Propagande : comment "Plus belle la vie" traite les chrétiens, et les musulmans…

Mirta, l’un des personnages récurrents de la série, est une femme sympathique mais volontiers ridicule et, gentiment ou moins gentiment, contestée par les autres personnages, y compris son mari Roland.
Ridicule de quelle manière ?
Alors que la série aime aborder les problèmes qui interrogent notre société, Mirta est régulièrement raillée pour ses positions conservatrices et son étroitesse d’esprit.
– Ainsi , elle est contre le fait que les homosexuels aient des enfants – et non contre l’homosexualité, notez bien. Elle s’interroge : comment l’enfant va-t-il faire avec trois parents ? Comment réagira-t-il aux questions de ses camarades ?
Les arguments de Mirta – somme toute recevables – sont balayés d’un revers de main sans qu’on juge même bon d’en discuter avec elle.
– Mirta a des scrupules à employer un obèse comme homme à tout faire dans son hôtel, craignant que le surpoids soit une gêne dans ce travail assez physique. On la piège en enregistrant ses objections à son insu, on lui cite les articles de loi, on adopte tout de suite avec elle une attitude procédurière et menaçante jusqu’à l’obliger à embaucher la personne en question. Le problème n’est pas tant de savoir si Mirta a raison ou non de ne pas vouloir employer un obèse pour ce poste. C’est le fait que ce soit toujours elle qui joue le rôle de la réac, frôlant l’intolérance, la discrimination et le racisme.
Or, Mirta est chrétienne, catholique, « catho » comme le disent familièrement les membres de son entourage, de manière amusée et condescendante dans le meilleur des cas. Et ce statut lui vaut deux sortes d’attitude : soit être raillée pour sa morale soit être mise en demeure de mettre en pratique ses principes chrétiens, notamment la charité , même si cela va à l’encontre de ses intérêts .Ce traitement ne s’applique qu’à ce personnage et qu’à cette religion.
L’Islam et les Musulmans, en effet , sont présentés, eux, de tout autre façon.
Ainsi, un clandestin, traqué, trouve refuge dans le quartier du Mistral où se passe la série. Il est irréprochable, honnête , travailleur et pieux. On le voit rouler un tapis de prière dans un coin de l’appartement de la famille qui l’héberge. On ne lui demande jamais d’accomplir une bonne action au nom de sa religion, encore moins de régulariser sa situation. Le seul fait qu’il soit clandestin et musulman plaide pour lui.
Récemment, on a vu l’apparition d’un personnage ponctuel, Samir, charcutier. Un exemple d’intégration sûrement . Un maghrébin, vu son nom, assimilé, vu sa profession. A voir ! Roland, personnage pilier de la série, vante la qualité de ses produits, et va même, au cours d’une campagne électorale de la Fédération des artisans et commerçants de Marseille, jusqu’à se goinfrer des produits charcutiers de Samir au point de s’en faire péter la panse. Or Roland est un bon cuisinier et un personnage sympathique. Sa parole vaut de l’or. Mais ce que Roland ne précise pas, c’est que Samir est charcutier hallal. L’emploi du terme seul de « charcutier » est donc un abus de langage propre à tromper le consommateur – ou en l’occurrence le télespectateur – quand on sait que la charcuterie est bien souvent à base de porc. L’abus sémantique, la substitution gastronomique , passent comme une letre à la poste.
Mais comment sait-on que Samir est charcutier hallal et que ses saucisses et ses pâtés ne peuvent être à base de porc comme on pourrait le croire si Roland ne le mentionne jamais ? Parce que la caméra qui filme la scène de campagne électorale, fait un très gros plan – parfaitement inutile pour l’action – sur le mot hallal peint en rouge sur la vitrine du magasin. Parce qu’à l’épisode suivant, un plan moins serré – toujours aussi inutile à l’action – montre le logo hallal parfaitement identifiable par le télespectateur qui la vu la veille. Parce qu’un plan moyen montre le sympathique charcutier Samir devant l’entrée de son magasin et que l’on voit derrière une cliente, pas une femme voilée comme on en voit tant à Marseile mais une blonde, vêtue d’une jupe bleue plutôt courte, entrer dans la boutique son panier à provisions à la main.
Moralité : le hallal a toute sa place dans notre gastronomie, peut concurrencer ce qui en est l’un des piliers – les plats à base de porc – , et peut même aisément se substituer à elle.
Un dernier exemple pour la route. Celui-ci met face à face Christianisme et Islam.
Mirta, toujours elle, a connaissance d’un fait qui pourrait innocenter un personnage mis en examen. Elle hésite à aller à la police. Samia, beurette, musulmane et fliquette de son état, en dehors de son service il est vrai, enjoint Mirta à aller témoigner en ces termes :
« Je ne sais pas dans votre religion, mais dans la mienne, on ne doit pas laisser accuser un innocent ».
Deux remarques : Primo, curieuse inversion des valeurs car, qui connaît les morales respectives de ces deux religions a l’impression que c’est un principe plus chrétien que musulman. Deuxio : une policière de son état aurait dû ou pu mettre en avant le devoir du citoyen de témoigner et non celui du Chrétien.
On voit là encore une entorse au principe de vraisemblance du scenario lorsqu’il s’agit de promouvoir les supposées valeurs de l’Islam et ses pratiques rituelles.
Il serait intéressant de savoir qui sponsorise cette série.
 

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