Présidentielles, deuxième tour : Vous n’allez quand même pas voter pour l’UMPS ?

Publié le 30 avril 2012 - par - 534 vues
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Le Système UMPS a gagné. Pouvait-il en être autrement ?… Durant des semaines, un battage médiatique bien orchestré a fait la promotion des deux seuls candidats adoubés par la caste au pouvoir, les autres ayant été traités au mieux comme des figurants, au pire comme des gêneurs à éliminer. On nous a bien expliqué que la mondialisation était inévitable et bénéfique, que hors de l’Euro point de salut, et que toute analyse critique de l’immigration, de la décadence scolaire ou de l’insécurité relevait d’une « pensée nauséabonde rappelant les heures les plus sombres de notre histoire »… Sans surprise donc, à l’issue de ce premier tour des élections présidentielles, la majorité des Français s’est soumise au Système, les réfractaires restant minoritaires – disons un petit 20% de l’électorat.

Mais ce petit 20%, voyez-vous, c’est encore trop pour notre élite politico-médiatique – les réfractaires doivent être ramenés dans le droit chemin : d’abord parce que, dans le duel qui s’annonce entre les deux candidats finalistes, chacun d’eux (et surtout celui de l’UMP) a besoin d’un maximum de reports de voix ; ensuite et surtout parce que la légitimité du vainqueur quel qu’il soit dépendra du taux de participation des électeurs. Pour cela, le dernier « élément de langage » à la mode est que les votes contestataires du premier tour ne signifient nullement une quelconque adhésion à des thèses antimondialistes, eurosceptiques ou nationalistes (d’ailleurs soigneusement rendues inaudibles ou « nauséabondes »), mais simplement l’expression d’une petite angoisse existentielle bien compréhensible que nos deux candidats vont nous soigner sans problème, à condition que nous soyons gentils et que nous arrêtions de bouder… Dites, vous n’avez pas un peu l’impression qu’on nous prend pour des imbéciles ?

J’en vois pourtant parmi nous qui seraient prêts à aller voter au deuxième tour, certes la mort dans l’âme, mais pour la bonne cause – soit, pour les uns, sanctionner définitivement un Président jugé indigne, soit, pour les autres (et les plus nombreux sans doute), empêcher une victoire de la gauche, pressentie comme catastrophique… Pour ma part au contraire, je crois que les réfractaires que nous sommes devraient s’abstenir de participer au deuxième tour de cette élection présidentielle (1) – et ceci pour une simple raison de cohérence intellectuelle.

Depuis des mois, nous affirmons que les deux candidats de l’UMPS sont autant l’un que l’autre soumis à l’Europe, à la finance mondiale et aux intérêts américains, et donc appliqueront à peu près la même politique lamentable au détriment du peuple français ; que le débat politique, d’ailleurs, ne se situe plus entre la gauche et la droite, mais entre ceux qui sont attachés à leur pays, à sa république et à ses valeurs, et ceux qui sont prêts à sacrifier tout cela sur l’autel de la sainte économie mondialisée et de la bien-pensance multiculturaliste… Après cela, pouvons-nous maintenant, logiquement, envisager d’aller voter pour celui qui, à vue de nez (et sur la foi de promesses électorales dont on sait ce qu’elles valent, surtout de la part du Président sortant…), nous paraîtrait le « moins pire » des deux ?… Choisit-on entre la peste et le choléra ?… Réfractaires, insoumis (certains d’entre nous se disent même « résistants »), soyons le jusqu’au bout. Nous avons été frustrés du grand débat que nous réclamions, et on essaie de nous enfermer dans la seule alternative admise par le Système, le choix UMP/PS. Participer à ce scrutin, ce serait légitimer le Système : ce serait vraiment avaler son chapeau !

Je suis conscient que les abstentionnistes, en n’apportant pas au Président sortant les voix dont il aurait besoin, provoqueront probablement sa défaite. Mais si l’abstention est suffisamment forte, le vainqueur ne le sera que par défaut – une victoire à la Pyrrhus, face à une opposition qui trouvera là une occasion de se restructurer : on peut imaginer un démantèlement de l’UMP, et pourquoi pas, sur ses décombres, la naissance d’un rassemblement républicain qui pourrait porter nos idées… Cela ne vaut-il pas la peine de tenter la chance ?…

Jean-Marie Blanc

(1)     Abstention proprement dite, ou bien vote blanc ou nul… Mais quel intérêt d’aller voter, sachant que le pourcentage de bulletins blancs et nuls n’est jamais commenté par les médias ?…

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