Procès Camus-Philarchein : Une Bérézina pour le Mrap !

Publié le 22 février 2014 - par - 4 188 vues
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« Mes bretelles vont sonner… ». Comme tout le monde, le prévenu Jacques Philarchein a dû passer à la fouille avant de prendre place dans la tristement célèbre 17e Chambre où chacun avait à cœur de saluer des visages familiers parmi le public. Tandis qu’il passait à la fouille, des journalistes ont sollicité une interview aussitôt refusée dès l’annonce de leur maison… Canal+.

Après une heure éprouvante de fixations, le premier des deux procès a débuté. Il s’agissait de celui particulièrement surréaliste de Christian Vanneste accusé d’avoir tenu des propos ayant trait au narcissisme homosexuel. Deux individus non autorisés tenant des propos improbables et haranguant la Présidente se sont faits sortir manu militari par les gendarmes, sous les gloussements étouffés de l’assistance. Mon voisin René Marchand avait dans le regard le pétillement de celui qui apprécie la représentation vaudevillesque qui se joue devant lui.

Le procureur, aux faux airs de Manuel Valls, a rapidement évacué les habituels poncifs de « stigmatisation » qu’il gardait au chaud dans son gosier, se voyant reprocher par la défense un procès d’intention dans ce procès sans victimes. Procès d’intention… Voilà qui augurait de la seconde partie du spectacle.

Clément Weil-Raynal se trouvait dans le box des journalistes et prenait de nombreuses notes. Ivan Rioufol l’a rejoint à un moment donné, histoire de faire une apparition, repartant peu de temps après.

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A 16 h 30 le procès de Jacques et de Renaud Camus a enfin débuté avec le rappel des faits et la diffusion des passages vidéos incriminés. Les propos de Jacques, se déclarant marxiste et soucieux de défendre les vrais « pauvres de condition » plutôt que les « pauvres de revendication », ont semblé ébranler l’un des gendarmes présents ainsi que l’un des deux vice-présidents.  Notre ami Jacques a rappelé brièvement que des chiffres sur l’immigration avaient été rendus publics par Jean-Paul Gourévitch et confirmaient ses propos, et que d’ailleurs leur auteur n’avait jamais été attaqué pour ce rapport, preuve que les chiffres étaient avérés.

Ce fut ensuite au tour de Renaud Camus de prendre la parole, expliquant qu’après quarante ans de collaboration avec de prestigieuses maisons d’édition, il était devenu persona non grata et en était réduit à se publier lui-même.

A de multiples reprises, faute d’être compris par les magistrats, il a été contraint d’expliquer les raisons de la création de son association l’In-nocence, de sa volonté d’alerter sur le grand remplacement, insistant sur l’inévitable danger de la mort d’une civilisation découlant du changement de son peuple originel.

Niant farouchement être islamophobe et avoir incité à la haine et à la révolte violente, Renaud Camus a reproché à la Présidente d’avoir omis de citer deux phrases qui donnaient un tout autre sens aux propos qui lui étaient reprochés.

L’avocat du MRAP, Maître Mairat, est alors entré en scène, non pour se plaindre des propos de Renaud Camus, mais pour évoquer des propos qu’il aurait tenus dans un livre il y a plusieurs années  disant qu’il y aurait eu trop de journalistes juifs à la télévision. Dans l’assistance, certains ont échangé des regards interrogatifs. Quel était le rapport avec les Assises ? Renaud Camus, souriant, a précisé qu’il parlait d’une émission communautaire spécifique et non de l’ensemble du monde audiovisuel. Devant le flop de sa tentative, l’avocat a tenté de se raccrocher aux branches de l’antiracisme en reprochant à l’accusé d’avoir appelé à voter Marine Le Pen en 2012 – crime suprême – à défaut de son propre parti.

Deux témoins, tenus à part dans une pièce proche de la salle, ont été libérés pour venir à la barre. Le premier, ancien enseignant de 3e, a raconté avoir eu des élèves qui ne se sentaient pas français, ajoutant que « si une réalité est constatée, je ne vois pas pourquoi on n’aurait pas le droit de la dire ». L’avocat a expliqué ce rejet de la France par la discrimination forcément ressentie par ses pauvres élèves, reprochant au témoin, d’origine marocaine, de ne pas se sentir concerné par la colonisation et l’esclavagisme. Ce dernier a répliqué avoir lui-même été élevé dans l’amour des valeurs de la France.

Le second témoin, un monsieur d’un certain âge à la prestance élégante, s’est lancé dans l’histoire de sa prise de conscience du changement de population après avoir vécu pas moins de sept cambriolages par des personnes issues de l’immigration. Alors qu’il se trouvait au tribunal de Bobigny où se déroulait son procès où certains de ses voleurs étaient jugés, il s’est fait menacer. On lui a dit que bientôt il n’habiterait plus le quartier. Sa femme, régulièrement traitée de « pute » dans la rue, s’est fait agresser dans le RER, et l’une de ses connaissances, un certain Mohamed, lui a dit un jour « tu devrais partir, tu n’es pas bien ici, ce n’est pas un endroit pour toi ». Tous, dans ce quartier où la population changeait, lui disaient régulièrement de partir. N’y tenant plus, six mois plus tard le couple déménageait. C’est suite à cela qu’il a croisé sur le net le chemin de Renaud Camus.

