1

Propos racistes contre Avia : Ménard a bien fait de virer son colistier

Le post Facebook, public, est sans détour.

« Elle s’exprime comme une merde, dont elle a la couleur. Comment on peut foutre ça ministre ? Mystère. Qui a dit que l’égalité sera atteinte quand une incompétente occupera un poste de responsabilité ? C’est fait », a écrit le 14 mai Michel Bousquet, dans une publication supprimée depuis.

Ainsi s’est exprimé sur Facebook le 35e colistier de Robert Ménard pour les municipales, à  l’encontre de Lætitia Avia. De quoi faire bondir le maire de Béziers, déjà dans le collimateur de la bien-pensance, et qui n’a vraiment pas besoin d’un tel discours de haine pour s’attirer les foudres du lobby antiraciste.

« Une monstruosité, une saloperie qui donne envie de vomir », a réagi Ménard, qui a aussitôt exigé et  obtenu la démission de son colistier. Nul ne saurait lui donner tort.

https://www.huffingtonpost.fr/entry/a-beziers-robert-menard-demet-de-ses-fonctions-un-colistier-apres-un-derapage-sur-laetitia-avia_fr_5ec465abc5b65e2c45ebbbbe

https://www.midilibre.fr/2020/05/19/beziers-un-colistier-de-robert-menard-derape-sur-le-web-au-sujet-de-la-deputee-laetitia-avia,8894451.php

Le combat démocratique, surtout quand on prétend défendre la liberté d’expression, ne peut en aucun cas s’accommoder d’insultes aussi dégueulasses envers un adversaire politique.

Dans l’arène, l’atmosphère est déjà suffisamment violente sans sombrer dans l’ignominie. Difficile de trouver pire insulte que celle prononcée à l’égard de Lætitia Avia, des propos orduriers que nul ne peut cautionner, sauf à endosser le costume du parfait salaud.

Bousquet semble d’ailleurs manier l’insulte avec une certaine aisance. Le 14 mai il déclarait :

« Si vous supportez Lætitia Avia, et d’autres au gouvernement, ne blâmez pas Macron, vous l’avez élu, vous êtes juste en train de devenir plus cons ».

Mais entre traiter un adversaire politique de con et lui dire qu’il a la couleur de la merde parce qu’il est noir, il y a une surenchère dans l’insulte qui dépasse l’entendement et que nul ne peut accepter.

La loi Avia est sans aucun doute une atteinte à la liberté d’expression, ouvrant la voie à l’arbitraire et à une censure sans limite, selon le bon vouloir des plateformes internet, qui s’érigent en juge et bourreau pour éviter une ardoise plus que salée.

Sous couvert de combattre la cyber-haine, cette loi vise avant tout le racisme à sens unique et  l’islamophobie, mais  limite également  les critiques sur la politique gouvernementale.

Quoi de plus simple que de rayer un  tweet  qui dérange ou de fermer un compte jugé  trop virulent ? Pas de juge, pas de défense possible.

C’est la démocratie version Macron.

Mais le combat légitime contre une loi éminemment  liberticide n’autorise aucunement  d’humilier publiquement son rédacteur, quel qu’il soit.

On a le droit de détester Lætitia  Avia, on a le droit de la juger raciste, on a le droit d’accorder un certain crédit aux propos de ses ex-collaborateurs, qui l’accusent de racisme, d’homophobie et de harcèlement moral.

Mais parler de « couleur de merde » à propos de sa couleur de peau est tout simplement abject. C’est le comble de l’ignominie et de la bassesse.

https://www.20minutes.fr/politique/2781263-20200518-anciens-collaborateurs-deputee-laetitia-avia-vont-deposer-plainte-harcelement-moral

À ce jour, Lætitia Avia n’a pas réagi.

Mais attaquer un adversaire sur sa couleur de peau, de la façon la plus ignoble qui soit, ne peut que desservir la cause du combat identitaire et patriote, et ne peut  que nuire à la cohésion nationale.

C’est une insulte à nos ressortissants d’Outre-mer, c’est une insulte à ceux de nos immigrés africains qui se sont intégrés.

On ne combat pas le racisme anti-Blancs en usant  des mêmes méthodes que ces rappeurs enragés, qui, l’écume aux lèvres, vomissent  leur haine des Blancs à longueur de vidéos, assurés de l’impunité la plus totale.

On peut déplorer que ce gouvernement de lâches ne combatte que le racisme à sens unique, mais la sphère identitaire ne doit pas se vautrer dans la fange comme ces prétendus antiracistes, qui ne savent que véhiculer la haine et la violence.

Devançant l’inévitable polémique, Robert Ménard a donc parfaitement réagi.

Jacques Guillemain