Procès Camus : Mairat, l’avocat du Mrap, n’a-t-il pas eu une attitude raciste ?

Publié le 24 février 2014 - par

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L’avocat du Mrap, lors du procès Camus-Philarchein, s’appelle Pierre Mairat (on espère qu’il n’est pas issu de la région toulousaine). On le voit, dans la vidéo ci-dessus, qualifier de “râââââciste” l’attitude de Brice Hortefeux, auteur d’une célèbre phrase qui lui a valu, de manière grotesque, les foudres de la justice, à travers les plaintes d’associations antiracistes que son gouvernement a été assez stupide pour continuer à subventionner.

Les spectacteurs de la 17e chambre ont assisté à un spectacle qui aurait mérité d’être immortalisé, lors de l’interrogatoire, par le nommé Mairat (surtout pas d’amalgame…) d’un des deux témoins de Renaud Camus, un enseignant d’origine marocaine, Farid Tali. Celui-ci, âgé de 35 ans, professeur de Français dans des collèges du 93, avait osé, à la barre, évoquer son expérience personnelle dans ces écoles de la République. Il s’était permis de parler de l’attitude de nombre de ses élèves, majoritairement issus de l’immigration maghrébine, de leur mépris de la langue française, de leur refus de s’identifier au pays dans lequel ils étaient nés, et de leur rejet total de l’appartenance à la communauté française.

Que n’avait-il dit, le malheureux ! Dans un langage digne de Béria ou du procureur stalinien Vichynski, l’avocat du Mrap se mit, tel un inspecteur pédagogiste de l’Education nationale, à interpeller grossièrement l’enseignant, l’accusant ouvertement d’agresser ses élèves en leur parlant de l’amour d’une France qui avait colonisé ses ancêtres, sans oublier les insupportables discriminations que subissaient ces malheureux dans leur quotidien. Et de faire la leçon à un enseignant issu de l’immigration marocaine, coupable, le misérable, d’oser parler à ses élèves de son amour de la France.

Farid Tali, d’une manière très polie, répondit courtoisement à ce qui s’apparentait ouvertement à une agression. Mais une telle attitude, aussi ouvertement inquisitrice et agressive, ne mérite-t-elle pas réflexion ? N’y a-t-il pas une forme de “râââââcisme” dans le discours de l’avocat du Mrap, une vision essentialiste de l’immigré, qui doit rentrer dans un moule idéologique : la victime du colonialisme, répercutant le discours revanchard des Indigènes de la République ? Celui qui, courageusement, comme Farid, ose parler d’un pays à qui il doit tout, et préfère minimiser certaines discriminations, pour mieux réussir le “vivre ensemble”, est forcément un traître à sa cause, ce que les islamistes appellent avec mépris un “harki”.

Au-delà du côté sordide et révoltant du véritable interrogatoire que subit l’enseignant, deux faits énormes montrent que, finalement,  l’avocat du Mrap a ânonné un discours dogmatique tout fait, et n’a pas travaillé son dossier. D’abord, lui qui a reproché – on se demande ce que cela faisait dans un tribunal – à Renaud Camus d’avoir soutenu Marine Le Pen en 2012, n’a même pas été capable de faire le même reproche à Farid Tali. Cela signifie donc qu’il n’en était pas informé. Un peu amateur, non ?

Mais le pire n’est pas là. Alors qu’il avait une arme redoutable entre les mains, la défection, peu élégante, de dernière minute, d’Alain Finkielkraut, témoin prévu de l’écrivain, Pierre Mairat fut incapable d’exploiter cette aubaine, qui aurait pu mettre en difficulté l’accusé et sa défense.

Les avocats des associations dites antiracistes se vantent souvent d’être bénévoles. Cela ne les empêche pas de demander des frais de justice dont on a peine à bien comprendre à quoi ils peuvent servir, puisque, à les écouter, ils seraient militants… Ainsi, cette fois, le nommé Mairat a-t-il, outre des dommages et intérêts estimés à 10.000 euros pour les deux accusés, osé demander 3.600 euros de frais de justice.

Nous ne voulons pas mettre la pagaille au Mrap, mais, vue la piètre prestation de son avocat, on espère qu’il ne leur coûte pas trop cher…

Jeanne Bourdillon

 

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