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Procès du Bataclan : j’ai eu le malheur d’énerver le président…

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Mes amis, vous avez vu ce que j’ai déclaré dans mon témoignage hier, devant la cour d’assise spéciale dans le procès des terroristes qui ont perpétré l’attentat le plus meurtrier depuis la dernière guerre.

Procès du Bataclan : ce que j’ai dit sur l’assassin Abdeslam devant les juges

D’abord il faut savoir que le président à réservé aux deux personnes les plus virulentes un passage tardif, comme cela la salle étant assez vide, il prenait moins de risques. Est-ce un hasard ? Cela serait surprenant, vu l’organisation sans faille de ce procès. Mais comme le président est maître des débats, on ne peut rien dire !

Un certain M. Patrick Denuit, que je n’ai pas l’honneur de connaître, et qui a eu le malheur de perdre son fils dans le Bataclan, affirmait que son fils avait été émasculé et éviscéré. Cela a eu pour effet de braquer le président, qui a affirmé que tout cela était faux et qu’il n’y avait pas eu d’exaction. Ce Monsieur a demandé au président, selon son pouvoir discrétionnaire, de vérifier la dentition de son fils, et de la confronter avec celle de la personne ayant fait l’objet de l’autopsie. Apparemment les scanners effectués et fournis avec le dossier de son fils ne correspondent pas pour 4 sur 5 au corps de son fils. Le président, passablement énervé, lui a répondu qu’il verrait ! Bref c’est donc dans une certaine tension qu’à mon tour je suis amené à déposer devant la cour, et devant un président courroucé, que je dois prendre la parole. C’est un exercice qui n’est pas facile pour celui qui n’y est pas habitué. C’est assez impressionnant, mais qu’importe, il fallait que j’y aille ! Pas question de reculer, ce n’est pas mon genre !

Donc j’ai commencé ma déclaration, et comme sans savoir ce qu’allait dire mon prédécesseur, j’ai abordé le passage des  exactions. Et là le président est rentré dans une colère folle, perdant son sang-froid : « Je vous ai dit qu’il n’y a pas eu d’exactions ». Je lui rétorque que c’est son point de vue et pas le mien ! Il me répond : « vous savez ce que ça fait une balle de kalachnikov » ? Comme si lui était expert en balistique. Non lui répondis je, mais les deux yeux avec une balle cela me paraît bizarre. Puis je continue ma déclaration, sans ne plus être interrompu. À la fin, il m’indique deux choses :

1- il a trouvé ma déclaration trop politique. Je lui rétorquais qu’au contraire j’avais fait très attention à ce que cela ne soit pas le cas. Mais pour lui le simple fait de citer un sondage IFOP c’est de la politique ! Enfin on me reproche d’avoir pris les étrons qui sont dans le box des accusés pour des assassins déjà condamnés. En cela le président a raison cependant, comme certains ont déjà avoué leur participation…

Curieux pays que la France, où on n’a pas le droit de dire ce que l’on pense, si cela ne correspond pas à ce que les dirigeants attendent. Peu de gens osent dire ce qu’ils pensent, mais beaucoup pensent comme moi. Il suffit de voir le nombre de gens venus me féliciter et m’encourager après mon intervention dans une salle qui s’était remplie au moment de mon intervention. Quant aux réseaux sociaux, c’est de la folie. Mes comptes ont tous doublé, les messages d’encouragement et de soutien affluent. Aurais-je réussi à faire quelque peu changer les mentalités ? Je ne sais pas, en attendant un peu de repos avant le 10 novembre, date où François Hollande a rendez-vous avec le Bataclan. Espérons qu’il répondra à mes questions.

Cet après midi un policier est venu témoigner et il a déclaré que sa hiérarchie leur avait donné l’ordre de ne plus parler du Bataclan. Puis on leur a demandé de ne faire aucun rapport. Ce qui peut surprendre quand on sait qu’à chaque intervention ils doivent faire un rapport. Puis on leur a demandé de faire un rapport en urgence  le 16/2/2016 une fois que les souvenirs se sont un peu altérés.

L’organisation merdique a donc continué après le Bataclan. Encore merci, Cazeneuve !

Patrick Jardin