PSG-Qatar : Beckham embauché, Kombouaré viré, Manuel Valls découvre le football-business

Publié le 23 décembre 2011 - par - 1 828 vues
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Lors du dernier numéro de RL, Pierre Cassen évoquait, avec humour, la possible éviction du seul entraîneur de couleur du championnat de France de football, Antoine Kombouaré, et prévoyait, business oblige, un traitement complaisant de cette affaire de la part des médias et d’anti-racistes de salon habitués à monter au créneau en inventant toute sorte de discriminations.

http://ripostelaique.com/football-les-qataris-veulent-virer-le-seul-entraineur-noir-du-championnat-de-france.html

Depuis, trois événements ont secoué la vie du club de la capitale parisienne. Il a recruté, hier, la vedette anglaise David Beckham, âgé de 36 ans. Ce fut un très grand joueur, c’est devenu une marque publicitaire, avec son épouse, fondatrice d’une luxueuse collection de vêtements de mode. Depuis des années, il joue aux États-Unis, ce qui est plutôt un lieu de pré-retraite que de haute compétition. Il a des contrats publicitaires fabuleux, qui lui assurent des revenus bien supérieurs au salaire de 800.000 euros par mois qu’il touchera. Le couple glamour fait déjà le bonheur de la presse people. Il se dit qu’avec les retombées publicitaires des produits dérivés David Beckham, le PSG aurait fait une bonne affaire !

http://lci.tf1.fr/economie/entreprise/beckham-au-psg-une-bonne-affaire-pour-l-etat-francais-6894085.html

De tels salaires ont ému quelques consciences de gauche. Ainsi, Manuel Valls, porte-parole de François Hollande, a-t-il déclaré que « le PSG ne nous appartenait plus, qu’il nous échappait, et que c’était peut-être un problème ». Faut-il rappeler au maire d’ Évry que le football est géré par les règles de l’Union européenne, dite de la concurrence libre et non faussée. Depuis l’arrêté Bosman, plus aucune mesure ne protège ce sport de la loi de la jungle, c’est-à-dire celle du plus fort. Un club anglais peut ne comprendre aucun joueur britannique dans son équipe. Quand Michel Platini a proposé un quota obligatoire de joueurs nationaux, dans les clubs européens, refus catégorique de la commission européenne : « Nein proteczionnizme », comme dirait Éva Joly. Faut-il rappeler à Manuel Valls que ce modèle est celui pour lequel ses petits camarades et lui-même militent depuis plus de vingt ans, qu’il est dans l’esprit de tous les traités européens qu’ils ont signés. Les milliardaires soviétiques ont longtemps misé sur les clubs anglais (Chelsea), des fonds de pensions américains les ont imités (Manchester United), et à présent, les Qataris entrent dans la danse (Barcelone et PSG), tandis qu’Abu Dabi investit massivement dans Manchester City. C’est le charme d’une société mondialisée, où le marché roi se substitue à toute règle protectionniste des états-nations. Nous n’avons jamais entendu Manuel Valls, pas davantage le maire de Paris, ni aucun autre socialiste, et pas plus d’UMP, s’inquiéter quand le Qatar a commencé à entrer dans le capital du PSG, puis à en prendre intégralement le contrôle. Nous n’avons pas davantage perçu la moindre protestation quand la chaîne qatarienne Al Jazeera a obtenu, il y a quelques semaines, pour trois années, les droits de télévision du championnat de France de football, remplaçant Canal Plus. Les journalistes français sont fascinés par les milliards des pétro-dollars, et déjà cinq cents d’entre eux ont postulé à la nouvelle chaîne sportive qatarienne, qui, sous la direction de Charles Bietry, couvrira le prochain championnat de France.  

Autrement dit, le Qatar a acheté la Ligue 1, les journalistes, le monde du football et la classe politique vont lui manger dans la main, et Manuel Valls, en service commandé pour François Hollande, fait semblant de se réveiller quand la messe est dite… Il nous fait penser à cet autre européiste, Bayrou et son « produire français », indécent de la part de celui qui a contribué à la casse de notre industrie, au nom d’un européisme faisant fi des intérêts de la France et de ses entreprises. Nous prennent-ils pour des imbéciles ? Il est par ailleurs étonnant que l’homme de gauche Manuel Valls ne se soit pas inquiété du fait que la ville de Paris, dirigée par son camarade Delanoé, continue à financer un tel club professionnel. L’argent public doit-il servir à cela ?

