander la fin de l’État-Providence [souchien ne paiera bientôt plus la Sécu pour burkini la colon] » Christophe Guilluy

Multiethniquer et consumériser va donc de pair avec tuer l’Histoire d’une identité immuable, et toute révolution sociale et politique qui va avec. Pour un statu-quo politique, TINA. C’est ce que Poutine explique dans son discours sur l’intervention en Ukraine. Et l’intérêt de la communauté c’est aussi la guerre ; comme le dit Hegel, c’est le moment absolu où l’individu s’efface devant l’intérêt collectif :
 
« La guerre est un de ces moments de négativité nécessaire à l’effacement toujours à renouveler de l’isolement individuel. Comme le vent préserve les eaux du lac de croupir »

Mais bobo ne rêve que de croupir dans le purin bio-halal-végan de son auge de décadent branleur. Le Russe non. Et encore moins le tsar. Les sanctions économiques individuelles me font rigoler… comme si on avait voulu punir au porte-feuille un Hitler où un Staline…

« Plus le tsar est bon, plus le régime est sanglant » vieil adage russe…

Le multiculturalisme russe provient d’une glorieuse histoire impériale, chez nous il est soumission servile bobo à une colonisation ploutocratique. Il est imperium, qui a culminé dans la grande guerre patriotique, chez nous il est morcellement et affaiblissement. Toute la différence entre un empire, qui peut intégrer différents peuples apportant (de force souvent) leurs territoires, chez nous il est abandon de territoires. Le néneste a apporté un immense territoire et du gaz aux autres peuples de l’empire ; le zodiac-colon apporte pauvreté, délinquance et déclassement moral, économique et holistique à la startup colonie Boobaland. C’est voulu comme assurance-vie de l’oligarchie.

Le socius, l’âme d’un peuple, déborde des bases économiques et sociales de la société civile, il est proprement humain. C’est la philia d’Aristote et la sittlichkeit d’Hegel, qui dans l’état incarne le destin commun. Il est basé sur cette mémoire partagée, mœurs, culture et histoire. Aussi Hegel peut dire que l’État est la marche de dieu, c’est-à-dire de l’esprit du progrès du monde à travers les civilisations. Comme Marx dira que les mœurs d’un peuple sont là pour juger le niveau de culture, et notamment des rapports entre l’homme et la femme… suivez mon regard vers la bâchée de la religion débile. Cette guerre de tous contre tous, que les Grecs appelaient stasis, les vraies nations la redoutent plus que tout, au contraire des oligarchies qui la chérissent. C’est un fameux thème de la tragédie antique.

Pour le progressiste il faut vivre égaux mais séparés, pour le conservateur (et le fasciste) le peuple est un corps organique, avec une tête étatique assumée (pas du RIC lotocrassique). Et comme Hitler qui disait que les Juifs ne sont pas un peuple racial (ethnique) mais de l’idée (ethnologique), c’est-à-dire pour le Juif du Livre, la Russie est aussi un empire de l’idée, patriotique, s’incarnant dans l’État. Pour l’anecdote des chefs tatars furent anoblis après leurs défaites face à Moscou. Ils avaient mêmes des serfs russes. Pas la colonisation anglaise… racialiste.

« En Russie vivons russes. S’ils préfèrent la charia, alors nous leurs conseillons d’aller vivre aux endroits où c’est la loi du pays. On ferait mieux d’apprendre du suicide de l’Amérique, de l’Angleterre, de la Hollande et de la France, si nous voulons survivre en tant que nation. Les coutumes et la culture russes ne sont pas compatibles avec l’absence de culture ou les moyens primitifs de la plupart des minorités. Les minorités ne sont pas « les Russes ». » Discours à la Douma de Poutine.

Poutine méprise la discrimination positive occidentale, le privilège colonial mondialiste de la couleur et l’utilisation du trou du cul qui fait office de méritocratie, ethnie contre ethnie du progressiste wokiste du diviser pour régner féodal capitaliste. Et il a mis ainsi un holà à l’ethnocratie soviétique d’indigénisation des élites, dont l’Ukraine est un exemple emblématique pour lui.

Les hommes se supportent grâce à des mœurs particulières communes, une histoire partagée ; le nationalisme de Poutine c’est l’État rationnel de Hegel ; le patriotisme préserve du racisme comme du cosmopolitisme, tel est le conservateur. Il dessine pour Poutine l’horizon post-messianique de la Cosmopolis occidentale qui se rêvait mondiale et s’auto-purine.

« Chaque peuple choisit une voie d’évolution en accord avec son niveau de développement économique, avec sa maturité politique, avec sa pratique historique »

Un ethnocentrisme multilatéral assumé (très austro-marxiste), loin du gland remplacisme à marche forcée vers la totalisation du monde illusoire de l’UE-Hidjab et de l’OTAN-woke, qui n’est qu’un suicide délirant de missionnaire benêt occidental au QI en chute libre.

« La France deviendra dans moins de vingt ans la colonie de ses colonies » Poutine 2013

Un certain journal allemand l’avait aussi prévu…

« Preuve que rien ne vit comme le sens de la nation dans le monde présent. Ceux qui voudront en abandonner une part ne feront rien gagner à Cosmopolis : ils engraisseront de notre héritage des nationalités déjà monstrueuses [c’est fait avec la Chine, délocalisations, transferts technologiques] » Charles Maurras, L’avenir du nationalisme français.

Joh Fredersen

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1 Commentaire

  1. quoi, poutine ne veut pas être traité comme un paillasson par les ricains, mais quelle culot! d’ailleurs les occidentaux sont d »accord! poutine est un tyran … mais ils le laissent faire !

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