Présente devant la mosquée de Poitiers, je constate la couardise et la dhimmitude d’un journaliste

Publié le 21 octobre 2012 - par - 7 385 vues
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Ce samedi 20 octobre, petit tour aux abords de la mosquée de Poitiers dont le toit est occupé par quelques dizaines de jeunes Identitaires. Première impression, tout est calme, sur le toit comme dans la rue et aux abords de la mosquée où de petits groupes de fidèles discutent, parfois âprement, mais sans élever le ton.  Parmi la quarantaine de fidèles présents, seulement deux ou trois sont vêtus à la mode salafiste. Quant aux forces de police, elles sont en petit nombre et discrètes.

Vers midi, sans doute suite à des tractations, les Identitaires évacuent le toit dans le plus grand calme, ils échappent alors à ma vue.

Apercevant un journaliste de radio, je m’approche pour lui demander s’il sait où ils sont passés. « A leur place, dans les cars. » Ne comprenant pas sa réponse, je demande :

– Quels  cars ?

– Dans les cars de police. Ces gens-là, c’est leur place !

Je réalise alors que ce journaliste : primo, condamne irrémédiablement les Identitaires, secundo, a d’emblée établi avec moi une connivence : je partage forcément sa condamnation ! A sa décharge, j’ai « une tête de faciès » (au passage : triste époque que la nôtre­ où l’on a le physique de l’emploi, où l’apparence est un marqueur indélébile…).

Oui, je le sais, la majorité des journalistes sont de gauche ou dans le courant dominant, on le dit et on le répète, mais en faire l’expérience de manière aussi abrupte, c’est accablant ! J’ai tout de même le souci de lui faire remarquer qu’il trahit la déontologie de sa profession qui exigerait une certaine distance avec les événements qu’il est supposé expliquer aux auditeurs de sa radio … Tout en reconnaissant qu’il essaie, dans son travail, de ne pas être « trop con » [sic], il ajoute que, quoi qu’on pense, les Identitaires, « c’est l’extrême droite, ils sont islamophobes , xénophobes, homophobes, tout ce qui est -phobe ». Je lui objecte qu’il n’est pas interdit d’être islamophobe, d’avoir peur de l’islam, et que je me considère moi-même comme une islamophobe !

Sa réaction me surprend : il me regarde affolé et me conseille la prudence… il se fait tout petit, son regard se tourne vers les groupes de fidèles de l’autre côté de la rue, à quelques mètres de nous… « Chut ! attention… ». Je lui fais remarquer que je me suis exprimée d’une voix normale et que je ne cherche pas à provoquer les fidèles présents. Ainsi ce journaliste a peur ! Il a peur de ceux dont de toute évidence il a pris le parti ! Je ne manque pas de lui rappeler que, en France, je dois pouvoir exprimer une telle opinion sans avoir peur et que sa réaction est bien la preuve que la peur est là, bien installée, et qu’il est le premier à s’y soumettre ! Est-ce cela que l’on qualifie de comportement de dhimmi ?

Pendant ce temps, les fidèles évacuent la rue, en petits groupes où les plus excités sont appelés au calme par certains « vieux » qui semblent avoir une certaine autorité sur eux. On entend cependant quelques Allah u akbar, rapidement réprimés par ces mêmes modérateurs.

Leila Syam

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