Les Qataris, à peine 24 heures après l’achat de Beckham, se sont encore distingués. Antoine Kombouaré, l’entraîneur du PSG, a été viré, cet après-midi, quelques heures après avoir amené son équipe en tête du championnat d’automne, titre symbolique qui récompense l’équipe arrivée en tête à mi-parcours. Il avait trois point d’avance sur le second, mais il n’avait pas le profil souhaité pour continuer à diriger une équipe qui engage un David Beckham. Léonardo, le dandy brésilien, directeur sportif, conseiller de l’émir, a donc tranché, et fera venir probablement son copain Ancelotti, au palmarès plus prestigieux. C’est à notre connaissance la première fois qu’un club licencie son entraîneur (qui va toucher une confortable enveloppe de 3 millions d’euros) alors que son équipe est en tête du championnat.   

La suite du feuilleton ? Le Qatar, qui vient d’investir 50 millions d’euros dans les banlieues, suite à la requête de dix élus issus de la diversité, fera probablement déplacer le PSG vers le stade de France, à Saint-Denis, où il trouvera un public plus adapté à la nouvelle civilisation qu’il est en train de nous imposer. Il va investir des centaines de millions d’euros dans le football français, pour avoir la meilleure équipe européenne. Il quittera logiquement le lieu d’entraînement de Saint-Germain, pour s’installer dans le 93. Il imposera à son entraîneur un joueur de football par ligne issu de culture musulmane, comme l’évoquait innocemment l’émir, dans une récente interview. Ce sera comme au restaurant, qui paie l’addition commande le menu. L’émir peut donc acheter les joueurs qu’il veut, en dehors de tout intérêt sportif (Beckham) et virer un entraîneur, même si celui-ci a le soutien des joueurs et du public (Kombouaré). Christine Tasin, dans un article très complet, expliquait la politique du Qatar en France et dans le monde, ce qu’était réellement ce pays, ses avantages fiscaux exorbitants, et la place qu’il accordait au football dans sa stratégie de séduction. Manuel Valls, et ceux qui se réveillent à présent, ne devaient pas l’avoir lu…

http://ripostelaique.com/ils-vendent-la-france-au-qatar.html

Mais, fort heureusement, même dans le milieu professionnel, ce ne sont pas toujours ceux qui mettent le plus d’argent sur la table qui gagnent. Il y a vingt-cinq ans, l’homme d’affaires Jean-Luc Lagardère avait investi massivement dans une équipe de football, le Matra Racing, dont il avait fait sa danseuse. Il avait fait décoller les salaires, embauché les meilleurs joueurs et entraîneurs… ce fut un terrible flop. Depuis près de dix ans, le milliardaire russe Roman Abramovich investit des sommes colossales pour que son club, Chelsea, soit champion d’Europe… en vain. Une équipe de football, ce n’est pas seulement des gros chèques mis sur la table pour acheter les meilleurs joueurs du monde. Il faut, à l’instar de l’équipe espagnole de Barcelone, une âme, une culture de club, un style de jeu, des principes, et surtout savoir se faire aimer par ses supporters. Et si le PSG qatarisé se terminait par un énorme flop, et que l’achat de David Beckham et le licenciement d’Antoine Kombouaré étaient le début du chant du cygne du club parisien ? Et si, lors du prochain match, le public sifflait copieusement Léonardo et  scandait le nom d’Antoine Kombouaré pendant toute la rencontre ? Et si la greffe Beckham se révélait un fiasco footballistique qui casse l’unité de l’équipe ?

Cela comblerait nombre de lecteurs de Riposte Laïque, et, plus largement, une majorité d’amoureux du football, qui ont gardé des valeurs, n’ont pas encore sombré dans un consumérisme abrutissant. Ils ne peuvent se reconnaître dans un club sponsorisé par un pays islamiste qui fait travailler 80 % d’esclaves pour que 20 % de Qataris dirigés par un émir profitent de la manne pétrolière… et achètent la France par appartements, en commençant par le football.  

Paul Le Poulpe

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