Prolétariat et lumpen prolétariat : une différence persistante

Dans son œuvre, Karl Marx fait le distinguo entre le prolétariat (pour simplifier les travailleurs) et le lumpen prolétariat (le bas peuple, à savoir les voyous, les prostituées, les mendiants…) pour lequel Marx marque le plus profond mépris. A noter qu’il leur reproche surtout de ne pas être capable de participer à la future révolution. Notons que Bakounine, en bon révolutionnaire anarchiste, fait le constat inverse, y voyant des hommes de main sur lesquels on peut s’appuyer.

Les rêves de grand soir s’étant éloignés en ce vingt et unième siècle, cette distinction pourrait paraître désuète. Or elle est encore fondamentale.

Premièrement, le prolétariat et le lumpen prolétariat restent à couteaux tirés. Le peuple déteste les criminels et les voyous, ne leur trouvant jamais la moindre excuse, la justice ne leur paraissant  jamais trop sévère à leur encontre. Cette condamnation morale rencontre l’opprobre de nos média.

En effet, ces derniers ainsi que la globalité du pouvoir politique ont pris systématiquement position en faveur du lumpen prolétariat (délinquants excusés par avance, immigrés illégaux appelés migrants aujourd’hui), alors que les travailleurs sont représentés comme des ordures.

Cela a commencé lors des années 70. Si on compare des films sortis à dix ans d’intervalle, le changement est radical. On voit d’abord en 1965 dans «Le Corniaud», Bourvil incarnant un Français moyen, brave type, du coup un peu trop naïf, ce qui fait de lui une proie idéale pour un mafieux. Finalement, il comprendra qu’il a été manipulé et se débrouillera pour résoudre le mystère.

Neuf ans après, dans «Les valseuses», Patrick Dewaere et Gérard Depardieu, en bons voyous, agressent leurs voisins, parfois sexuellement les femmes qu’ils rencontrent (Brigitte Fossey) et la morale interne du film est en leur faveur (ces jeunes ont bien le droit de s’amuser). De même, l’année suivante dans «Dupont Lajoie», les Français moyens sont ignobles, racistes, violeurs et meurtriers, le seul espoir étant dans la jeunesse (comme souvent dans les fictions). Pour ceux qui pensent que c’est un bon portrait de l’époque, rappelons qu’un an auparavant Jean-Marie Le Pen (qui militait alors essentiellement sur le thème de l’anticommunisme et pas encore sur l’immigration) avait brillamment récolté 0,75% des suffrages exprimés lors des élections présidentielles.

Notons néanmoins que les immigrés légaux et la jeunesse, défendus dans ce film, ne font pas partie du lumpenprolétariat mais sont simplement des minorités, ici idéalisées. La minorité contre le peuple deviendra une thématique récurrente.

Ce portrait du Français moyen médiocre a perduré dans les fictions, particulièrement dans les séries policières françaises où, les criminels sont presque toujours issus de la classe travailleuse blanche (c’est le cas par exemple dans «Profilage», bonne série au demeurant. Imaginons une minute le sort réservé à une série où dans plusieurs épisodes de suite, le criminel serait un jeune immigré issu des banlieues. Le Cran, le Mrap et Sos Racisme monteraient au front, dénonçant cette fiction ignoble, essentialisant la délinquance. La chaîne télé présenterait ses excuses, licenciant illico les scénaristes et les réalisateurs, qui seraient lynchés (verbalement s’entend) en place publique.

J’ai pris l’exemple de fictions, j’aurais pu le faire avec les informations. Nos média ont nettement plus relayé l’affaire Weinstein que les agressions sexuelles de Cologne (qui auraient probablement été étouffées sans le travail des sites d’opposition). Ainsi Caroline de Haas a réagi différemment, probablement à cause des origines ethniques diverses des accusés, pour des accusations de crimes similaires (minorant les violences de Cologne et dénonçant vivement le milieu hollywoodien).

