Procès de Farid, l’assaillant de Notre-Dame : du bon usage du marteau


Claude François, notre chanteur égyptien, chantait en sautillant : « si j’avais un marteau, je travaillerais le jour, je travaillerais la nuit ; pour mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs… ce serait le bonheur ».
C’était un usage de l’outil bien sympathique… et surtout constructif. Que d’amour familial, de joie de vivre ensemble, d’envie de rendre un peu de ce qu’on a reçu ! Pour d’autres, rendre la politesse se conjugue autrement, d’un temps plus qu’imparfait. Ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage. Ainsi, le 6 juin 2017, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, Farid, un ancien journaliste algérien que l’on pouvait plutôt imaginer apprenti menuisier en contrat d’alternance islamo-djihadiste, frappait des policiers en bondissant et en hurlant, marteau au poing : « c’est pour la Syrie ! » Un peu pauvre comme poésie. Barbe longue, idées courtes, courte prose. On l’aurait bien vu enfermé dans un cirque à Médrano. Comme quoi, ce n’est pas toujours le bon outil qui fait le bon artisan ou l’instrument l’aimable chanson. Farid est jugé à partir de ce lundi 12 octobre 2020 pour tentatives d’homicides terroristes perpétrées au nom de l’État islamique. Il encourt, nous dit-on, la prison à perpétuité.

On peut douter que tous ces bricolages foireux, ces tentatives poussives, plus rarement ces chefs-d’œuvre de périls, manifestent le désir d’œuvrer pour le bien commun. Nous connaissions les compagnons du Tour de France, nous découvrons, jour après jour, le tour de France de ceux qui n’ont jamais voulu marcher à nos côtés… des Compagnons de la chanson à tendance heavy metal ; de ce métal dont on fait des objets durs et affûtés pénétrant avec efficacité les chairs et les esprits.

Si un attentat fait oublier le précédent comme un clou chasse l’autre, l’obstination de ces autoentrepreneurs de terreur finit par laisser des traces. C’est la stratégie des mille entailles : frapper les esprits, frapper sans relâche sur la structure jusqu’à ce que la bûche craque et se fende. Faire feu de tout bois, c’est vouloir enfoncer le clou dans nos têtes de bois. Ça fait du bien quand ça s’arrête ! On finit par en être sonné, à en avoir mal au crâne. Une vraie gueule de bois. Sont-ce toutes ces bières consommées en terrasses aux lueurs des chandelles ? Un bon cachet de moraline et cela passera !

D’autres, parmi nous, choisiront de se rendre au bal, costumés en Charlie Martel. Buvait-il des pots à Poitiers ? C’était un autre temps, un peu moyenâgeux, un temps où l’on préférait la masse d’arme à la mine du crayon et, comme mode de résistance, le combat frontal plutôt que l’absorption de cervoise.

Enfin, de grâce, ne tombons pas dans l’excès ! Stop aux dérapages incontrôlés ! Il existe d’autres instruments plus doux, d’autres arguments plus convaincants, d’autres convictions plus argumentées pour remettre les idées en place chez nos invités indélicats : la caresse de la badine, de la schlague ou du knout… ou, dans la langue de Corneille, l’utilisation de la carotte et du bâton. Nous avons expérimenté la première par tombereaux entiers, de surcroît dispendieux. Cessons de ripoliner les façades des cités ; ces villages Potemkine nettoyés le temps de la parade électorale. Au vu des résultats, il serait temps maintenant de s’entraîner au maniement du second. Nous avons un large choix de gourdins civilisés, du makila basque finement ouvragé à la canne plombée des Camelots du Roi.

Ouille-ouille-ouille ! Par tous les Dieux du Walhalla. Par Odin et par le marteau de Thor ! Toute cette histoire va finir par nous mettre Martel en tête… De quoi en devenir marteau !

Frédéric Sahut

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1 Commentaire

  1. Hélas, ces gens-là sont susceptibles de passer des armes contondantes aux armes tranchantes et transperçantes…

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