Président, nous vous avons élu pour nous débarrasser des Frères musulmans

Publié le 11 janvier 2016 - par - 3 commentaires - 1 215 vues

ElSissi

Khaled Montassir, un avocat égyptien de grande  réputation s’est illustré, depuis deux décades, par sa critique acerbe des programmes archaïques et honteux enseignés à l’université islamique d’Al-Azhar au Caire et dans les multiples écoles dépendant de cette institution.

Sa colère est montée d’un cran suite à la condamnation récente d’un écrivain et journaliste égyptien, Islam Bahiri, par un tribunal cairote. Bahiri a osé critiquer, sur une chaine de télévision nationale, l’authenticité de certains hadiths attribués au prophète de l’islam.

Choqué par cette sentence, Me Montassir adresse aussitôt une lettre de protestation au président égyptien al-Sissi, qui a réclamé avec force et emphase, au début de l’année dernière, et au sein même de l’université d’Al-Azhar, la nécessité de l’innovation et de la réforme du discours religieux.

Voici quelques extraits traduits de l’original arabe publié le 2 janvier 2016 dans le quotidien Magd el-Thawra (La gloire de la Révolution) (http://magdelthawra.comL?p=2958)

« En tuant l’écrivain Farag Fouda, les islamistes ont assassiné l’intellectuel. En condamnant aujourd’hui Islam Bahiri à la prison ferme, ils assassinent l’intellect. C’est une calamité majeure et scandaleuse. La pensée est plus importante que son auteur. Ses idées demeurent libres et se transformeront un jour en semences fertiles dans notre sol aride et stérile….

« Monsieur le Président !
« Vous avez évincé du pouvoir les Frères Musulmans (FM), mais hélas ! leur idéologie demeure enracinée dans notre société. Vous avez réclamé l’innovation religieuse sans octroyer le feu vert aux intellectuels ni aux innovateurs pour s’y mettre. Vous avez abandonné Islam Bahiri comme une proie entre les crochets venimeux des marchands du temple !

« Vous avez mis en garde les doctes d’Al-Azhar contre le jugement qui les attend au jour de la Résurrection. Or, ces prétendus savants s’en offusquent, tant que leurs intérêts et leur fond de commerce sur terre demeurent préservés. Ils s’accrochent à leur logique habituelle : « Nous verrons plus tard. Ici sur terre, nous sommes les intermédiaires officiels et les mandataires exclusifs d’Allah. Le jour du jugement dernier il nous accordera une immunité spéciale. »

« Islam Bahiri a cru, comme nous tous, que nous sommes à l’aune d’une révolution religieuse, et que le pouvoir et la société en Égypte haïssent Daesh. Or, la réalité se révèle paradoxalement frappante Nous ne voulons pas laisser entrer chez nous des Daeshites venant de l’extérieur. Par contre, nos institutions en forment sur place pour l’exportation. Les stages d’endoctrinement à l’université d’Al-Azhar, dans les mosquées et dans les zaouias des salafistes, suffisent.

« Islam Bahiri a cru, comme nous tous, que la société est écœurée par l’égorgement au nom du djihad, par la répression et le viol des femmes au nom de la chasteté. En revanche, cette même société se trouve aujourd’hui dérangée par l’image télévisée. Elle est toujours persuadée que la femme est une tare et qu’elle est destinée à l’enfer. Cette société est encore convaincue que le chrétien, le chiite, le bahaï, et d’autres doivent subir un châtiment terrible.

« L’institution d’Al-Azhar ne se plaint pas de voir publiés des ouvrages qui dépassent largement les idées contestataires de Islam Bahiri. Ce qui gêne pourtant ses jurisconsultes, c’est le moyen de communication de masse, la télévision, que Bahiri a utilisée pour faire passer ses messages. Les doctes d’Al-Azhar sont terrifiés de voir le grand public échapper à leur magistère ou à leur doxa et informé de ce qui est occulté dans le patrimoine islamique. Ils ont peur que le commun des mortels se mette à réfléchir, à discuter, à débattre, à critiquer, à utiliser la raison, cette faculté qu’ils ont endormie en Égypte comme dans le monde arabo-musulman. Jusqu’alors, ils ont réussi à la neutraliser en la mettant hors service. Or, cette faculté commence à se métamorphoser en appendice vermiculaire qui nécessite une amputation urgente avant d’empoisonner tout le corps.

« Monsieur le Président !
« Dévoiler ce qui est occulté, démasquer les zones obscurantistes du patrimoine islamique, ou inciter les gens à la réflexion critique est un acte qui fait trembler le trône des gardiens du temple… Il ne s’agit pas ici de défendre le Seigneur Allah… Il n’a besoin de personne pour sa défense.

« Ce qui les importune en premier lieu, c’est la préservation de leurs intérêts, de l’argent gratuit collecté dans les pèlerinages, par le biais du zakat, les subventions très généreuses en provenance du Golfe et de leur mentor wahhabite.

« Cette mutation de la religion en une institution gérée par des fonctionnaires mercenaires, bafoue la conscience et l’éthique humaine. L’essence de la spiritualité s’est mue dans des pratiques apparentes et des manifestations folkloriques. « La religion relation » est assassinée en faveur du culte du jilbab, du niqab et de la barbe.

« Le crime attribué à Islam Bahiri, c’est qu’il a osé dire que le roi est nu, en dépit de son beau cheval et de ses somptueux costumes… Il a fustigé la nudité du patrimoine islamique, qui est truffé de conceptions erronées, contradictoires, chimériques, démoniaques, incitant au terrorisme, au rejet du présent, à l’exclusion de la différence. Il a crié fort, car, face au vacarme assourdissant de Daesh et d’al-Qaeda, il faut crier encore plus fort.

