Procès Méric : je leur ai craché la vérité, ils n’ont pas aimé…

Publié le 12 septembre 2018 - par - 150 commentaires - 7 063 vues
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Xavière Simeoni, présidente du tribunal, ne paraît pas avoir apprécié le franc-parler de Serge Ayoub.

Ce mardi, la presse nationale a beaucoup commenté le témoignage de Serge Ayoub, à l’occasion du procès de trois jeunes hommes, accusés d’être responsables de la mort de Clément Méric. L’occasion pour notre journal de solliciter l’ancien chef de Troisième Voie et de lui demander son avis sur ce procès et sur d’autres sujets. 

En 5 ans, les antifas n’ont recruté qu’une seule personne : la mère de Clément Méric !

Riposte Laïque : Vous avez témoigné, ce mardi, au procès d’Esteban Morillo, de Samuel Dufour et d’Alexandre Eyraud. D’abord, quel est votre regard sur ce procès, cinq ans après les faits ?

Serge Ayoub : Du coté antifa, le bilan est sévère, un désintérêt que découvre l’échec d’une mobilisation militante qui est concrètement visible. Souvenez-vous, il y a 5 ans des milliers de personnes se mobilisaient et les médias se focalisaient sur ce que tout le monde voyait comme « le petit prince de l’amour foudroyé en plein vol par les sicaires de la haine »… Aujourd’hui, que reste-t-il ? 200 à 300 clampins massés autour d’une fontaine qui scandent mollement des slogans d’un autre âge, plus une caméra à l’horizon, à peine un bandeau au fond d’un écran de télé. Les antifas voyaient dans cette mort une campagne politique et c’est une épitaphe qui se dessine plus sûrement.

Échec encore de ces mêmes antifas qui n’arrivent plus à solidariser les banlieues autour de leurs revendications. Malgré de multiples appels du pied de la part des associations d’extrême gauche, les minorités visibles font, comme le collectif Adama, la sourde oreille. La seule recrue de marque est une faible femme, pétrifiée par la douleur, la mère de Clément Méric.

Du côté des accusés, le bilan est tout aussi sévère, ils ont subi il y a 5 ans la volonté agressive d’une bande et en paieront le prix longtemps, soyez-en sûr. Leur présent est pavé de rejets, d’ostracisme, ils errent d’un emploi à un autre au gré des dénonciations anonymes des antifas et de la sacro-sainte bonne image de l’entreprise.

Et le pire, c’est que tout le monde s’en fout. Ce malheur qui tourne à la mascarade ne résistera pas au match-retour d’un PSG contre Nîmes.

Ils ont réclamé ma présence, et quand j’étais devant eux, il n’y avait plus personne.

Riposte Laïque : Concernant donc votre témoignage, ce mardi, les médias insistent sur votre arrogance supposée et sur vos accrochages récurrents avec la Présidente, Xavière Simeoni. Cela a vraiment été tendu ?

Serge Ayoub : Si être arrogant c’est répondre clairement, ne pas accepter les petites humiliations des acteurs de cette tragédie et cracher ce que j’estime être la vérité à la face de leurs préjugés et de leur suffisance, alors oui, j’ai été arrogant. Aussi arrogant qu’un avocat de la partie civile ou qu’un avocat général, à cette différence près que je n’irai pas dîner avec eux après la séance et que ces derniers ont préféré se taire lorsque j’étais face à eux. Étrange silence qui s’oppose aux attaques viriles des derniers jours contre des gamins apeurés et aux déclarations tonitruantes pour que je vienne m’expliquer à la barre. Ils insistaient pour que je sois présent alors qu’ils seront absents quand il faut débattre, à croire que pour certains la vérité fait peur.

J’ai rappelé à Madame Méric que son fils parlait comme les nazis, en 1933, à Berlin.

Riposte Laïque : La mère de Clément Méric a parlé de vous comme « d’un clown dangereux, qui développerait des messages de haine ». Et il paraît que votre sortie du tribunal aurait provoqué, selon les médias, des « remous ». Vous pouvez en dire davantage ?

Serge Ayoub : Se défendre, c’est être un clown, se taire c’est être lâche ! Avec ces gens-là, il est impossible de s’en sortir car ils ne veulent pas la justice mais un règlement de comptes.

