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Prochaine étape : on bannit la culture russe ?

 

En regardant les chaînes d’information françaises – où se succèdent les « spécialistes » et témoins « objectifs » pour promettre à la Russie un Ukrainistan –, je me dis qu’il va bientôt être dangereux d’avouer qu’on aime le Concerto pour piano N°1 en si bémol, de Tchaïkovski, ou Schéhérazade, de Rimski-Korsakov.

Bientôt, le lecteur français dissident devra acheter les romans de Dostoïevski, Tolstoï, Pasternak ou Gorki sous le manteau. Il ne pourra plus déclamer à la femme qui le quitte ceci : « Je vous aimais d’un feu timide et tendre, / Souvent jaloux, mais si sincèrement, / Je vous aimais sans jamais rien attendre…/ Ah ! puisse un autre vous aimer autant » (Pouchkine).

Les films d’Eisenstein ou Nikita Mikhalkov seront bannis des plateformes de vidéo à la demande.

Pire, quiconque osera évoquer la Russie, autrement que selon les codes de plus en plus obligés par les Ukrainiens et leurs soutiens, subira l’ire du monde progressiste. Ce monde qui se réjouit par avance – surtout après en avoir banni l’équipe de Russie, via la Fifa – d’une Coupe du Monde de football, où l’on jouera sur un gigantesque cimetière d’ouvriers-esclaves asservis par le Qatar pour l’érection de ses stades.

Car tout est possible dans l’esprit dérangé de ces décideurs du Désordre mondial, depuis Washington jusqu’à Bruxelles.

Pourtant, et malgré les agitations de cette horde qui tue mes semblables bien plus manifestement que les Russes – le terrorisme islamique est leur œuvre ! –, la Russie a plus à voir avec nous qu’on ne le pense. Rien qu’à Paris, l’importance de cette relation France-Russie se manifeste depuis le pont Alexandre III jusqu’à la sublime collection d’icônes du Petit-Palais. En banlieue, le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), où se trouve l’incroyable tombeau de Rudolf Noureev, en est un autre exemple. Quant à Vassili Kandinsky, peintre majeur de toute l’histoire de l’Art, enterré au cimetière nouveau de Neuilly (Hauts-de-Seine), le Centre Georges-Pompidou à Paris en possède la plus importante collection.

Pour preuve de cette prégnance de la Russie dans notre culture, il y a quelques années le musée d’Orsay organisait une exposition exceptionnelle – il en a l’habitude ! – expliquée ainsi au visiteur : « Au-delà du crime, il s’agit de poser encore et toujours le problème du Mal, et au-delà de la circonstance sociale, l’inquiétude métaphysique. À ces questions, l’art apporte un témoignage spectaculaire. Esthétique de la violence, violence de l’esthétique, cette exposition ne saurait que les réconcilier en rapprochant des images de toutes sortes, littérature et musique. » Et cette exposition s’intitulait : « Crime et châtiment », empruntant son titre au roman de Dostoïevski, considéré comme l’un des plus grands romans de la littérature mondiale.

Et je suis certain que chacun d’entre vous a une multitude d’autres exemples à fournir.

Mais la bêtise émotionnelle étant ce qu’elle est, une culture incontournable – la russe – risque d’être prohibée par les censeurs dits antifascistes, mais qui ne mouftent pas quand, preuves à l’appui, on leur montre les crimes perpétrés par les Ukrainiens sur d’autres Ukrainiens qui ne partagent pas leur haine de la Russie ; quand on leur prouve que des milices néo-nazies, en provenance de certains pays de l’Est, viennent prêter main-forte aux troupe de Zelensky – lequel semble oublier que l’Ukraine fut le terrain de jeu des SS, dans les rangs desquels on comptait pas mal d’Ukrainiens. Au fait, monsieur Zelensky, en appeler aux Juifs du monde entier, c’est quelque peu obscène, vous ne trouvez pas ?!  Cela dit puisque, de nos jours, chacun renvoie l’autre à son histoire, en reprochant à Vladimir Poutine les actions passées de Staline en Ukraine. Pour rappel, Staline est mort en 1953…

Enfin, je félicite Emmanuel Macron d’être parvenu à faire interdire, entre autres, la chaîne russe RT en Europe, donc en France. En effet, cette « odieuse » chaîne était un soutien « insupportable » aux Gilet jaunes, la seule qu’on accueillait avec plaisir dans nos cortèges.

Cependant, Macron, qui se targue d’être un grand amateur de théâtre, devrait méditer ces deux vers du Cid, de Corneille, que je lui dédie, sachant qu’il pourrait bien, un de ces jours, mordre la poussière de la défaite :

1- « À vaincre sans péril on triomphe sans gloire. »
2- « Ton bras est invaincu mais non pas invincible. »

Charles Demassieux

PS : J’écris tout cela sans aucun plaisir à voir des civils ukrainiens tués, dont des enfants. Pour moi, je le répète, cette guerre fratricide est l’œuvre des États-Unis. Mais ce qu’on promet à la Russie – à savoir l’assassiner économiquement – n’est-ce pas un génocide programmé ?