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Projet Horizon : les Amis de Callac demandent un référendum à Jean-Yves Rolland

« Mais bon sang, pourquoi n’organisent-ils pas un référendum ? » se fâche une mère de famille à la sortie d’un supermarché de Callac, ce lundi. « Cela calmerait bien des tensions ». Elle n’est pas la seule, à Callac, à réclamer un référendum pour se prononcer pour ou contre le projet Horizon d’accueil de dizaines de migrants, dans les prochains mois, les prochaines semaines, dans la commune. Aux frais du contribuable, via une majorité d’argent public et un complément versé par le fond de dotation Merci, géré par la richissime famille Cohen, depuis Paris.

Le collectif « Les Amis de Callac » n’en demande pas moins. Comme Le Parti Breton récemment. Comme de nombreux habitants du canton. Un référendum. Présent sur les marchés, il acquiert l’assentiment d’une partie non négligeable de la population de Callac et des alentours. À chaque fois, les mêmes critiques visant la municipalité : « Jean-Yves Rolland a fait ça dans le dos de tout le monde ». « Ils devraient présenter clairement le projet et le soumettre à référendum ». « Je n’ai pas quitté la banlieue parisienne pour revivre ce que j’y ai vécu là-bas depuis 40 ans ». La population s’interroge aussi à savoir pourquoi des millions seront investis là et pas pour rénover des maisons déjà existantes, pour les habitants de longue date de la commune. Pourquoi la maison des assistantes maternelles ne pourrait voir le jour qu’au côté de ces logements pour familles de migrants ?

La municipalité a déjà acquis récemment l’ancien collège, mais aussi depuis plusieurs mois et via une association dédiée dont le siège social est à la mairie de Callac (Horizon bâti), l’ancienne librairie qui a fermé et un logement au- dessus, dans le cadre du projet Horizon, signe que les élus avancent clairement dans le dos de la population. L’objet de cette association est affiché : « gestion du projet horizon dans ses aspects immobiliers, à l’effet de mettre à disposition directement ou indirectement des lieux de vie notamment à des personnes en état de précarité ». Nous n’avons pas trouvé de trace de dépôt en préfecture de l’autre association annoncée, « Horizon Callac ».

La dernière réunion d’information, qui devait avoir lieu et qui a été reportée, n’est toujours pas annoncée.

Laure-Line Inderbitzin, adjointe au maire, reçoit quelques critiques également notamment parce que sans doute plus que le maire lui-même, elle est orientée idéologiquement en faveur de l’accueil de migrants dans sa commune. Elle s’était déjà fait remarquer il y a quelques années, en 2020, en signant une demande d’accélération de la régularisation de jeunes migrants dans les Côtes d’Armor, aux côtés de la gauche et de l’extrême gauche locales.

Du côté de Callac, des tags d’opposants au projet sont récemment apparus sur des bâtiments publics. « Dehors ».         « Notre avenir ». « Choisissez pour Callac », en breton, sont ainsi apparus, ainsi qu’un tag « FLB » (Front de Libération de la Bretagne). L’identification criminelle  de Saint-Brieuc a même été appelée pour chercher des empreintes, chose quasi inédite concernant des tags…

 

Le collectif, lui,  « propose aux habitants de Callac de signer, s’ils le souhaitent, une pétition exigeant simplement que la démocratie soit respectée à Callac et que la population soit consultée par voie de référendum ». Une demande répétée via ce communiqué, qui mentionne « le jeu démocratique le plus élémentaire » et un « devoir d’élu, de consulter la population ». « S’il veut aujourd’hui rétablir le calme et la confiance de ses administrés, qu’il organise un référendum sur ce projet ».

Les élus, désormais, sont placés face à leurs responsabilités. Organiseront-ils un référendum local, alors que plus de  10 % des habitants de Callac ont déjà signé la pétition (sans compter les 10 000 signatures sur la pétition en ligne, regroupant des personnes de toute la France) ? « Ce n’est pas à l’ordre du jour » insiste le maire, prétextant « le mauvais climat », que son projet a pourtant contribué à créer.

Prendra-t-il alors le risque de faire de Callac le symbole national de la résistance de la ruralité face à l’immigration et au repeuplement des campagnes (et au remplacement des autochtones par d’autres populations), alors qu’un appel de 100 personnalités a récemment été lancé et que de nouvelles manifestations pourraient avoir lieu dans les prochains mois ?

Les prochaines semaines devraient permettre d’y voir plus clair…

Yann Vallerie

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