Propos d’un enseignant écolo : «L’électorat, on s’en fout !»

Publié le 25 juin 2012 - par - 1 016 vues
Share

S’il m’est permis de verser un peu dans l’anecdote, je veux raconter ici l’horrifique petite histoire qui m’est arrivée jeudi dernier. Comme je suis un garçon sociable et resté vaguement sportif après 40 ans, j’ai pour habitude, le jeudi soir après les cours, de disputer un petit match de volley-ball avec un groupe de collègues, tous électeurs de François Hollande, et dont le plus subversif à voté Bayrou aux premier tour des Présidentielles. Le Lecteur conviendra que je suis un modèle de tolérance et d’esprit sportif…

Or, donc… Certains collègues étant absents pour des raisons diverses, conseils de classe ou réunions administratives, nous voilà dans une toute petite rencontre à 3 contre 3. Dans l’équipe adverse à la mienne se trouve un prof de Sciences de la Vie et de la Terre gauchiste, dont le physique est un contresens avec le moral : belle carrure de guerrier occidental, mais funestes idées bêlantes, avec un côté, pardonnez l’expression, « petite pute du Système ». Le genre viril, mais qui sait bien cirer les pompes (sans contrepèterie).

Son équipe gagne les deux premiers sets (un match en comportant trois). Moi, ça ne va très fort : un catarrhe (et non un Qatar) et de la fièvre.

Nous décidons un changement de joueurs pour le troisième set afin de pimenter un peu le jeu. Du coup, je me retrouve dans l’équipe du grand gaillard gauchiste. Forcément, n’ayant jamais peur des mots, je chambre un peu cet ex-adversaire devenu partenaire du troisième set. « C’est le comble, c’est l’alliance des extrême : un gaucho comme toi qui joue avec un mec classé facho, on est en pleine recomposition politique ! » L’autre me rétorque : « Ouaip, on n’est plus dans le ni-ni [ni FN, ni FG], on est dans le avec-avec, sauf que, malgré tout, j’suis pas au Front de Gauche, moi, j’vote écolo. »

Évidemment, je ne peux m’empêcher d’en rajouter une couche : « Écolo ? Alors là, c’est la meilleure : des mecs comme toi, ça pèse 2 % des voix aux élections et ça a dans les 20 députés, alors que le nationaux font presque 20 % des voix et ils ont 2 députés. T’appelles pas ça un viol de l’électorat ? » Et là le gonze se lâche : « L’électorat ? l’électorat ? Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre de l’électorat ? Nous, chez les Verts, on sait ce qui est bon : c’est les alliances ! Vous, les fachos vous êtes des gros nuls, vous avez rien compris ; d’ailleurs ça se voit, vous obtenez jamais rien, vous faites rigoler tout le monde ! Et pis l’électorat.. qu’est-ce t’en a à foutre de l’électorat ? C’est tous des gros cons de toute façon : soit c’est des fachos, soit c’est des connards qui se déplacent même pas pour aller voter. D’toutes façons, personne n’en a rien à foutre de l’électorat, vous les premiers. Ce qui compte à l’heure actuelle, c’est l’intelligence politique. »

Nul n’est forcé de me croire. Mais je jure que l’anecdote est vraie.

 

Jacques Philarcheïn

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.