Primaire de l’Iowa : autopsie d’un ras-le-bol

Trump-2Les résultats de la primaire de l’Iowa sont tombés: Clinton gagne du coté démocrate, talonnée par Sanders. Chez les Républicains, la vague Trump semble faiblir face à l’impétueux Ted Cruz, aussi conservateur que Trump, mais plus cultivé, et doté d’une expérience politique solide.

Quelle est finalement l’équation de ces primaires?

D’un coté, l’establishment démocrate incarné par Hillary Clinton, fille d’un industriel du textile, femme d’un ex-président, déjà pressentie à la Maison Blanche en 2008, avant de devenir Secrétaire d’État.

De l’autre, le papy flingueur, Bernie Sanders; septuagénaire, ancien sénateur démocrate du Vermont, il s’illustre par son iconoclasme, poussant la transgression jusqu’à se dire ouvertement « socialiste », dans ce pays où l’économie de marché règne sans partage. Non content de cela, il s’est dit partisan d’un système de santé élargi; opposé au libre-échange, il a juré de « rendre l’Amérique aux travailleurs »; opposé aux grands empires médiatiques, partisan d’un journalisme indépendant et dégagé des conflits d’intérêt. Il est également un partisan du mariage homosexuel, de l’avortement et clame pour la légalisation du cannabis.

Ces derniers points peuvent certes lui être reprochés, mais il a le mérite d’être vraiment de gauche, de l’assumer, et de ne pas louvoyer comme une Clinton pour essayer de récolter quelques voix républicaines. Cela explique aussi que Clinton soit la candidate adoubée par les instances du Parti Démocrate et une grande partie du beau monde médiatique et artistique.

Qu’en est-il de l’autre coté?

Au sein du GOP¨(Parti Républicain) c’est comme souvent une guerre fratricide. Entre les candidats de l’appareil, et ceux du peuple, se dresse un fossé. Que dis-je? Un abîme! Là où l’establishment politique voudrait imposer au peuple un Jeb Bush ou un Marco Rubio, réputés « modérés », l’électorat républicain, lui, ne peut s’empêcher de lorgner vers l’ouragan Trump, gargantuesque et incontrôlable, dont les provocations répétées sont le reflet d’un ras-le-bol anti-système. De l’autre coté, le jeune Ted Cruz moins iconoclaste que Trump dans son parcours, mais tout aussi conservateur.

Disons-le: l’appareil du GOP¨n’aspire qu’à une seule chose: voir Cruz et Trump tomber, ce qui leur permettrait de sortir de leur chapeau le lapin Bush, ou bien Rubio, ou un autre « homme de consensus ». Il ne s’agit pas seulement de jalousies personnelles et mesquines. L’establishment républicain pense – peut-être à raison – que si Trump parvient à remplir les salles de meetings, il lui sera moins aisé de remplir les urnes électorales, notamment d’attirer les électeurs afro-américains, musulmans, latinos et moins conservateurs.

Un Rubio serait parfait dans ce rôle du « Républicain modéré », lui qui est latino, bon orateur, et dont la devise semble être video et taceo (je regarde et je me tais) au vu de ses avancées zigzagantes, de ses silences et de ses reculs sur plusieurs sujets de société. Quant à Jeb Bush, ce dynaste honni du peuple se contente de reprendre à son compte les thématiques des néoconservateurs, sans rien y ajouter de personnel. Son patronyme semble être son principal atout politique.

Le mot « establishment » aurait être prononcé plus d’une cinquantaine de fois lors des débats télévisés. C’est que ce terme semble être très à la mode, tous les candidats essayant à cors et à cris de démontrer qu’ils n’en font pas partie.

On a trop tendance en France à représenter « les Américains » comme un bloc monolithique, oubliant le gouffre qui sépare l’homme d’affaires new-yorkais du fermier texan; le latino floridien de l’afro-américain californien. On a trop tendance à penser que « les états-uniens dominent le monde », alors que l’Américain de base trime comme plus qu’un smicard français, pour espérer nourrir ses gosses et leur assurer un avenir sans être obligé de vendre un rein.

Or, le peuple états-unien en a ras-le-bol, ce qui explique la percée d’hommes politiques atypiques tels qu’un Trump ou un Sanders, véritables tontons flingueurs mettant en branle les certitudes quasi-séculaires de leurs partis respectifs.

Au vu de la récente primaire en Iowa, il parait peu probable que D. Trump et B. Sanders se retrouvent dans un face à face pour la présidence. Mais ils auront le mérite d’avoir jeté les bases de courants contestataires que tout oppose mais qu’une chose rassemble: le refus de l’establishment et de l’autoproclamé camp du Bien.

Nicolas Kirkitadze

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5 Commentaires

  1. Je ne décolère pas d’entendre TOUS les médias, même les alternatifs, nous rincer la tête des « cocus » aux U.S.A. sachant qu’on en prend pour un an de spéculations aussi hasardeuses que laborieuses… Ne sommes nous pas assez vassalisés par l’oncle sam??? Ne prenons-nous déjà pas tous nos ordres à Washington??? Quelque soit le candidat élu, il marchera dans la combine des oligarchies mondialistes et du grand capital… Gardons notre énergie pour des combats qui sont vraiment les nôtres !!! Sinon, vous pourrez bientôt vous livrer à l’autopsie d’un Peuple mort de s’être laissé envahir…

    • Oui, mais le problème est que notre avenir est quand-même lié à la politique américaine, je pense que pour le bien de l’Europe, il aurait fallu que Trump arrive à la maison blanche et surtout pas Clinton

  2. Aujourd’hui, ce serait bon pour les USA, ce serait bon pour le monde occidental, ce serait bon pour l’humanité toute entière, que D. TRUMP devienne président des USA en succédant à l’islamiste squattant la Maison Blanche depuis 8 ans. En effet, quoique l’on veuille lui reprocher, D. TRUMP, a l’immense mérite de désigner sans détour la principale nuisance contre l’humanité, à savoir l’islam. Tous les autres tergiversent et prennent des gants avec les déchets. Qu’ils aillent au diable ! Vive TRUMP, mort aux nazislamistes.

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