Message de haine ? J’ai expliqué que le mouvement (3e Voie), qui avait la sympathie des prévenus, n’était pas fasciste et que, par voie de conséquence, le gang de Méric s’était trompé de cible. J’ai expliqué notre combat politique pour une démocratie la plus directe possible, une démocratie populaire dont les représentants auraient des mandats impératifs et révocables. J’ai détaillé notre espoir d’une République recherchant le bien commun, la res publica, et ayant comme unique objectif de faire appliquer la loi votée par son peuple, ni plus ni moins. J’ai démontré que nos références sociales étaient directement issues du CNR, donc de la Résistance… et madame Méric a trouvé cela dangereux !

J’ai expliqué que les slogans de haine sortaient de la bouche des antifas à grands cris de « un flic, une balle » et « pas de quartier pour les fachos ». Et madame Méric trouve cela bouffon…

J’ai rappelé la dernière menace dans le dernier souffle du malheureux Clément Méric : « ces gens-là, ça ne mérite pas de vivre ». J’ai pointé du doigt qu’avec une telle pensée, il niait jusqu’à notre humanité ! J’ai rappelé aussi que les dernières personnes qui parlaient officiellement de la sorte vivaient à Berlin en 1933 et que l’on a vu où cela menait en termes de violence…

Je suis donc étonné que mon message n’ait pas atteint le cœur de cette femme de gauche, il doit être noyé par le chagrin et anesthésié par le chant des sirènes des « amis » de Clément Méric.

Quant aux gesticulations à ma sortie : de la comédie ! « Comediante, tragediante ! » Comment comprendre autrement pourquoi ces antifas qui, ce mardi, font des bonds à ma simple vue ont pu attendre autant de temps pour que ce ressentiment s’exprime ? En vrai, il éclate comme une chute d’un mauvais gag devant une barrière en métal entourée de journalistes et de gendarmes. « The show must go on »… voilà leur vrai slogan !

Je ne crains pas cette haine qu’ils auraient contre moi, 30 ans à me chercher alors que tout le monde sait où je suis, 5 ans à ruminer une vengeance sans effet et 35 ans que je me fous ouvertement leur gueule, voilà la réalité en chiffres.
Pour être franc, à ce rythme là, je risque seulement de mourir d’ennui !

Le jury populaire, la seule chance des accusés…

Riposte Laïque : Le verdict aura lieu ce vendredi. Êtes-vous inquiet pour les trois accusés ?

Serge Ayoub : Oui et non, les faits et les témoignages penchent de plus en plus vers une agression des antifas contre les prévenus. Le fantasme du poing américain, déposition après déposition, s’éclipse pour laisser place à un doute des plus sérieux.
Alors, à la fin de ce cauchemar de 10 jours, il ne reste plus que trois gamins perdus dans cette catastrophe et qui regrettent jusqu’au fait d’avoir été là.

Mais dans la balance, sur l’autre plateau, il y a l’honneur perdu d’un gouvernement en déroute, d’un système qui craque ; la bête est plus dangereuse lorsqu’elle est blessée… Imaginez-vous que, d’une simple sentence, on déclare qu’un Premier ministre s’est fourvoyé, qu’un ministre de l’Intérieur s’est déshonoré et que l’Assemblée nationale s’est levée comme un seul homme dans une minute de silence pour ce qui s’avère être des agresseurs ? Ils seraient tous ridicules et cela est impossible car en France le ridicule tue !
Alors, quel espoir où se jeter ? Le jury populaire, l’ultime recours au bon sens du peuple qui seul tranchera, et cela je veux y croire.

Ils ont monté ce mensonge d’État pour faire diversion

Riposte Laïque : Suite à la mort de Clément Méric, quatre associations ont été dissoutes et votre bar, « Le Local », a été fermé sur ordre de Manuel Valls. Comment avez-vous vécu cela, et que devenez-vous depuis ?

Serge Ayoub : Face au calvaire qui continue encore pour les prévenus, je me trouve chanceux.
Sinon, il faut malheureusement vivre le cynisme de ces dissolutions comme un dommage collatéral, une pierre qui fait deux coups et une injustice flagrante.
Retour en arrière : le chômage monte, l’économie se casse la gueule, le peuple de gauche gronde contre la trahison libérale de l’homme qui avait comme unique ennemi la finance. Pire, l’image du président s’enfonce derrière un scooter au fond de la nuit et le gouvernement se débat d’affaires en incurie. Que faire ? Trouver un bouc émissaire, sauter sur la plus petite occasion pour opérer « une saine diversion ». Quoi de plus beau qu’un peuple réuni contre le fascisme, surtout quand celui ci n’existe pas ? « Ensemble contre le mal on oublie, dans ce grand élan, toutes les petites misères », pensent-ils.

