Précision à Alain Rubin, sur sa définition du fascisme

Je viens de lire l’article où vous expliquez à Mme Badinter ce qu’est selon vous le fascisme. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec un des paragraphes où vous comparez les deux grands totalitarismes du 20ème siècle: le stalinisme et le nazisme.
Je suis germaniste, je connais donc assez bien l’Allemagne, son histoire, et m’intéresse particulièrement depuis longtemps au nazisme. Et je me suis naturellement, comme beaucoup de chercheurs et d’historiens, posé la question de la ou les différences qui peuvent exister entre ces deux totalitarismes.
En Union soviétique, tout au long des 70 ans qu’a duré ce régime, des millions de gens sont morts, de faim ou d’autres manières, il y a eu le Goulag…
L’ État nazi a duré beaucoup moins longtemps, 12 ans. Mais il me semble qu’un élément fondamental le différencie du “communisme”. La doctrine nazie, et Hitler l’a écrit dans Mein Kampf, considérait qu’il y avait une race supérieure, les aryens, que les autres races étaient inférieures, et qu’il fallait bien sûr détruire, éradiquer la race juive. Les slaves étaient inférieurs aussi, et je pense de plus que si les nazis avaient gagné la seconde guerre mondiale, nous ne serions plus là pour en parler.
L’ État nazi est tout de même le premier qui a construit des usines pour tuer les gens, et seulement pour cela, les camps d’extermination, lesquels se trouvaient en Pologne, Auschwitz et les autres…
C’est, à mon sens, une différence fondamentale. Comme le dit un des personnages dans le film de Claude Lanzmann, Schoah : “Au Moyen -Age on nous a dit que nous ne pouvions plus vivre avec les chrétiens, on nous a enfermés dans des ghettos, à l’époque moderne on nous a dit que nous n’avions plus le droit de vivre”.
Bien à vous.
Jacqueline Fichet
RÉPONSE D’ALAIN RUBIN
Bonjour, si j’évoquais Trotsky, c’est précisément, comme il s’efforcera de le démontrer en réfutant le concept de « collectivisme bureaucratique », parce que le stalinisme n’est pas identique au nazisme, -tant par ses fondements que par ses objectifs-, mais un État ouvrier dégénéré bureaucratiquement. Le régime de Mussolini n’est pas non plus égal au nazisme. Le fascisme, ce n’est pas l’antisémitisme puissance « n ». L’antisémitisme de la mise à mort industrialisée n’est pas le fascisme. il  est une dimension spécifique d’un fascisme : l’hitlérisme. Ce qui constitue tout fascisme, c’est le contrôle totalitaire de toute organisation, fut-elle une modeste association de quelques personnes. c’est la violence politique non cadrée et limitée par des lois, c’est l’absence de tout groupement indépendant de l’ État. Le fascisme, ce n’est pas la shoah, comme la shoah n’est pas un « génocide » parmi d’autres massacres, un massacre un peu plus grand que les autres, comme veut l’enseigner la nouvelle « doctrine » des « historiens » idéologues sévissant dans les couloirs de l’inéducation anti- nationale. Mussolini et les siens n’étaient pas ennemis des « Ebréos » (les Juifs connus depuis la première communauté installée à Rome, comme des Hébreux de l’exil), certains mêmes faisaient partie du Grand conseil fasciste. Tardivement, sous la pression allemande, le Duce fera adopter des lois contre les « Ebréos ». Madame Badinter illustre, dans cette polémique contre la Riposte, par Askolovitch interposé, -Askolovitch le fils du trotskiste des années de guerre, le fils du Juif devenu Ascot-, la misère de sa pensée politique. Pour se justifier d’avoir été prise la main dans un pot de confiture laïque, confiture qui donne l’impression de représenter encore quelque chose pour cette fille de famille, en reconnaissant que la confiture laïque ne se trouve plus dans les petits pots affichant l’étiquette « Laïque » (Libre pensée, Grand Orient de France, LDH, PS…) mais dans celui que façonne Marine Le Pen, elle essaie lamentablement de revenir vers le bercail des débris du mitterrandisme, en tapant sur les militants de la Laïcité, de ses petits poings manipulés par le petit Vychinski de Marianne.  Comme le résume Pierre, je donnais dans ce courrier la définition algébrique du fascisme, qui ensuite se décline dans des régimes gouvernementaux et dans des formations et des groupes spécifiques.
Alain Rubin

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