Procès Jean-Mairet : je suis Birman, je vais me constituer partie civile

Publié le 3 avril 2016 - par - 4 commentaires - 1 530 vues
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Justice

Je suis Birman. J’ai décidé de me constituer partie civile contre le Suisse Alain Jean-Mairet, qui est poursuivi par la Licra, pour donner à ce procès tout le rayonnement mondial qu’il mérite.

Ce procès, qui a déjà un caractère universel, avec un tribunal français, un mis en examen suisse, un auteur tunisien et un plaignant international, va certainement entrer dans les annales judiciaires du monde.

Il était tout à fait normal que la France, qui a ses « Médecins sans frontières », ses « Reporters sans frontières » etc. ait aussi des « Juges sans frontières » et… des « Sanctions sans frontières » aussi. La justice française ne s’arrête plus à Cayenne, comme ce fut le cas avec Taubira. Il faut aller plus loin.

Le procès semble cependant manquer d’une participation plus large de citoyens du monde.

C’est pour cette raison et pour pallier ce déficit que je me constitue partie civile. Avouez que c’est plus intéressant ainsi. Un tribunal français juge un directeur suisse sur la base de l’article d’un ressortissant tunisien avec une partie civile birmane.

J’ai des amis au Swaziland qui voulaient aussi se constituer partie civile, mais je suis arrivé à les en dissuader. Je les ai convaincus d’attendre les prochains procès. Il va y avoir plus d’argent en jeu, leur ai-je dit.

En fait, je ne voulais pas me risquer à partager avec eux. C’est vrai qu’ici le mis en examen est un Suisse, et comme tel il doit avoir plein de pognon sur ses comptes en banque… Mais pas question de partager. Je suis arrivé le premier. Juste derrière la Licra. Il faut faire la file. Personne ne sera lésé. Il y aura plein de procès encore. Il faut juste se tenir au fait des activités de la LICRA et ça viendra…

Je ne dis pas que c’est juste pour gagner des sous que je me constitue partie civile. Il est vrai que les temps sont difficiles et que quelques billets venant de Suisse me feraient du bien… Surtout que le Franc suisse se porte assez bien actuellement. Non, ce n’est pas seulement pour de l’argent. Je puis vous assurer que j’ai été vraiment choqué par ce qu’a écrit Salem Ben Ammar. En fait, je suis bouddhiste, mais je suis solidaire avec la communauté musulmane de Birmanie, qu’on appelle les Rohingyas, une communauté qui a été fortement bouleversée par cet article au point de susciter des troubles au sein de notre société et de faire chanceler son unité.

Vous me demandez si Riposte Laïque est lu en Birmanie ? Mais, bien sûr. Puisque c’est sur Internet. Je parie que la Lettre de Riposte Laïque arrive plus vite en  Papouasie-Nouvelle-Guinée que dans la région de Lyon. Pas obligatoirement à cause de Juppé ni de son ami Oubrou (Désolé, j’ai oublié son prénom, mais il a le même que celui du petit-fils du fondateur des Frères musulmans, qui est Suisse et qui veut devenir Français… D’ailleurs, ils ne partagent pas seulement le même prénom…).

Mais le contenu est en français, me diriez-vous encore. Et alors ? Google traduit même le chinois (dans le sens propre du terme).

Vous ne pouvez imaginer qu’en octobre 2014, quand l’article de Salem a été publié, la Birmanie a failli plonger dans la guerre civile. Les musulmans n’étaient pas contents. Ils étaient en révolte. Ils demandaient à ce que l’auteur de l’article soit amené en Birmanie et jugé sur place, puis lynché quel que soit le verdict de la cour… Heureusement que les moines bouddhistes sont descendus dans la rue et leur ont expliqué qu’il faut laisser faire la Licra.

Nous, les Birmans, nous entretenons d’excellentes relations avec nos compatriotes Rohingyas. Nos rapports sont empreints de fraternité et d’amitié. Nous allons souvent les voir et nous parlons amicalement du vivre-ensemble. Souvent aussi, des moines bouddhistes viennent se joindre à nous et le dialogue est alors beaucoup plus… efficace. Les Rohingyas sont tellement satisfaits qu’après ils prennent leurs yachts et leurs bateaux de plaisance et vont faire des croisières jusqu’en Thaïlande et en Malaisie. Certains ne rentrent pas au pays, mais nous ne leur en voulons pas. Nous respectons leur volonté, car nous tenons à la libre circulation de nos frères Rohingyas. Et nous leur souhaitons bon vent…

Capture d’écran : La Licra n’a jamais entendu parler des Rohingyas

C’est donc une entente parfaite qui nous lie aux Rohingyas. Ce dont la Licra peut témoigner. Elle n’a jamais relevé quoi que ce soit qui aille contre les intérêts de cette communauté que nous respectons beaucoup.

Nous lui rendons grâce de ne pas donner du crédit à toutes ces rumeurs qui tentent de calomnier les Birmans qui soit disant maltraiteraient leurs compatriotes musulmans. La Licra, vu son statut international, et étant donné son statut consultatif auprès des Nations Unies et son statut participatif auprès du Conseil de l’Europe, aurait été la première à dénoncer de tels comportement si vraiment ils existaient et n’aurait pas hésité à nous traîner devant la 17e chambre…

Dans mon quartier, tout le monde est au courant de ma décision de me constituer partie civile. J’ai promis une tournée générale quand le verdict tombera. Nous n’avons aucun doute. Ensemble avec la Licra, nous allons gagner. Avec le décalage horaire, il sera près de 20H00 quand le tribunal rendra son verdict. Le moment propice pour faire la fête. D’autant que ce sera le début de la période de célébration de la nouvelle année bouddhiste. On ne manquera pas de boire à la santé de la Licra et de lui rendre un grand hommage.

On invitera même des Rohingyas (s’il en reste encore dans le pays…) et on fera la fête jusqu’au petit matin.

Alors, vive la justice mondiale de la République française !

Vive la Licra !

Min Khao Kin

Ancien ramasseur international de balles à Roland Garros

Texte adapté par Messin’Issa

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Notifiez de
BALT

La licra, ce machin! Bientôt, c’est la CPI qui va être saisie.

bithovan

Trés bon article;bien tourné.Pour les noms le bordelais c’est tarek; pour le Suisse c’est tarik; mais tous deux c’est takia;escusez pour les fautes de ces noms mais je n’ais pas appris la langue de mon temps ce n’etait pas au programme de l’education nationale.

JACOU

Simplifions en le nommant Takia Ramadan dans la langue du bled de son pépé.

colerefroide

Excellent!
Il faut noter que les stratagèmes utilisés pour justifier ces parodies de procès sont de plus en plus grotesques. On n’à pas fini de tourner à la dérision les décisions de ces cons de juges du mur.