« La critique du langage dans son discours n’est qu’un prétexte futile pour justifier son incrimination. L’essentiel c’est de vérifier objectivement si c’est sa méthode de présenter les faits et les arguments, était la raison valable de sa condamnation, ou c’est plutôt la peur du scandale, la mise à nu du patrimoine ou la perte du fonds de commerce ?

« Défendre les Hadiths de Bukhari est plus important aux yeux des doctes d’Al-Azhar et des salafistes que la défense de la religion elle-même. Si Islam Bahiri avait dit Aïcha s’était mariée à l’âge de dix-huit ans avec Mahomet, ces Azharites ne seraient-ils pas tentés d’accepter son point de vue qui donnerait une image positive de l’islam ? Or, comment peut-on accepter une telle ignominie, alors que notre patrimoine confirme qu’elle avait neuf ans ? En effet, la parole de Bukhari demeure infaillible comme le Coran. Lorsque nous commettons une erreur, nous ne dirons pas : « nous avons commis une erreur dans le Coran », mais nous dirons que « l’erreur est dans Bukhari ». Qu’a fait Islam Bahiri ? Il a débattu cette question avec une bonne intention, afin d’améliorer l’image de notre islam, qui se dégrade de plus en plus et devient synonyme du terrorisme dans l’optique du monde entier, grâce aux bandes de Daesh et des wahhabites,

« Monsieur le Président,

« Notre révolte du « 30 juin » visait la doctrine des Frères Musulmans et pas les personnes. Nous n’avons pas réclamé la chute du régime de Badih, guide des FM mais celle de la pensée du takfîr. Nous n’avons manifesté par millions dans les rues que pour entrer dans l’ère des Lumières et de la modernité et non pas dans la prison de « Torra ». Voilà ce qu’était le génie du 30 juin, le jour où le peuple égyptien a écarté les FM du pouvoir.

« Nous vous avons élu pour nous débarrasser de leur idéologie et de leurs masques de déguisement. Nous nous sommes révoltés pour couper leur barbe qui poussait à l’intérieur de la société avant qu’elle ne se développe en forêts épaisses empêchant la croissance de l’intellect, l’évolution de l’esprit, et la joie de la vie.

« Notre révolte ne constituait pas une procuration inconditionnelle ni un chèque en blanc pour les évincer du pouvoir et tolérer par la suite leur doctrine d’exclusion encastrée dans la société.

« Hélas, leur pouvoir s’est développé. La mainmise d’Al-Azhar s’est renforcée sur la censure et la Constitution. Des articles et des lois abominables sont conservés, comme celui du blasphème, activé de façon encore plus oppressive qu’avant. Le Président Moubarak n’a rien entrepris pour supprimer la loi de la « hisbah », et épargner la vie du professeur Nasr Hamed Abou Zeid.

« Sous votre mandat, et suite à deux révolutions, voilà Islam Bahiri condamné et incarcéré. D’autres intellectuels de son calibre attendent leur tour devant la guillotine.

« Il m’est difficile d’imaginer que vous ayez réclamé et incité les intellectuels à innover le discours religieux et à procéder à une révolution religieuse sans oser leur donner le feu vert et assurer leur sécurité… Et vous voulez encore dire à l’Occident : « Nous garantissons en Égypte une liberté d’expression sans précédent ! »

« Monsieur le Président !

« Islam Bahiri incarne un rêve, celui de l’innovation, des lumières, de la modernité. Il ne fait pas partie d’une bande de criminels ni d’une milice paramilitaire qui égorge, extermine, incendie, fait exploser ses adversaires.

« Son crime, c’est sa pensée. Il la chante en dehors de l’islamiquement ou du politiquement correct. Certains disent : son langage nous choque, il aurait dû parler avec douceur et modération.

« Monsieur le Président !

« La schizophrénie collective nécessite souvent des chocs électriques, d’autant plus qu’elle est plus grave et plus dangereuse que celle des individus. »

Malek Sibali

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Notifiez de
Pivoine

“Bahiri a osé critiquer, sur une chaîne de télévision nationale, l’authenticité de certains hadiths attribués au prophète de l’islam.”
Et il a bien raison !
Car moi non plus, je ne crois pas un seul mot de tous ces hadiths !
Invraisemblables, incohérents, ils ont tout du scénario d’un film d’horreur.
Un prophète qui, tout d’abord, prêche pacifiquement, puis voyant qu’on ne l’écoute pas assez, devient assassin, violeur…
Mister Jekyll et Mister Hyde avant l’heure !

pauledesbaux

KXAdd un grand BRAVO à Monsieur Malek SIBALI QUI A EU LE COURAGEr le courage d’interpeler le président egyptien qui ne tient pas ses promesses sur lesquelles il a été élu.
Est-ce les ulémas qui ont été élus ou bien Lui ? de plus en plus le monde arabo-musulman se révolte contre ce coran moyenageux et c’est tant mieux comment peut-on aller de l’avant avec de telles pratiques criminelles quel est le DIEU POUR LEQUEL ON EGORGE à part allah mahomet ? leur religion de paix d’amour et de tolérance n’est que baliverne alimentant leur barbarie et leur fonds de commerce ?

Le Nigérian

L’islam=violence, haine, intolérance, pillage, esclavagisme, viol, pédophilie, et mensonge, prétendre autres c’est etre NON-MUSULMAN

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