On fait fi du droit d’association, de la liberté de pensée, on crée une jurisprudence en dépit de toute base juridique, on ment, on calomnie et on interdit d’antenne et d’expression, voilà les armes que l’on nous a opposées. Ils ont gagné hier et aujourd’hui tous ces ministres ont disparu. Mais ce n’est pas grave, nous avons raison et il nous suffira d’attendre patiemment sur la rive du fleuve pour voir tous leurs cadavres s’écouler devant nous.

Quant à mon actualité elle est simple, j’ai écrit un essai « Pour un nouveau contrat social ». J’essaie, à mon niveau, d’aider à construire un projet commun pour demain.

Pour débloquer la serrure de ce coffre-fort, il faut un changement radical, une révolution

Riposte Laïque : Quel est votre regard sur la situation politique française et comment expliquez-vous, alors qu’il y a un sursaut européen contre l’immigration, qu’il ne paraît pas se passer grand-chose en France ?

Serge Ayoub : Notre pays va de Charybde en Scylla. On a tenté un hyper-président puis un président un peu trop normal pour rebondir sur un président qui n’est que jeune, on a changé de marionnette mais le spectacle est le même.

Le sursaut européen dont vous parlez existe en France et on peut même dire qu’il s’exprime en une force sourde. En nombre, je pense qu’il écrase tout autre mouvement de contestation en Europe, mais notre pays est très peuplé et nos gouvernants sont de roués personnages. Le système est verrouillé. Pour débloquer la serrure de ce coffre-fort, la réponse traditionnelle et électorale ne suffit plus, il faut un changement radical, une révolution. Il est bientôt temps de récolter le vent de contestation que nos dirigeants ont semé, année après erreurs, depuis 40 ans. Le fruit est mûr pour une grève générale soutenue par tous les travailleurs de ce front populaire, qu’il soit de gauche ou national. Soyez conscient que la grogne générale est tellement forte que des CRS se font porter pâles et que l’armée, faute de budget, n’a plus que ses yeux pour pleurer. Comment pourrait réagir un pouvoir amputé de ses deux bras ?
La solution est là, il faut seulement la préparer, l’organiser pour la diriger.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Serge ?

Serge Ayoub : Je me bats pour que personne n’oublie que l’ennemi n’est pas à nos côtés mais en face !
Comprenons que nos petites différences idéologiques ne s’opposent pas mais sont complémentaires dans ce front du peuple à bâtir contre l’hyper-classe qui nous domine.
Et dans cet espoir, j’appelle, une fois encore, à l’union sacrée pour sauver notre pays.

Propos recueillis par Pierre Cassen

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Notifiez de
MAGNEZ

Très bonne réplique MR SERGE, je te soutiendrais jusqu’au bout le vrai et seul chef!!!

DUTRECH

Bravo pour ton courage et ta perspicacité Serge, C’est grâce à des gens comme toi qu’on va gagner ! Le 19 octobre au BATACLAN ? ?

MARBOT

C’est peu être pas très réaliste mais C’EST BIEN!

fran

Pour Cassen….. Tu ne pourras rien faire contre l OTAN…. Si l armée française est défaite en France…ou en difficulté par une guérilla organisée dans toute la France. ..avec neutralisation des gendarmes et policiers… L armée étant mobilisée sur les lieux stratégiques…. *
Pour Aucun. Le pur ennenemi estcelui qui collabore ouvertes portes et les financent

Dupond

L’OTAN n’a pas fait d’étincelles en exyougo !!! et les braises sont loin d’etre éteintes

DUFAITREZ

Sauf erreur déjà lu…
Une deuxième couche est profitable…

monalisa

Effectivement, il n’y a qu’une seule façon de faire tomber ce système vicieux où les antifas -entre autres nuisibles-sont protégés : la grève..
La « force » de cette gauche, faux drapeau de l’oligarchie, est la rapine d’argent public pour financer ses sinécures….Si les accusés sont faiblement condamnés, il y aura le souk au tribunal et personne pour demander de quoi vivent ceux qui le mettront….Pas dans le cas contraire, les Patriotes eux, gagnent leur vie…
Faisons les crever de faim….

Michel

Soutien total à Serge Ayoub !