Par ailleurs, le simple fait que le terme de populisme (c’est à dire en faveur du peuple) soit devenu péjoratif, est particulièrement révélateur. Défendre les travailleurs c’est mal. L’homme politique qualifié de populiste est celui qui prend parti pour le prolétariat, sans se soucier du sort du lumpenprolétariat, se positionnant même éventuellement contre ce dernier.

On se demande jusqu’où ira le discours des média. A l’heure où certains se mobilisent pour que les djihadistes «français», partis combattre pour Daesh, reviennent en France, afin de bénéficier du jugement le plus clément possible, on voit que le curseur est loin.

Platon du Vercors

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9 Commentaires

  1. nous sommes passés du lumpen prolétariat de chez nous au lumpen électorat importé du bled

  2. « Intouchable » le film de propagande:

    Drogue au volant, excès de vitesse, insulte à agents, 200km/h sur le périph à contre sens, trafic de drogues, vol de la sécu, tel est le héros colon de bobo.
    Clichés consuméristes en veux tu en voilà: salle de bains de Seigneur, Masérati, Art et Décoration à tous les plans, jet privé avec champagne à volonté, yacht, aucune critique sociale tolérée, que de la diarrhée bien pensante consumériste qui flatte l’immigré garde-chiourme capitaliste de son riche bobo rassuré.
    Bumga bunga à la Berlu avec les masseuses asiatiques au yacht…
    Rap…
    Le souchien présenté comme un débile aux entretiens d’ embauche …ou un trouillard.

    Collusion classique entre le Capitalisme et le Lumpenprolétariat

  3. tout le monde sait bien maintenant ( chez les honnêtes de la recherche intellectuelle) qu’hollywood et le cinoche français sont directement reliés à la chefferie dans l’ombre du pouvoir stricto sensu du grand reset et qu’il est du devoir des machinistes du script de ne favoriser que les textes et images flattant la propagande de la chefferie. (tous les mal-pensant mal-disant a-woke ou anti comme Brad Pitt, Mel Gibson et autres trop Chrétien comme Jim Caviezel vivement écartés des listes habituelles)

  4. Pour qui « s’est infusé » das kapital, lors des écoles du parti, le résumé que vous faites est un peu léger. Mais on fera avec!
    Vous notez l’évolution post soixant’huitarde de la France encore souveraine de de Gaulle, vers cette franchouillardie repentante, consentante, désolante, pleurnicharde et couarde, face à ses DEUX ennemis, unis vers un même objectif: la mondialisation. Oumma islamiste et oumma capitaliste, même combat!
    Vous avez oublié le wokisme, dernier avatar de cette mode du B.LM, du W.LM, du LSBTIQ.LM, et du I.LM- cet Islamists Live Mater qui occupe tant les tribunaux et les associations antilaïques.
    Le Citoyen aura noté que les tenants du monde il est beau il est gentil, sauf les hommes de morphotype et de Culture blanche occidentale. Pas de H.LM, d’Homme blanc dont la Vie Importerait, aussi pour ces malades de l’égalité entre les Hommes et les bêtes.

  5. CE QUE Z DOIT DIRE:

    Lumpen prolétariat = assurance-vie de l’oligarchie

    Archipel de Fourquet = assurance-vie de l’oligarchie

    «Chaque centre industriel et commercial en Angleterre possède maintenant une classe ouvrière DIVISÉE en deux camps hostiles [et oui !!!], les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais […] [le prolétaire anglais] nourrit des préjugés religieux, sociaux et nationaux contre le travailleur irlandais. […] le SECRET de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise [souchienne], en dépit de son organisation. C’est le secret grâce auquel la classe capitaliste maintient son pouvoir. Et cette classe en est parfaitement consciente » Marx «La situation de la classe laborieuse en Angleterre» 1845

  6. Analyse très juste . J’ajoute que le  » portrait du français moyen médiocre » est poursuivit dans la publicité au service de la doxa multiculturelle. Les pubs promeuvent désormais l’ image d’ un français lorsqu’il est blanc presque toujours particulièrement con et infantile.

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