« A t-on le droit d’émettre une hypothèse si elle est contraire à la politique ambiante ? » a t-il demandé, ajoutant que « si nous laissons faire ça, c’est que quelque chose en nous est malade ». Au procureur qui lui posait une question-piège, il a rapporté ces propos entendus maintes fois « je voyais des mères me dire ‘il est gentil mon fils’, mais moi je savais bien qu’il n’était pas gentil son fils ».

L’avocat du MRAP a repris la parole pour parler des Juifs et des Antillais, de l’extrême droite raciste, de la haine contre les musulmans, du fantasme de l’islam conquérant, de l’antisémitisme. Il a fustigé le premier témoin et ses propos incongrus, méprisables, dignes « du café du commerce », ce qui lui vaudra en fin de procès une volée de bois vert de la part de Renaud Camus insistant sur la réussite méritoire de cet enseignant qui enseignait la Princesse de Clèves à ses élèves, et qui avait subi de la part de l’avocat un mépris inacceptable, ajoutant que les immigrés jouissaient en France d’avantages dont ils n’auraient jamais bénéficié dans leur pays d’origine.

Bien lancé, et manifestement en manque de propos contestables lors des Assises mais néanmoins fortement désireux de justifier le remplissage du tiroir-caisse du MRAP, l’avocat a sorti de son effet de manche le massacre de Sétif et le racisme d’Etat de l’époque, ce à quoi mon voisin René Marchand a précisé dans un virulent chuchotement « de la gauche ! ». Ne nous épargnant rien des grands classiques du genre, nous avons eu droit au crime par noyade dans la Seine par le FN, au 17 octobre 61, à Papon, au GUD, au nazisme, au fascisme. Et cerise sur le gâteau, il a même ajouté que puisque Renaud Camus n’avait pas précisé que sa lutte passait par le vote, c’est que nécessairement son intention était le recours à la violence ! Il a donc demandé 10.000 euros de dommages et intérêts, et 3.600 euros de participation de frais de justice !

Le procureur nous a ensuite gavé d’un politiquement correct indigeste et convenu avec en vrac le « racisme chez Camus avec un certain souffle littéraire », « un racisme original à la sauce marxiste », d’un « délire angoissé venu de l’extrême droite » et de « théorie anxiogène réclamant une population blanche ». A plusieurs reprises, comme un mantra ronronnant et creux, a été répété qu’il n’était évidemment pas question de limiter la liberté d’expression alors même que ce procès avait pourtant été engagé dans cette optique. D’ailleurs, il a bien été dit que « là, on a dépassé les limites de la liberté d’expression »… On ne veut pas la limiter mais tout de même, il s’agirait de ne pas dépasser les limites !

Durant la litanie du procureur – qui lui aussi a considéré que les témoins n’avaient pas apporté de témoignages intéressants -, il n’a été question que de fustiger le rejet des autres en raison de la haine, du racisme, de la stigmatisation, mais rien sur le problème posé par Renaud Camus, à savoir le changement de civilisation…

Les plaidoiries des avocats de la défense ont ensuite débuté avec celle particulièrement brillante de Maître Joseph Scipilliti, l’avocat de Jacques qui a énuméré les pressions terribles subies par ceux qui étaient liés à la tenue de nos Assises en 2010. Rappelant que l’islamophobie était une opinion et non un délit, il a insisté sur le fait que des policiers et des journalistes étaient présents lors de ces Assises, y compris des gens d’Al Jazeera et d’Oumma.com, et qu’aucun n’a relevé le moindre propos raciste ou haineux.

Maître Scipilliti s’étonnait que le racisme anti-blanc ne soit jamais pris en compte par ces associations qui ne défendaient pas davantage des Asiatiques régulièrement agressés par les populations de l’Est parisien. Le tribunal semblait manifestement ébranlé par ce qu’il entendait, ce qui s’est confirmé à la lecture de paroles de rappeurs et d’un rappel salutaire des propos racistes tenus par Houria Bouteldja. L’un des gendarmes buvait littéralement ses paroles, le front plissé de celui qui se prend dans le cerveau des données inattendues et assurément passionnantes. L’avocat du MRAP, enfin, a été interpelé sur l’incongruité du concours Miss Black demandant ce qui se passerait s’il existait un concours Miss Blanche.

Lorsque l’avocat de Renaud Camus, Karim Ouchik, a pris la parole pour rappeler les chiffres des Français hostiles à l’islam, l’avocat du MRAP, avachi depuis un moment sur son siège, a donné des signes d’agacement, tapotant ses doigts sur le bois de sa table.

La relaxe a bien sûr été demandée par les avocats respectifs de nos amis.

Il était 21 heures lorsque Renaud Camus a conclu ce procès de manière éclatante, offrant pratiquement une conférence gratuite aux magistrats. Nous mourions d’envie d’applaudir les différents intervenants de la défense, tellement ils se sont surpassés dans leurs argumentations respectives.

A l’intention de l’avocat du MRAP qui découvrait les affres de la bérézina, Renaud Camus  a porté une estocade jouissive sonnant l’heure de fin de sa récré avec cette remise au goût du jour de l’acronyme fatal : Mouvement pour le Remplacement Accéléré du Peuple.

Caroline Alamachère

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